19.05.2008

Ecole: séparer filles et garçons, c'est de nouveau possible

Par Chloé Leprince | 19/05/2008 | 00H03 | RUE89

La nouvelle loi contre les discriminations rend possible les classes non-mixtes, interdites dans le public depuis 1975.

Panneau sur des toilettes à Lisbonne (klausewitz/Flickr).

Le 15 mai 2008 restera-t-il dans les annales comme la première grande brèche dans le principe de mixité scolaire? Jeudi, le Parlement a en tous cas adopté définitivement la nouvelle loi anti-discrimination, après plusieurs discussions houleuses tant que le texte faisait encore la navette entre les deux assemblées.

Au détour de cette loi, s'installe en effet la possibilité d'organiser un enseignement séparé pour les garçons et les filles à l'école. La mixité s'était pourtant généralisée dès les années 60 dans l'éducation: une circulaire l'impose en juin 1965 pour toutes les nouvelles écoles élémentaires créées, avant de l'étendre à toutes les écoles primaires à la fin de la décennie. C'est, enfin, la loi Haby du 11 juillet 1975 qui allait rendre la mixité obligatoire dans l'enseignement public primaire et secondaire.

Cette disposition du texte finalement adopté a été très critiquée durant le travail parlementaire. Notamment au Sénat, massivement hostile à cette mesure, tous groupes politiques confondus. Début avril, Valérie Létard, secrétaire d'Etat chargée de la Solidarité, avait d'ailleurs été largement interpellée lors de son audition par la commission des Affaires sociales.

C'est ce que raconte Sylvie Demarescaux, sénatrice du Nord (sans étiquette), qui déplore qu'aucun des trois amendements sénatoriaux soit finalement parvenu à infléchir le texte. Mercredi 14 mai, la veille de l'adoption définitive de la loi, la commission mixte paritaire avait en effet fait retirer ces trois amendements visant à supprimer la disposition liée à l'enseignement.

L'un de ces amendements émanait pourtant du centriste Nicolas About, qui préside les affaires sociales au palais du Luxembourg, et qui n'a pas hésité à parler "d'erreur gouvernementale".

Une directive européenne sert de bouc émissaire au gouvernement

De son côté, le gouvernement n'a cessé, jusqu'à l'adoption définitive du texte et malgré les discussions qu'il soulevait, d'arguer de son "absence de marge de manoeuvre", avançant l'obligation de transposer en droit français cinq directives européennes en matière de discrimination.

C'est ce qui fut du reste répondu à la sénatrice Sylvie Demarescaux alors que celle-ci trouvait à s'émouvoir du pas en arrière que cette mesure représente à ses yeux:

"Valérie Létard nous a expliqué que la Commission européenne laissait une très faible marge de manoeuvre dans la transposition des directives en matière de discrimination et que la France n'avait pas vraiment eu le choix.

"Or, pour moi, on revient à ce que j'ai vécu quand j'étais jeune, c'est à dire à une discrimination sexiste. C'est la première fois qu'on revient tant en arrière, alors qu'on avait plutôt bien avancé récemment en matière d'égalité hommes-femmes."

Or si Bruxelles avait bien exigé de ses Etats-membres qu'ils transposent dans leurs législations respectives des mesures antidiscriminatoires, celles-ci concernaient le champ des biens et services. Et nullement l'éducation, prérogative nationale.

Laurence Rossignol, vice-présidente du conseil régional de Picardie et secrétaire nationale chargée des droits des femmes et de la parité au PS, doute elle aussi de cette explication:

"L'Europe? On sourit... Regardez le nombre de directives européennes pour lesquelles la France traine les pieds. Quand on veut freiner, ou peut. C'est un argument fallacieux."

La non-mixité à l'école fait débat dans les mouvements féministes

De fait, l'Europe était plutôt considérée comme un vecteur de progrès en matière d'égalité d'accès à l'éducation depuis le début, soutiennent les féministes. Et ce, même si les cultures féministes varient grandement d'un pays à l'autre. Dans les pays anglo-saxons, par exemple, les revendications féministes sont depuis longtemps infusées par les questions de genre et les pratiques de discrimination positive. Contrairement à la France qui, traditionnellement, s'est plutôt appuyée sur l'égalité républicaine.

