10.04.2008

David Douillet n'est qu'un grand naïf ! A quoi s'attendait-il de la part des Chinois du service d'ordre ? Il faut cesser la naïveté et refuser d'aller courir en Chine, Mesdames et Messieurs les sportifs

359717552.jpgDavid Douillet les dépasse d’une tête, mais il a été impressionné : «Des robots, des chiens de garde, qui n’ont aucune humanité, vous bousculent, vous tarabustent, vous empêchent de courir et vous invectivent en chinois.» Lord Sebastian Coe, organisateur des Jeux olympiques de Londres, les a vus à l’œuvre dans sa capitale : «Des voyous.»

Les gardiens du «voyage harmonieux» de la flamme olympique, survêtement bleu, oreillettes et lunettes noires, ont aussi surpris leurs collègues français en rollers : «Très désagréables, assez brutaux», dit-on à la préfecture de police de Paris ; «ils ont pris toutes les décisions, on n’avait pas notre mot à dire». Il y a eu des frictions, mais les échanges sont restés limités, les hommes en bleu ne parlant ni français ni, semble-t-il, anglais. Les policiers parisiens ont perçu du flottement dans les rangs : «Ils hésitaient, ne semblaient pas d’accord entre eux.» Aucun ne s’est présenté. «On avait négocié avec des officiels de l’ambassade, et on a vu débarquer cette équipe avec la flamme sans être prévenus. C’est assez brutal», dit-on à la préfecture de police. Même scénario à Londres, selon le Wall Street Journal qui a interrogé un responsable de la sécurité britannique : «On a vu arriver douze types, qu’on a nous a présentés comme la garde rapprochée de la flamme.»

«Robocog». Ni Paris ni Londres n’ont été informés de la présence sur leur sol d’une unité d’élite de la Police armée populaire (PAP). Chargée de protéger la flamme vingt-quatre heures sur vingt-quatre, tout au long des 137 000 km de son parcours, cette équipe de 70 hommes, 30 sur le parcours à l’étranger et 40 pour la Chine, a été constituée en août 2007 par le Bocog, le Comité chinois d’organisation des Jeux de Pékin. Ces «robocog», comme il est tentant de les surnommer, sont «tous grands, beaux et puissants» et ont suivi un entraînement «comparable à celui des athlètes de décathlon», selon le quotidien Beijing Times. Ils ont aussi reçu, explique leur chef Zhao Si, une formation de «bienséance» et de «langues étrangères, français, anglais, allemand, espagnol et japonais». Ils ont été sélectionnés dans toute la Chine au sein de la PAP, force de 2 millions d’hommes selon les médias chinois. La PAP, police à statut militaire, est l’équivalent de la gendarmerie française, chargée de la sécurité des dirigeants chinois et du maintien de l’ordre. Depuis le 14 mars, début des émeutes au Tibet, la plupart de ses membres sont disséminés dans les régions agitées de la Chine, Tibet ou provinces peuplées de musulmans ouïgours. Ce sont eux qui «ont ramené le calme dans la région autonome», selon l’expression consacrée des dirigeants chinois.

Relayeurs. A Paris, les gardiens de la flamme ont tenté d’interdire aux relayeurs français le badge «Pour un monde meilleur», qu’ils avaient prévu de porter en signe de protestation contre la répression chinoise au Tibet. A Pékin, la porte-parole du CIO, Giselle Davies, a défendu hier leur présence et leur rôle : «C’est toujours le pays hôte des Jeux qui fournit l’équipe de surveillance de la flamme. C’est tout à fait normal.»

08.04.2008

"Le trajet de la flamme s'est transformé en chemin de la honte"

1248546060.jpgLe mot qui revient le plus souvent dans la presse internationale, mardi 8 avril, pour décrire l'étape parisienne de la flamme olympique est "chaos". Et déjà, le terme s'applique pour décrire ce qui attend les organisateurs à San Francisco, prochaine étape d'un voyage planétaire déjà remis en cause. "Un jour après Londres, l'étape de Paris a fini dans le chaos, la farce et, finalement, l'annulation", estime The Independent. "La flamme a été transportée honteusement à travers les rues de la Ville Lumière dans un bus de la police (...). Au lieu de célébrer l'émergence de la Chine comme un pouvoir mondial, le trajet de la flamme s'est transformé en chemin de la honte", poursuit le journal, arrivant à la conclusion que l'on est témoin "des plus importantes manifestations internationales contre les violations des droits de l'homme chinoises depuis les massacres étudiants à Tiananmen".

"Paris est devenue une scène de désordre", constate simplement le New York Times, notant que les manifestants étaient en particulier composés de personnes déjà présentes lors de l'étape londonienne, qui ont fait le trajet en Eurostar, dimanche, et de Belges et Néerlandais ayant effectué le déplacement en bus. Pour El Pais , "Paris a éteint la flamme", et ces événements sont "un sérieux avertissement à Pékin : si vous voulez que vos Jeux se déroulent normalement, vous devez lâcher du lest au Tibet". "On peut regretter une forme de prise en otage de cette fête du sport", écrit pour sa part Le Temps, qui rejette finalement la faute de ce "pataquès" sur "les dirigeants chinois et les pontes du CIO".

