18.05.2008
Education nationale : les manipulations du ministère pour supprimer des postes de profs (à la suite de la journée de grève des enseignants aujourd'hui, je remonte volontairement cet article)
Depuis 1997 et l'arrivée de Claude Allègre au ministère de l'Education, il faut "dégraisser le mammouth". L'Education nationale est le Premier budget de l'Etat. Dans un contexte de déficit budgétaire chronique, l'heure est donc à la baisse des coûts. Mais l'Education étant un pilier de la société et un sujet sensible aux yeux de l'opinion, le "dégraissage" doit se faire en douceur et répondre à une logique de bon sens. L'argumentation, désormais bien huilée, est donc simple et se veut imparable : le nombre d'enseignants doit diminuer car il y a une baisse des effectifs d'élèves. Raisonnement simple et suffisamment marqué sous le sceau du bon sens pour être compris par tous et expliqué dans les médias. Voilà pour la version officielle. Mais dans la réalité, le ministère procède à de multiples manœuvres pour créer artificiellement le surnombre et ainsi justifier la suppression de postes de profs et modifier en profondeur l'Education nationale. Décryptage.Le nombre de postes proposés aux concours d'enseignements n'a cessé de diminuer. Par exemple, en histoire-géographie, 1029 postes étaient à pourvoir au concours (CAPES) 2003. Cinq ans plus tard, pour la session 2008, il n'y a plus que 600 postes au concours. Le ministère justifie cette baisse par la démographie : puisqu'il y a moins d'élèves dans le secondaire, il faut moins de professeurs. Sauf que dans le même temps, le ministère continue d'embaucher des contractuels. Et la semaine dernière, le rectorat de Créteil a lancé un appel à destination des enseignants retraités pour qu'ils reprennent des heures. La version officielle ne tient pas.
Supprimer des postes pour augmenter le nombre d'heures supplémentaires
Tous les ans, en février, la direction de chaque établissement scolaire communique ce qu'on appelle la "DHG", Dotation Horaire Globale. Le nombre d'heures d'enseignement est établi en fonction des effectifs d'élèves mais aussi des logiques budgétaires du ministère. Pour "dégraisser le mammouth", il faut donc baisser la "DHG".
Depuis quelques années, le ministère procède à des manipulations chiffrées pour supprimer des postes dans les établissements. Le procédé est le suivant : en février, le rectorat établit une fourchette basse des besoins de chaque établissement. C'est à cette époque qu'est donc connu le nombre de classes par niveau. En fonction de l'ampleur des suppressions de classe, des postes de professeurs sont supprimés. Ces derniers doivent alors faire leur demande de mutation dans un autre établissement.
Seulement, en juin, lorsque les estimations des effectifs de l'année suivante s'affinent, la DHG de février s'avère insuffisante. Il est trop tard pour annuler la suppression des postes, le processus des mutations étant quasiment terminé. Des heures supplémentaires sont donc créées. Illustration de la politique de Nicolas Sarkozy : "travailler plus, pour gagner plus".
Quand des titulaires font partie du convoi des retraités
Que deviennent les enseignants qui ont vu leur poste supprimé ? Dans le budget 2008, un fonctionnaire sur trois partant à la retraite n'est pas remplacé. L'objectif sur le quinquennat est de passer au non remplacement d'un poste sur deux. La logique est donc simple : les départs en retraite ne sont pas tous compensés par des créations de postes.
Le raisonnement est suffisamment simple pour être audible et compréhensible dans les médias : il y a moins d'élèves, donc on embauche moins d'enseignants et on ne remplace pas tous les professeurs qui partent en retraite.
Mais dans les faits, ce raisonnement est faux. A l'échelle d'un établissement, lorsqu'un enseignant en mathématiques part en retraite et que le rectorat veut en profiter pour diminuer le nombre de profs en ne le remplaçant pas, cela signifie qu'il faut supprimer des heures d'enseignement, donc diminuer le nombre de classes. A effectifs constants, il suffit donc d'augmenter le nombre d'élèves par classe. Mais supprimer un poste de prof en philosophie signifie logiquement supprimer un poste de prof dans toutes les autres matières. Or, il y a rarement un départ en retraite par matière.