L'élue picarde, reconnue pour ses engagements féministes, fustige également ce qu'elle qualifie de "vraie double régression, pour la laïcité et pour l'égalité d'accès à l'éducation pour les filles". Pour elle, c'est en effet dès l'école qu'on doit créer les bases d'une égalité hommes-femmes, que cette loi était pourtant censée garantir dans le monde professionnel:

[écouter l'audio sur la page d'origine]

Autre argument apparu en marge du débat: certaines revendications féministes auraient elles-mêmes contribué à ce que le verrou de la mixité scolaire saute... Notamment en exigeant des activités séparées pour garçons et filles dans certaines disciplines. On pense bien sûr au sport. Mais certaines voix ont pu s'élever pour que la séparation se fasse dans d'autres cours, arguant que la présence des garçons pouvait inhiber leurs congénères féminines.

La socialiste Laurence Rossignol doute pourtant fortement de cette explication:

"Des discussions de comptoir et de couloir sur le sujet, j'en ai eu beaucoup. J'ai même entendu dire que la mixité pouvait engendrer une forme de harcèlement. C'est vrai que c'est ce qui s'est dit à un moment donné. Mais, moi, je m'en tiens aux écrits et aux propos publics. Or, en France, je n'ai jamais lu une féministe tenir de tels propos par écrit."

Pervertir l'image des religions: l'autre effet pervers de cette loi

Pour Laurence Rossignol, plus que l'Europe ou le serpent féministe qui se serait mangé la queue, cette disposition révèle plutôt "une grande porosité du gouvernement à toutes les menées qui sont possibles contre la mixité":

"On sait très bien, aujourd'hui, que les courants fondamentalistes sont marginaux et minoritaires. Que la grande masse des écoles primaires, des collèges et des lycées fonctionnent avec toutes les confessions, et que ça se gère bon an mal an assez bien au quotidien. Mais le gouvernement s'est montré poreux à des revendications fondamentalistes.

"Cette complaisance m'irrite d'autant plus qu'en plus de remettre en cause la mixité, la laïcité, cette concession aux plus marginaux pervertit notre regard sur les communautés religieuses. On est à tous points de vue dans le symbolique, et il faut faire très attention à ces symboles, dans le droit fil du discours de Latran de Nicolas Sarkozy."

Concrètement, il faudra attendre le décret d'application de cette loi pour savoir comment sera organisée sur le terrain cette possibilité d'enseignements non-mixtes. Un ultime obstacle, très pragmatique, celui-là, pourrait bien entrer en ligne de compte: comment organiser des dédoublements de classes en séparant garçons et filles à l'heure de 11 200 suppressions de postes dans l'Education nationale?

16.05.2008

L'intox du Figaro :

1516226968.jpgLe "dossier explosif" des 23200 profs qui n'enseignent pas

Le Figaro évoque un "dossier explosif", celui des profs qui sont payés... à ne pas enseigner. Le chiffre avancé est de 23200. En donnant cette estimation, l'objectif est clair : "laisser entendre aux syndicats et à l'opinion que les élèves ne risquent pas de pâtir du plan d'économie décidé". Oui, il y 11 200 suppressions de postes, mais comme il y aurait 23 200 profs de trop, ça en laisse encore beaucoup qui ne servent à rien.

Où est le chiffre de 23 200 dans l'article ?

Petit souci, on ne trouve nulle part ce chiffre de 23 200. Prenons l'article dans l'ordre :
- "210 000 enseignants ont bénéficié d'une décharge de service pendant l'année 2006-2007".
- "94 000 ont profité d'une heure dite de première chaire".
- "31 000 professeurs de géographie ou utilisant un laboratoire disposaient eux aussi d'une heure pour ranger et organiser leur matériel".
- "les décharges syndicales concernent 3 038 enseignants".
- "une rationalisation du système représenterait près de 30 000 emplois temps plein".
- "On pourrait réduire de 40% les décharges et économiser ainsi 11 800 postes".
- "Les professeurs qui n'ont pas d'élèves [représentent] quelque 11 400 postes".