LE MYSTÈRE DES "HOMMES EN BLEU"
La police française est aussi mise en cause. Le correspondant du Temps a pu écouter une conversation radio entre CRS dont le contenu est révélateur : "A l'approche de la flamme, la radio d'un CRS crachote un message éloquent : 'Apparemment, ils sont débordés.' L'un de ses collègues critique les organisateurs de la cérémonie : 'Le parcours est beaucoup trop long, c'est très difficile à protéger.'"

Mais ce sont surtout "les hommes en bleu", ces joggeurs censés protégés la flamme, qui ont attiré l'attention. On ne sait quasiment rien de ce "groupe particulièrement zélé de gardiens chinois", constate avec surprise The Independent, alors qu'à Londres ils n'ont pas hésité à en venir aux mains avec "les athlètes, les manifestants, les journalistes et même la police". Officiellement placés sous l'autorité du Comité d'organisation des JO de Pékin (Bocog), les "joggeurs" se sont notamment attiré les foudres du président du Comité olympique britannique, Lord Coe, qui les a qualifiés de "brutes" et a estimé que ses collègues français devraient "se débarrasser d'eux".

A la veille de l'arrivée de la flamme à San Francisco, la presse locale ne rate pas l'occasion de prédire un désastre. Les autorités se disent confiantes quant au bon déroulement de l'étape, rapporte le San Francisco Chronicle, et n'écartent pas l'idée que le parcours, qui a été ramené à un peu moins de dix kilomètres, puisse être encore réduit. Des activistes de l'ONG Students for a Free Tibet ont déjà mené une action hautement symbolique sur le pont Golden Gate, lundi, et d'autres du même type sont attendues. "Seule étape en Amérique du Nord, San Francisco attire des manifestants de tout le pays qui défendent des causes très différentes", explique le quotidien. Dans un éditorial titré "Eteignez la flamme avant que quelqu'un se brûle", le journal affirme que les drapeaux hissés sur le pont symbolique de la ville, à 46 mètres de hauteur, "seront les manifestations les plus sûres que vous verrez ici", laissant entendre que des plus dangereuses sont en vue.

"LA FORCE ET LES MOTS DURS"

La question qui se pose désormais, selon Time, est de savoir si la "flamme olympique va brûler la Chine". La réaction du Parti communiste chinois, en particulier, est attendue. "Ils ont été surpris, choqués par l'ampleur du ressentiment contre le pouvoir chinois (...). Et c'est là que réside le mystère. Les leaders chinois ne semblent pas être en mesure de répondre à ces incidents sans donner dans la force et les mots durs", explique l'hebdomadaire. Il cite Perry Link, sinologue de l'université de Princeton, qui rappelle que l'actuel président, Hu Jintao, "est de cette génération qui a reçu une éducation 'à la soviétique' dans les années 1950. Ils ne possèdent pas l'imagination pour prendre des décisions plus sensées". Quant aux conséquences que va avoir la présence de plus de 30 000 journalistes étrangers en Chine, au mois d'août, il est encore trop tôt pour le dire, écrit Time. Mais une chose est sûre, "ils [Pékin] ne s'imaginent toujours pas ce qui va leur tomber dessus".

A plus longue échéance, The Guardian évoque déjà l'annulation du voyage olympique... en 2012. Le comité olympique londonien souhaite toujours organiser une tournée locale, mais ne voudrait pas risquer de répéter l'expérience catastrophique que vivent actuellement les Chinois.

LE MONDE

07.04.2008

France sous direction chinoise

1878531262.jpg"En regardant le journal de 20 h à la tv,je suis écoeuré par le comportement des flics vis à vis des pro tibétains qui étaient jetés au sol ,avez vous vu ce pauvre gars au sol la bouche saignante et tenue par 4 flics,une honte,la police ne sort pas grandie de celà,comment voulez vous respecter les policiers avec de tels agissements.Qui leur a dit à ces flics agresseurs de blesser les manifestants??Une enquète doit être diligentée afin de connaitre le responsable des attaques sanglantes de ces flics.

Un autre point que je veux signaler,sur europe ce soir jean françois lamour(ancien ministre des sports)s'est exprimé en répondant à un auditeur que des policiers chinois ne se trouvaient pas sur le parcours de la flamme et ces hommes en bleu et casqués autour de la flamme étaient bien chinois et à la hauteur de la mairie,c'est un chinois de l'ambassade qui a donné ordre au cortège de ne pas faire halte à la mairie comme c'était prévu,jf lamour est un menteur,cet homme cherche un placement au cio!!!!Je suis un français ecoeuré par ce que j'ai vu aujourd'hui,mme alliot marie à votre place ce soir je ne serais pas fière!!!De toutes façons les forces de police ont perdu la bataille du parcours de la flamme;et vive le tibet"

Commentaire de "nanard", lu sur le forum "politique française" du Figaro 

[je viens de lire sur Rue89 que Robert Ménard a justifié la torture dans une émission sur France Culture ; il va sans dire que cette prise de position le décrédibilise totalement dans son combat contre la Chine ; je retire donc l'affiche de RSF sur les JO de Pékin, que j'avais mise ici hier]