C'est le cas par exemple au lycée Gaston Bachelard, à Chelles, dans l'Académie de Créteil (Ile de France) : 13 postes sont supprimés à la rentrée scolaire 2008. Mais sur ces 13 postes, les départs en retraite ne concernent que 5 personnes (en SES, mathématiques, physiques, génie mécanique, gestion). Dans ce cas de figure, des titulaires font donc partie du "convoi des retraités" et doivent être réaffectés dans d'autres établissements.
Objectif recherché : créer artificiellement le surnombre pour aboutir au "flexiprof"
En ne remplaçant pas des retraités, et en augmentant le nombre d'heures supplémentaires, de nombreux enseignants, qui ont vu leur poste supprimé dans leur établissement, doivent être réaffectés. Dans tous les lycées de Seine-et-Marne (77), pour la deuxième année consécutive, des postes sont supprimés dans toutes les matières.
Il y a alors une situation de sureffectifs : le rectorat a beaucoup de mal à trouver une affectation à tous ces enseignants. Résultat, il n'est pas rare de voir un enseignant être nommé sur poste fixe dans... trois établissements différents pour combler quelques heures par-ci par-là. C'est le cas pour les matières générales. Mais lorsqu'il s'agit de matière plus pointue, comme en génie mécanique, un enseignant peut se retrouver affecté dans une autre matière.
En définitive, sans le dire, le gouvernement est en train de modifier entièrement la nature du métier d'enseignant : le ministère augmente le nombre d'heures supplémentaires pour que chaque professeur augmente son temps de travail. Mais cette hausse des heures supplémentaires passe obligatoirement par la suppression de postes (pour augmenter la part du gâteau, il faut diminuer le nombre de personnes qui se le partagent). Et les enseignants qui ont vu leur poste supprimé sont alors affectés sur plusieurs établissements, voire sur des postes qui ne correspondent pas à leur formation. C'est l'avènement du flexiprof : il enseigne plus d'heures, plus de matières, pour un coût moins élevé.
Cette stratégie est assez implacable et surtout inodore. Dans les médias, c'est la version officielle qui prédomine : moins d'élèves, moins de profs. Et lorsque les enseignants manifestent et peuvent témoigner, il est difficile d'expliquer en détail le raisonnement exposé précédemment. Résultat, les reportages qui doivent faire 1min30 simplifient le mot d'ordre : il faut "sauver le service public". L'opinion ne sait plus pourquoi les professeurs manifestent. Les motifs sont trop vagues par rapport à l'argumentation matraquée à longueur de temps : "moins d'élèves, moins de profs". Le gouvernement peut alors continuer en toute quiétude la politique de baisse des coûts, sans le dire, puisque l’Education ne peut être qu’une "priorité nationale".
22:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : enseignement, éducation nationale, gouvernement, enseignants
25.04.2008
Ségolène Royal sur France Inter ce matin :
13:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène, royal, sarkozy, président, quinquennat, bilan, gouvernement
18.04.2008
Le couac, première approche scientifique


C’est bien pratique, d’avoir découvert ce mot : couac. Il faut, pour une fois, remercier les médias de cette intuition majeure de la politologie contemporaine. Elle permet de ranger toute une série de phénomènes, peu explicables individuellement. Et cette catégorisation ouvre de vastes perspectives à la recherche fondamentale sur le phénomène, comme sur les grandes découvertes récentes de la recherche sur la matière (son quasi-homonyme le quark, par exemple).
Le couac peut se définir comme la composante élémentaire de la pratique politique française, en ce début du XXIe siècle. Première constatation, le couac surgit d’un chaos : absence de perspective, de conviction, de plan d’ensemble, de désir de pacte social. S’il suscite effroi, jubilation, tumulte, il semble décourager la pensée. Comme si sa matrice de chaos décourageait symétriquement toute pensée ordonnée. Le couac est une faille, une fissure. D’autant que le couac appelle le couac, rajoutant du tumulte au tumulte. Comme nombre de produits médiatiques (affaires de «voile à l’école», agressions par des pitbulls, incendies de voitures, banderoles de stades, congélation de bébés, etc.) le couac semble s’autogénérer. Au point que l’on peut évidemment s’interroger sur la responsabilité de l’observateur extérieur, dans le déclenchement du couac. Sans intervieweur pousse-au-couac, le couac existerait-il ?