Voilà tous les chiffres figurant dans l'article ont été cités, mais celui de 23 200 profs en trop n'y figure pas. Vous pouvez prendre les chiffres dans tous les sens, soustraire, diviser, faire la racine carrée, on n'obtient jamais 23 200 profs en trop.
Seuls deux chiffres peuvent être additionnés pour obtenir le titre de Une : les postes économisés en réduisant les décharges et les profs sans élèves. Mais l'addition n'a aucun sens puisque les profs qui bénéficient de ces décharges ont bien des élèves et les profs qui ont 100% de décharges n'existent pas. D'ailleurs, à lire l'article, "une rationalisation du système représenterait 30 000 emplois temps plein". Ce n'est donc plus 23 200, c'est 30 000. L'art de jongler avec les chiffres et d'additionner les choux et les carottes.

Qui sont ces 23 200 enseignants sans élèves ?

Une décharge de service correspond à 1h payée qui n'est pas passée devant élève. Mais alors que font les 210 000 enseignants qui en bénéficient pendant cette heure ? Plusieurs possibilités :
- soit il s'agit d'une heure de "première chaire". En clair, lorsqu'un enseignant à un certain nombre de classes à examen, il bénéficie d'une heure payée, en raison de la charge de travail supplémentaire (organisation d'entraînements type bac).
- soit il s'agit d'une heure "labo". Gérer le matériel demande du temps : s'occuper du "labo", c'est gérer le matériel, s'assurer du bon fonctionnement des ordinateurs, des rétroprojecteurs. Les labos de langue réclament une réelle maintenance.
- soit les enseignants ont une décharge syndicale. Ils sont 3 038 enseignants temps plein dans ce cas-là. Du temps pour militer ? Pas vraiment. Il faut savoir que les premiers interlocuteurs des enseignants qui entrent dans le métier sont les syndicats. Toutes les brochures expliquant le système éducatif, les mutations, les systèmes de points, etc... sont éditées par les syndicats.
L'article du Figaro précise que le gouvernement n'a pas l'intention de toucher à ces 3 038 postes. Quant aux heures de décharge, l'article cite Nicolas Sarkozy qui a refusé l'été dernier de les supprimer : "les bénéficiaires de décharges allaient travailler plus pour gagner moins". Elles sont donc justifiées... même par l'Elysée.

Les 23 200 enseignants sans élèves… n’existent pas

A la fin de l’article, on peut lire "11 400 profs qui n'ont pas d'élèves". Les 23 200 enseignants sans élèves ont donc disparu, il n'y en a plus que 11 400. Il s'agirait des remplaçants et des enseignants qui sont en sureffectif dans leur matière. S'agissant des remplaçants, le chiffre peut surprendre car l'éducation nationale a justement recours de plus en plus aux contractuels (non titulaires) pour assurer les remplacements d'enseignants. En outre, certaines académies, comme celle de Créteil, ont officiellement demandé à des retraités de prendre du service, faute d'avoir suffisamment de remplaçants. Quant aux enseignants en sureffectifs dans leur matière (Le Figaro évoque "l'allemand, l'EPS" entre autres), il faut avouer que ce surnombre est créé artificiellement par le ministère de l'Education lui-même en décidant d'augmenter le nombre d'élèves par classe (lire l'article : "Les manipulations du ministère pour supprimer des postes de profs").

Après lecture et analyse des chiffres, il faut se rendre à l'évidence : les 23 200 enseignants sans élèves n'existent pas... même dans l'article du Figaro.

Politique.net 

Darcos, ministre de la Garderie Nationale !

1490332189.jpgPrenons le au mot et accueillons les élèves mais sans leur dispenser le moindre cours, puisqu'on n'est là que pour servir de garde-chiourmes... Faisons les jouer aux légos dans nos classes...

12.05.2008

Lettre ouverte à Monsieur Xavier Darcos,

1490332189.jpgMonsieur,

C’est moi qui vous ai abordé hier lors de votre visite du château de Turenne, en Corrèze, en compagnie de votre famille et de vos amis. Vous sembliez si proche, si commun, si comme tout le monde, en jean et chemisette, que vous n’aviez pas l’air d’un ministre mais d’un Français comme beaucoup d’autres, profitant d’un week-end à rallonge. Je vous ai presque trouvé l’air sympathique.

Mais je ne pouvais pas ignorer à quelle politique vous participez et je me devais donc de vous faire part de mon sentiment, puisque je vous tenais, là à porter de la main, si j’ose dire, et qu’il est si facile de vous critiquer sur les blogs et les forums ; je ne serais donc pas capable de vous dire en face ce que je pense ? J’aurais regretté toute ma vie de ne pas vous avoir fait part de mes sentiments.

Vous agissez en comptable, rien de plus, rien de mieux. Vous travaillez sur de l’humain et, en sabrant les postes d’enseignants, vous plongez de nombreux professeurs dans de grandes difficultés, alors que leur métier, dont je suis, est déjà suffisamment difficile comme ça ; comment assurer correctement sa mission quand la charge de travail ne cesse d’augmenter face à des classes souvent surchargées et très difficiles à « tenir » ? Quand un professeur de maths n’est pas remplacé, il faut que les classes dont il assurait les heures soient « dispatchées » sur les autres disciplines, ce qui fait que les cours des collègues sont de plus en plus chargés en effectif (je vous suggère d’ailleurs, Monsieur le Ministre, la lecture de cet article totalement pertinent et qui explique dans le détail les effets pervers de la politique que vous mettez en œuvre). Nous sommes loin de constater dans nos classes la baisse d’effectifs que vous ne cessez de nous seriner ! Moralité, faire cours, en particulier en langue, avec des classes de collège de plus de 30 élèves devient mission impossible le plus souvent… Et qui trinque, au bout du compte ? Les enfants, Monsieur Darcos, les enfants dont vous devriez pourtant vous soucier davantage. Hier, vous étiez confortablement en vacances avec votre famille, avec votre fils, mais vous devriez penser davantage aux enfants des classes sociales défavorisées qui n’ont pas la chance de visiter la France par une belle journée ensoleillée, et qui voient leur avenir fortement compromis par des « réformes », qui n’ont de réforme que le nom, vu qu’elle ne visent pas à améliorer les choses mais qu’elles les détériorent. Votre réforme du primaire n’est qu’un leurre : vous voulez remettre au goût du jour une vieille idéologie, alors que l’Education Nationale se meurt des idéologies depuis trop longtemps. Vous sabrez les heures dans le primaire : comment pouvez-vous prétendre améliorer le niveau scolaire des enfants ? Vous ne ferez pas mieux que vos prédécesseurs et je crains même que vous ne fassiez pire, au vu de l’équipe gouvernementale à laquelle vous appartenez.

Comme je vous l’ai dit hier au terme d’un échange très court, « vous faites beaucoup de mal à l’Education, Monsieur le Ministre ». J’espère que vous avez passé une bonne journée et que mon intervention inopinée au milieu de votre charmante visite dominicale ne vous aura pas gâché votre plaisir… Je ne me fais pas beaucoup de souci sur ce point.

08.05.2008

La droite par son autisme fait le jeu des jeunes les plus radicaux :

1994112099.JPGPour la première fois depuis le début du mouvement lycéen, la dispersion de la grande manifestation de jeudi aura été plutôt sportive... Après un parcours classique à travers la ville, les milliers de manifestants ont rejoint la place Bir-Hakeim pour stopper devant le rectorat. Un cordon de policiers du corps urbain en tenue anti-émeute interdit l'accès du bâtiment, mais se trouve rapidement pris sous la pression de la frange la plus radicale des manifestants. À mesure que le cortège a avancé en ville, plusieurs dizaines de protestataires issus de la mouvance anarcho-libertaire ont en effet investi la tête de la manif', au prix, parfois, de frictions avec les lycéens.