Sur l’origine du couac, impossible pourtant de ne pas s’interroger sur le rôle d’un élément déclencheur nommé Sarkozy. Partout où se trouve du sarkozysme, s’observe du couac, et réciproquement. Pour autant, ne s’agit-il pas d’une coïncidence ? Peut-il exister du sarkozysme sans couacs ? Des couacs hors le sarkozysme ? Et s’il en est la source, en est-il la source volontaire, ou involontaire ? «Sarkozy tente de remettre de l’ordre» titrent par exemple les éditorialistes, qui semblent donc conclure implicitement à la non-responsabilité de Sarkozy lui-même dans le terreau sarkozyste du couac. Mais pas de conclusion hâtive, ni dans un sens ni dans l’autre. La science progresse pas à pas. C’est sa grandeur.
Admettons un instant l’hypothèse de travail d’une responsabilité personnelle du président Sarkozy dans la naissance du couac. Ce n’est qu’une hypothèse. Personne n’a réussi à localiser exactement la source de tous ces couacs sur la carte cérébrale de Nicolas Sarkozy. Il faut donc postuler que cette origine se trouverait dans un lieu d’extraterritorialité qui défie tous les cartographes. Il faut imaginer une Atlantide mentale, une autre dimension, isolée du monde extérieur par des protections inexpugnables. Une grotte à l’écart de la rumeur du monde. Un trou noir, pour en revenir aux mystères de la matière. Enthousiasmantes perspectives.
Le chercheur ne pouvant s’exclure de sa propre recherche, observons nous aussi, simple spectateur, en train d’observer un couac. Et commençons par admettre que nous en retirons du plaisir. Ce plaisir est d’abord un plaisir de la confirmation, le plaisir de l’enfant à qui l’on raconte sans cesse la même histoire, et qui guette l’arrivée du loup.
On regarde un ministre ouvrir la bouche, on sait que va en sortir un couac. Que Roselyne Bachelot s’installe au Grand Jury de RTL-LCI, que l’on contemple en direct (presque au ralenti) le journaliste Pierre-Luc Séguillon lui poser une fois, deux fois, la question de l’éventualité du déremboursement des lunettes par la Sécurité sociale, on entend l’interrogée répondre «la question est posée», et l’on sait que l’on est en plein futur couac. On regarde la ministre Morano s’installer sur le plateau de France 2 pour répondre à des questions sur la diminution des allocations familiales, on ferme les yeux, on écoute simplement cette musique aigrelette de petite fille prise les doigts dans le pot de confiture, et l’on sait que l’oratrice est en train de vivre son initiation au couac (ce qu’elle ne sait pas encore).
Ce plaisir est enfin un plaisir du mystère. Dans les premiers instants de la naissance du couac, la réaction est d’incrédulité. On se dit : ce n’est pas possible, ils ne vont pas s’en prendre à la carte familles nombreuses de la SNCF sans avoir prévenu les associations familiales (comme on se disait hier, ce n’est pas possible de lancer cette idée de parrainage d’un enfant victime de la Shoah sans avoir consulté Simone Veil, assise à côté de Sarkozy au dîner du CRIF, ce n’est pas possible de supprimer la pub à la télé sans avoir réfléchi à un financement de rechange, ce n’est pas possible de lancer le Grenelle de l’environnement sans avoir mesuré les risques d’opposition de sa propre majorité, etc.). Cet aveuglement défie l’entendement. Il fait partie de la mystérieuse beauté du couac.
Daniel Schneidermann
20:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : couac, sarkozy, morano, bachelot, gouvernement, ump
16.04.2008
Comment se tirer une balle dans le pied : voter Sarko, voter à droite !
C'est une mesure passée quasiment inaperçue mais qui risque bien d'entamer à son tour le pouvoir d'achat déjà mal en point des Français. A compter du 1er mai, les familles toucheront moins d'allocations pour leurs enfants adolescents.
Jusqu'à présent, le système des allocations voulait que les familles d'au moins deux enfants touchent plus au moment de l'entrée dans l'adolescence de leurs enfants. L'augmentation fonctionne en deux temps : une première majoration de près de 34 euros par mois quand le cadet atteint l'âge de 11 ans, puis la majoration passe à 60 euros entre 16 et 20 ans. Un bonus bienvenu pour les parents dont les ados mangent comme quatre, sont constamment hors-forfait pour leur portable et se ruinent en vêtements.
Seulement, rigueur budgétaire oblige, ce coup de pouce sera dorénavant revu à la baisse. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2008, promulguée en décembre, prévoit non plus deux mais une seule majoration. Celle-ci sera fixée d'entrée de jeu à 60 euros mais prendra effet à partir de 14 ans et non plus 11 ans. Les familles avec un enfant ayant actuellement entre 11 et 16 ans continueront à percevoir la majoration «ancien système». La règle consistant à ne pas verser de majoration pour l'aîné d'une famille de deux enfants est également maintenue.
«Les études montrent depuis plusieurs années que le coût d'entretien de l'enfant augmente à partir de 14 ans», justifiait le projet de loi. Reste que pour les familles le calcul est vite fait. Au final, le manque à gagner pour des parents dont le deuxième enfant aura 11 ans après le 1er mai ne sera pas négligeable: 586 euros entre la onzième et la vingtième année. Soit, espère le gouvernement, 80 millions d'euros d'économies pour la branche famille de la sécurité sociale dès 2008.
La caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf), dont les administrateurs, consultés pour avis en février, avaient «désapprouvé à une très large majorité» cette «majoration unique qui s'exercera au détriment des familles», estime à 138 millions d'euros les économies réalisées à l'horizon 2013. «L'application de cette mesure est incompatible avec une politique familiale dynamique, volontaire et concertée», dénonçait alors la Cnaf.
François Fondard, le président de l'Union nationale des associations familiales (UNAF), se dit «totalement opposé» à cette mesure qui «entraîne une perte sèche de 406 euros par an pour les familles qui perdent trois années de majoration entre 11 et 14 ans. (...) Une fois de plus, on touche aux prestations et à la politique familiale». Même discours à la CFE-CGC où l'on dénonce «un recul des prestations familiales, déjà insuffisantes» et «une atteinte au pouvoir d'achat des familles», ou à la CGT, qui parle d'une «mesure scandaleuse».
Après la revalorisation de 1% des prestations familiales le 1er janvier, jugée largement insuffisante par les associations, et la remise en cause – avortée– de la carte familles nombreuses SNCF la semaine dernière, le tour de vis commence à être rude pour les familles.
Et la série n'est peut-être pas finie: l'allocation de rentrée scolaire (272 euros en 2007 pour les enfants de 6 à 16 ans), attribuée sous condition de ressources, doit être modulée en fonction de l'âge de l'enfant à la rentrée 2008, selon des montants qui ne sont pas encore déterminés.
Libé
18:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : allocations, ados, sarkozy, gouvernement, pouvoir, d'achat, cnaf
10.04.2008
"Discours de la servitude volontaire"
Si on veut chercher le fondement philosophique de la désobéissance civile et de la non-coopération, il faut remonter aux écrits d'Etienne de la Boétie (1530-1563). Ce grand ami de Montaigne rédige en 1548, le "Discours de la servitude volontaire". Cet essai développe l'idée que la nature de l'homme est d'être libre et s'il est esclave c'est volontairement. L'homme est complice de la servitude qu'il subit puisque le tyran tire son pouvoir et sa force de ceux-là même qu'il domine. L'esclavage du peuple ne tient pas à la force du tyran mais à sa propre démission. La paresse, la coutume, les habitudes endorment la raison et la vigilance. Le pouvoir du tyran existe parce que le peuple obéit à ses ordres, pour défaire le tyran il faut refuser de le servir. La Boétie , cet étudiant en droit de 23 ans, a l'intuition que le peuple, sans utiliser la violence, peut faire tomber un pouvoir absolu en lui retirant son soutien. " Soyez résolus de ne servir plus et vous serez libres. Je ne veux pas que vous le poussiez ou l'ébranliez, mais seulement ne le souteniez plus et vous le verrez, comme un grand colosse à qui on a dérobé sa base, de son poids même, fondre en bas et se rompre."