Vers 11 h 30, le cordon de policiers positionné devant le rectorat est pris pour cible par des manifestants, sous les yeux des journalistes présents: jets de pierres et de canettes de bière. Dans les minutes qui suivent, les forces de l'ordre tirent les sommations d'usage sous les grondements d'indignation de la majorité des manifestants placés à l'arrière: eux ignorent que les policiers sont, à cet instant précis, bombardés par quelques dizaines de personnes.

Un blessé secouru par les sapeurs - pompiers

À 11 h 40, constatant que les projectiles pleuvent toujours, les forces de l'ordre lancent trois grenades lacrymogènes dans les rangs des manifestants. Dans le même temps, des policiers en civil interpellent deux jeunes gens suspectés d'être des lanceurs de pierres. Ils seront placés en garde à vue au commissariat central de Grenoble, lieu où ils se trouvaient toujours hier en début de soirée. Dans la mêlée, un jeune manifestant est blessé au visage par un projectile non identifié. Atteint à une arcade sourcilière, il sera secouru par les sapeurs-pompiers et brièvement hospitalisé. Vers midi, la foule se disperse et évacue peu à peu la place Bir-Hakeim.
Mais pour la frange la plus dure des protestataires, cette fin de manif' a comme un goût d'inachevé. Alors, vers 16 heures, un nouveau cortège se forme, composé d'environ 150 personnes, et progresse vers l'avenue Alsace-Lorraine dans le but d'envahir la gare SNCF. Une trentaine de policiers de la Sécurité publique leur barre la route et tire deux cartouches de gaz lacrymogène pour les stopper. Après une demi-heure de face à face tendu et d'interruption du trafic des tramways, policiers et protestataires quittent les lieux...

Denis MASLIAH et Vanessa LAIME - Le Dauphiné Libéré

17.04.2008

Web et SMS: les armes de la mobilisation lycéenne

1899789128.jpg SMS pour la réactivité, vidéos pour la médiatisation et surtout blogs pour l'organisation: les lycéens mobilisés contre les suppressions de postes ont bien compris l'intérêt du web.

Cordélia Bonal et Raphaëlle Remande
LIBERATION.FR : jeudi 17 avril 2008

«Si des casseurs veulent profiter du blocus pour foutre le bordel dans le lycée, pas de problème, on s'envoit des textos et dans la demi-heure tous les lycéens du coin se ramèneront pour leur faire barrage», s'exclamait un lycéen de Cergy lors de la dernière manifestation mardi à Paris contre les suppressions de postes dans l'Education.

Un autre, venu de Gagny: «On bloquait tranquillement le bahut et les flics nous ont balancé des gaz lacrymos et des coups de matraque. On a tout raconté sur notre blog.» Deux commentaires parmi d'autres, révélateurs de la place que prennent dans le mouvement les portables et internet, déjà incontournables lors du mouvement anti-CPE.

Première arme, les SMS. Imparable pour prévenir en un temps record un maximum de personnes des actions en cours. Marouane Zaki, du syndicat lycéen la Fidl: «On prend contact dans les manifs avec les leaders de chaque lycée. Quand on veut les prévenir d'une action, comme mercredi quand on a bloqué la place de la Bastille, on envoit des milliers de SMS d'un coup à tous ces numéros via internet. Le bouche-à-oreille fait le reste.»

Lancés par des lycéens ou des enseignants, des dizaines de blogs servent de carnet de bord à la mobilisation. Hébergés pour la plupart sur la plate-forme Skyrock, leurs noms annoncent la couleur: «hécatombe à Jean-Macé», «génération révolte», «tous ensemble agissons»... Le vote des blocus, les rendez-vous pour les départs aux manifs ou les sit-in devant le rectorat, l'organisation du service d'ordre, les comptes-rendus d'AG ou qui apporte quoi pour le barbecue les soirs de blocage: tout y est consigné dans les moindres détails et débattu chaque jour.