Cet écrit d'avant garde pose clairement la question de la soumission à l'autorité. Ce texte a fait scandale, il fut brûlé à Bordeaux par arrêt du Parlement en 1579. Il fut réédité pendant la Seconde guerre mondiale où il circulera sous le manteau. Ce texte reste d'actualité.
lu sur Désirs d'avenir
17:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, droite, ump, gouvernement, réformes
09.04.2008
GRAND N'IMPORTE QUOI au sommet de l'Etat
OGM: Nathalie Kosciusko-Morizet dénonce un «concours de lâcheté» dans son camp - Libération
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie dénonce dans Le Monde un "concours de lâcheté et d'inélégance" dans son camp, au lendemain des débats houleux sur le projet OGM à l'Assemblée.
Au lendemain de débats houleux à l'Assemblée sur le projet de loi OGM, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, dénonce dans Le Monde un «concours de lâcheté et d'inélégance» dans son camp, incluant dans sa critique son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo et le président du groupe UMP Jean-François Copé au sujet du projet de loi OGM. "Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum", a-t-elle précisément déclaré.
Les députés ont achevé hier soir leurs travaux sur le projet de loi, dont l'examen, commencé le 1er avril, a été une course d'obstacles, marquée au dernier jour par la fronde de l'UMP contre Nathalie Kosciusko-Morizet.
Le vote solennel sur le projet intervient aujourd'hui.
Les députés UMP, furieux de la tournure prise par les débats, ont étrillé NKM et exigé du gouvernement de la "lisibilité" sur ce dossier sensible. L'adoption surprise de plusieurs amendements de la gauche a fini par les faire sortir de leurs gonds sur ce texte sensible, découlant du Grenelle de l'Environnement et dont le Sénat a eu la primeur en février.
"Quand un amendement vient de la gauche et que le gouvernement s'en remet à la sagesse de l'Assemblée, ça veut dire tout simplement qu'il l'approuve", a fait valoir Jean-François Copé. Le patron des députés UMP faisait notamment référence à l'adoption, dans la nuit du 2 au 3 avril, d'un amendement d'André Chassaigne (PCF), qui vise à protéger "les zones de productions de qualité sans OGM".
Seule au banc du gouvernement cette nuit-là, Nathalie Kosciusko-Morizet s'en était remise "à la sagesse" des députés sur ce dispositif, dont le vote est présenté comme "une victoire" par la gauche, qui a même mis en place un "comité de soutien" et une pétition internet en faveur du fameux "amendement 252".
"Nous voulons une lisibilité pleine et entière des messages gouvernementaux", a déclaré à la presse le patron du groupe, Jean-François Copé, en confirmant que bon nombre de députés UMP avaient "mis les pieds dans le plat" pour regretter, sans citer nommément Nathalie Kosciusko-Morizet, sa position jugée "ambiguë".
Les relations entre Nathalie Kosciusko-Morizet et les députés de la majorité sont tendues depuis plusieurs mois, les élus UMP n'ayant jamais digéré la "bise" échangée par la ministre avec l'altermondialiste José Bové, opposant irréductible aux OGM. "Nous fumes troublés lorsque la bise fut venue", avait alors lancé le député UMP Michel Raison.
Un seul député UMP , François Grosdidier, anti-OGM, est intervenu pour s'opposer à cette ligne, sans être soutenu par ses collègues.
15:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, kosciusko, copé, gouvernement, assemblée, borloo
30.03.2008
Un lycée débloqué à coup de gaz lacrymogènes
Samedi, au lycée Gustave Eiffel de Gagny, en Seine Saint-Denis, des lycéens ont organisé un blocus de leur établissement, pour protester contre la suppression de postes de professeurs. Les CRS ont brisé leur action, en recourant à des gaz lacrymogènes. Les lycéens dénoncent d'autres violences. Sur cette vidéo, la personne qui s'interpose les bras écartés devant les Brigades départementales est un professeur:
Autre vidéo, montrant le tir de lacrymogènes dans le lycée
Voici le témoignage d'un enseignant présent ce samedi matin, M. Martin:
"Ce matin, vers 7h30, quelques élèves ont démarré un blocus du lycée. Le nombre d'élèves massés chemin de la Renardière a augmenté jusqu'à 8h30. Ce blocus laissait, plus ou moins, passer les professeurs et les élèves souhaitant aller en cours. Des policiers de la ville de Gagny étaient présents. Vers 8h45, des professeurs ont pu discuter avec les élèves, leur proposant la tenue d'une AG lundi.
Vers 9h15, une deuxième brigade est arrivée (brigade départementale de sécurité). Ces policiers étaient casqués, armés (flash-ball et gaz lacrymogène). Ils ont directement chargé, en remontant le chemin de la Renardière afin de dissoudre le blocus ce qui a entraîné un mouvement de panique des élèves refluant vers le lycée. Il y a eu plusieurs allers et retours, plusieurs charges consécutives. De nombreux élèves ont été aspergés de gaz, un professeur a été molesté, des élèves ont reçu des flash-ball. Les pompiers ont dû intervenir. Un élève a été arrêté.
Tout ce ceci en dépit de la présence du proviseur et de quelques professeurs qui se sont interposés pour calmer la situation; ce qui était difficile compte-tenu de la violence des propos tenus par les membres de la brigade.
Vers 10h00, des professeurs ont réussi à convaincre les élèves de tous rentrer dans le lycée, tandis que la brigade se retirait. Une AG s'est tenue, sur les marches de l'escalier, à la suite de laquelle les élèves sont rentrés chez eux. Tous les présents ont été particulièrement choqués par la violence de cette répression injustifiée.
Les professeurs se sont réunis, en présence de quelques parents et élèves. Il a été décidé que les professeurs soient présents et se réunissent au lycée lundi dès 7h30. Des parents seront présents aussi.
M. le maire (et un adjoint) ainsi que l'inspecteur d'académie sont arrivés au lycée. La réunion s'est poursuivie en leur présence. A l'issue de cette réunion M. le proviseur et M. le proviseur adjoint se rendaient au commissariat pour récupérer notre élève."
18:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, lycée, seine saint-denis, gagny, darcos, gouvernement, crs
29.03.2008
"On ne peut pas vivre avec 628 euros par mois"
"C'est la révolte des handicapés, c'est la révolte de millions de personnes pour dire qu'il y en a assez de toucher 628 euros par mois (montant de l'allocation adultes handicapés (AAH), ndr), qu'avec ça, on ne peut pas vivre", clame Arnaud de Broca, président de la FNATH (accidentés de la vie), une des associations organisatrices du mouvement.Plusieurs milliers de malades, handicapés, invalides, venus de toute la France, défilent ce samedi à Paris pour une manifestation à l'appel du collectif "Ni pauvre, ni soumis", qui réclame un revenu d'existence "décent".
Selon un porte-parole de l'Association des paralysés de France (APF), un cinquième seulement des bus attendus de toute la France étaient arrivés place de la République en fin de matinée pour le défilé, rebaptisé "Marche sur l'Elysée", qui est parti un peu avant 13 heures en direction de la place de l'Opéra.
Pour cette manifestation "historique", le collectif, qui regroupe une centaine d'associations, a affrété 13 trains, 5 avions et 700 autocars et minibus. Certains manifestants se déplacent à fauteuils roulants, d'autres arborent des cannes blanches, beaucoup ont revêtu les couleurs du mouvement "Ni pauvre ni soumis", le jaune et noir, avec des panneaux portant les slogans: "628 euros par mois, pouvoir d'achat, pouvoir de rien!", ou encore "handicap, maladie = pauvreté".
Une délégation d'une dizaine de personnes, représentants d'associations, doit être reçue à l'Elysée dans l'après-midi, pour remettre les plus de 50.000 signatures de soutien reçues par le Collectif pour réclamer un "revenu d'existence décent". Ils devraient être reçus par la conseillère de Nicolas Sarkozy sur les questions de handicap. "Certes, des choses sont faites sur le handicap, mais sur le sujet des ressources et des conditions de vie, ça fait 30 ans qu'on ne veut pas en parler, on est là pour mettre le sujet sur la table pour que les choses changent définitivement", a déclaré Jean-Marie Barbier, président de l'APF, avant le départ du cortège.

14:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : handicap, aah, gouvernement, manifestation
28.03.2008
Déficit, dette et croissance: les clignotants passent au rouge
L'Insee revoit à la hausse le déficit 2007 (à 2,7% contre 2,4% prévus initialement). Et le ralentissement de l'économie n'arrange évidemment pas les choses.
Le déficit public et l’endettement de la France se sont nettement aggravés l’an dernier malgré les discours longtemps rassurants du gouvernement, contraint désormais de réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2008 sur fond de crise internationale.
Le gouvernement a revu à la hausse son objectif de déficit public pour 2008, visant désormais 2,5% du PIB contre 2,3% prévu initialement. De son côté, l'Insee a revu à la hausse son estimation du déficit public en 2007, à 2,7% du produit intérieur brut (PIB), contre 2,4% initialement prévu par le gouvernement, pour un total de 50,3 milliards d’euros. En 2006, il a été ramené à 2,4% du PIB (contre 2,5% précédemment), a indiqué vendredi l’Insee.
Dans le même temps, la dette publique a augmenté de 5,2% à 1.209,5 milliards d’euros fin 2007, soit 64,2% du PIB, un niveau bien supérieur au maximum de 60% autorisé par l’Union européenne. En 2006, la dette avait progressé de seulement 0,4% pour un taux de 63,6% du PIB.
Selon le ministre du Budget, Eric Woerth, qui martèle son attachement à la «maîtrise des dépenses publiques» depuis son entrée en fonction, l’aggravation du déficit public est principalement liée à un «dérapage des dépenses des collectivités locales» de l’ordre de 0,2 point de PIB.
«Il y a une augmentation du rythme de dépenses des collectivités locales» qui «ne dégagent pas suffisamment d’autofinancement pour financer leurs investissements, il y a un vrai problème», a estimé M. Woerth, qui a souvent accusé les régions, majoritairement socialistes, de laisser filer le déficit.
Plusieurs économistes soulignent toutefois que ce nouveau creusement du déficit s’explique aussi par les dépenses de fonctionnement qui ont augmenté de plus de 12 milliards d’euros l’an dernier.
Cette augmentation de 3,6%, «nettement plus que l’inflation», «montre bien que la puissance publique fait moins d’efforts qu’elle ne le prétend pour améliorer sa gestion», estime Nicolas Bouzou (Asterès).*
«Quant au déficit des collectivités locales (7,2 milliards d’euros), il est certes très fort mais il émane au moins en partie de transferts de dépense de l’Etat», poursuit M. Bouzou, jugeant que «l’Etat central ne devrait pas s’exonérer de sa responsabilité dans cette dégradation».
Une dégradation qui survient malgré un reflux du déficit de la Sécurité sociale (-1,6 milliard, soit deux fois moins qu’en 2006).
Les rentrées fiscales ont également pesé sur le déficit, le taux des prélèvements obligatoires ayant diminué de 0,4 point, à 43,5% du PIB en 2007, en raison de la progression modérée des impôts (+3,1%) freinée en particulier «par la baisse de l’impôt sur le revenu payé par les ménages», selon l’Insee.
En septembre 2007, Eric Woerth avait promis que la France tiendrait son engagement européen de ramener le déficit à 2,4% en 2007 et à 2,3% cette année.
Il en est aujourd’hui réduit à prévenir que «dans un contexte économique extrêmement difficile, les finances publiques ne peuvent pas être en équilibre en 2010». Un aveu gênant au moment où la France s’apprête à prendre la présidence de l’Union européenne.