«Un gros plus pour l'organisation»

Exemple, le blog «le point sur Fustel». Une présentation rouge et noire et une citation en exergue, «Bâtissez une école et vous fermerez une prison» (Victor Hugo): le ton est donné. C'est Adrien, un lycéen de 1ère S à Fustel-du-coulanges (Essonne) qui a créé le blog il y a deux semaines avec un ami. «Je me demande vraiment comment ils faisaient il y a 15 ou 20 ans, s'étonne-t-il. C'est un gros plus pour l'organisation.» Aujourd'hui, il compte lancer un portail consacré à la mobilisation dans toute l'Essonne: «Ça nous offre une super visibilité auprès des profs, mais aussi des autres syndicats. Grâce à ça, j'ai même eu des contacts avec le parti socialiste.»

Fort de son succès -de 100 à 150 visites par jour- le lycéen a mis en place un autre portail (fustelendeuil.skyrock). Pour lui, Internet, ce n'est pas seulement plus d'organisation, c'est aussi plus de démocratie: «Au lieu de prendre des décisions à quatre ou cinq en AG, on en discute sur le web via les commentaires.» Le lycéen passe trois heures minimum par jour à mettre à jour les sites. Mais ce qui lui plaît, c'est la convivialité du net: «Le soir des manifs, on peut regarder toutes les photos de la journée. Je suis sûre que la mobilisation est plus forte grâce à Internet.»

Pour Florent, en terminale S au lycée Sonia-Delaunay de Villepreux (Yvelines) et l'un des créateurs en février du blog «sonia en colère», l'intérêt est organisationnel mais surtout médiatique: «Le blog permet de montrer ce qu'on fait aux médias nationaux et non plus seulement locaux. Les lycéens qui hésitent à s'engager peuvent aussi voir qu'on crée quelque chose de solide.». Seul regret: «Les commentaires parfois peu constructifs qui n'incitent pas au débat.»

Autre exemple, le blog du lycée Gustave-Eiffel à Gagny, créé par un élève de 1ère au lendemain d'un blocage tendu le 29 mars. En plus du fil principal sur l'actualité du mouvement, largement commenté et actualisé chaque jour, deux autres espaces ont ouvert: un forum, où l'on débat ferme entre bloqueurs et anti-bloqueurs, et un blog de cours en ligne, alimenté par «les professeurs volontaires» pour permettre aux jeunes manifestants de ne pas trop perdre pied à l'approche du bac.

On y trouve aussi dans les commentaires des appels à l'aide comme celui de ce lycéen de Goussainville: «Bonjour, ça fait plusieurs semaines que j'essaie de mobiliser mon lycée mais ça ne prend pas, j'aurais besoin de conseils svp»

Tous ces blogs se renvoient les uns vers les autres ou sont référencés sur des sites comme celui du syndicat enseignant de la FSU, «Bahuts en lutte».

Vidéos et parodies

Autre plate-forme pour se tenir au courant entre lycéens et surtout pour afficher son soutien: Facebook. Il s'y crée des groupes comme «la fédération des bloqueurs invétérés», «bloqueurs et fiers», ou «Wanted: rendez-nous nos profs», le groupe de la Fidl.

Les lycéens, enfin, investissent Youtube et Dailymotion, avec l'idée qu'une vidéo percutante qui fera parler d'elle aura toujours plus d'impact que quelques tracts dans une manif. Parmi celles ayant obtenu un joli buzz, la série «sauvons nos options» par des élèves du lycée Bellevue d'Albi (qui ont également créé un site): ambiance très veillée funèbre avec un fossoyeur nommé Darcos. Ou «opération 77-227», parodie d'une célèbre pub pour un opérateur de renseignements téléphoniques (shorts, perruques et «toutouyoutou»). Des élèves et enseignants du lycée Emily-Brontë à Lognes y dénoncent les 227 suppressions de postes dans les lycées généraux de Seine-et-Marne (77) :