Sa tâche sera d’autant plus difficile que la croissance 2007 s’est contentée d’un maigre 1,9% alors que le budget avait été bâti sur une hypothèse de 2,25%.
Et malgré l’optimisme affiché durant des mois face à la crise internationale, le gouvernement a finalement dû se résoudre à une révision à la baisse pour 2008, entre 1,7% et 2%.
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*phrase mise en caractères gras par l'auteur de ce blog
17:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : économie, lagarde, fillon, gouvernement, crise, collectivités
Diabète: "Les malades refusent d'être coupables"
Par G. Raymond et P. Vexiau - RUE89
Gérard Raymond, président de l'Association française des diabétiques (AFD), et Patrick Vexiau, secrétaire général de l'association et chef du service de diabétologie de l'hôpital Saint-Louis à Paris, nous ont proposé cette tribune, en réaction au débat ouvert sur Rue89 sur la prise en charge du diabète.
L'Association française des diabétiques (AFD) tient à exprimer sa profonde indignation suite aux propos que tenait un médecin généraliste sur Rue89 dans un récent article.
Ce médecin internaute de Rue89 déclarait, au sujet de la prise en charge des diabétiques par la sécurité sociale:
"Pourquoi quelqu’un qui a mangé et picolé toute sa vie sans faire attention serait mieux pris en charge que des patients atteints d’arthrose qui, eux, ne sont pas à 100%?"
Ces propos traduisent une ignorance scientifique étonnante de la part d’un médecin. Le diabète est en effet une maladie favorisée par la société d’abondance et par la sédentarité liée à l’urbanisation.
Le surpoids et l’obésité touchent plus de 40% de la population adulte française. Certains ont la malchance d’avoir les mauvais gênes et parmi ces 40% de personnes, 10% développeront le diabète. On ne choisit pas ses gènes!
Considérer que ces phénomènes sont de la seule responsabilité des individus caractérise un esprit profondément réactionnaire et de plus médicalement aberrant quand toutes les études épidémiologiques prouvent le contraire.
Sida, choléra, imprudence
Nier que la société contemporaine puisse jouer un rôle dans le déclenchement des maladies, c’est considérer que tous les séropositifs sont responsables de leur contamination si elle est sexuelle, que tous les accidentés du travail sont des imprudents ou encore que toutes les victimes du choléra n’avaient qu’à mieux se laver les mains!
Ce docteur sait-il que le diabète progresse d’une façon considérable dans les pays en voie de développement, notamment en Afrique ou en Amérique du Sud, du fait de l’urbanisation massive et où on estime que le nombre de diabétiques doublera dans les vingt prochaines années? Ce médecin peut-il affirmer que c’est parce qu’ils mangent trop?
La plateforme de lutte contre l’obésité infantile, initiée par l'UFC Que Choisir et soutenue, notamment, par l’AFD, a mis en avant l’importance de la publicité et de la composition des aliments de l’industrie agro-alimentaire dans la progression du surpoids et de l’obésité chez les enfants.
Ces "petits gros" qui, si rien n’est fait, seront malheureusement les diabétiques de demain, seraient donc les futurs responsables du déficit de la sécurité sociale?
Propos stupides et injurieux
Les 3 millions de diabétiques français et les 246 autres millions dans le monde, en ont assez d’entendre de tels propos stupides et injurieux. Le diabète ne se guérit pas, il s’impose tous les jours, toute la vie. 80% du traitement est assuré par le patient lui-même.
On peut mourir des complications du diabète: amputations, cécité, maladies cardio-vasculaires, celles-ci peuvent être très graves. On peut les éviter, en retarder la venue, par une prise en charge précoce, un bon suivi du traitement et une bonne hygiène de vie.
Est-ce en culpabilisant les malades et en les faisant "payer", qu’on les incitera à mieux se soigner? Contre toutes les prétendues autorités savantes, arrogantes et méprisantes, qui heureusement représentent une minorité, les malades, responsables en permanence de leur santé, refusent en plus d’être coupables.
Dessin: Charb.
16:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : diabète, franchises, ald, sécu, gouvernement, bachelot




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