30.03.2008

Un lycée débloqué à coup de gaz lacrymogènes

Par Rue89    17H02    30/03/2008

Samedi, au lycée Gustave Eiffel de Gagny, en Seine Saint-Denis, des lycéens ont organisé un blocus de leur établissement, pour protester contre la suppression de postes de professeurs. Les CRS ont brisé leur action, en recourant à des gaz lacrymogènes. Les lycéens dénoncent d'autres violences. Sur cette vidéo, la personne qui s'interpose les bras écartés devant les Brigades départementales est un professeur:

Blocus Gustave Eiffel

 Autre vidéo, montrant le tir de lacrymogènes dans le lycée

video

Voici le témoignage d'un enseignant présent ce samedi matin, M. Martin:

"Ce matin, vers 7h30, quelques élèves ont démarré un blocus du lycée. Le nombre d'élèves massés chemin de la Renardière a augmenté jusqu'à 8h30. Ce blocus laissait, plus ou moins, passer les professeurs et les élèves souhaitant aller en cours. Des policiers de la ville de Gagny étaient présents. Vers 8h45, des professeurs ont pu discuter avec les élèves, leur proposant la tenue d'une AG lundi.

Vers 9h15, une deuxième brigade est arrivée (brigade départementale de sécurité). Ces policiers étaient casqués, armés (flash-ball et gaz lacrymogène). Ils ont directement chargé, en remontant le chemin de la Renardière afin de dissoudre le blocus ce qui a entraîné un mouvement de panique des élèves refluant vers le lycée. Il y a eu plusieurs allers et retours, plusieurs charges consécutives. De nombreux élèves ont été aspergés de gaz, un professeur a été molesté, des élèves ont reçu des flash-ball. Les pompiers ont dû intervenir. Un élève a été arrêté.

Tout ce ceci en dépit de la présence du proviseur et de quelques professeurs qui se sont interposés pour calmer la situation; ce qui était difficile compte-tenu de la violence des propos tenus par les membres de la brigade.

Vers 10h00, des professeurs ont réussi à convaincre les élèves de tous rentrer dans le lycée, tandis que la brigade se retirait. Une AG s'est tenue, sur les marches de l'escalier, à la suite de laquelle les élèves sont rentrés chez eux. Tous les présents ont été particulièrement choqués par la violence de cette répression injustifiée.

Les professeurs se sont réunis, en présence de quelques parents et élèves. Il a été décidé que les professeurs soient présents et se réunissent au lycée lundi dès 7h30. Des parents seront présents aussi.

M. le maire (et un adjoint) ainsi que l'inspecteur d'académie sont arrivés au lycée. La réunion s'est poursuivie en leur présence. A l'issue de cette réunion M. le proviseur et M. le proviseur adjoint se rendaient au commissariat pour récupérer notre élève."

26.03.2008

Au lycée Bergson, «on se met en quatre pour les élèves, et on nous met des bâtons dans les roues»

1749037531.gifFace aux suppressions de postes annoncées pour la rentrée, la mobilisation se poursuit dans les lycées. Exemple à Paris, dans le XIXe arrondissement. 

Cordélia Bonal
LIBERATION.FR : mercredi 26 mars 2008
 
Au lycée Bergson à Paris ce mercredi matin, les élèves ont droit à une pause bien plus longue qu'à l'ordinaire. Le temps pour une dizaine de leurs enseignants de se rendre au ministère de l'Education puis au rectorat pour dénoncer les suppressions de postes à la rentrée. Depuis plusieurs semaines, rassemblements et blocages se multiplient dans les lycées pour tenter de récupérer quelques postes.
 
A Bergson, le verdict est tombé en janvier: treize postes en moins, soit la suppression de deux classes de seconde (sur sept) et d'une des deux classes de terminale S. Un coup dur pour cet établissement réputé difficile, le seul lycée général du 19e arrondissement. L'équipe redoute précisément que la perte de plusieurs classes, en supprimant à terme des filières, ne conduise à la transformation des lieux en un énième lycée technique. Et de soupçonner le rectorat de vouloir «fragiliser certains établissements pour y faire passe les suppressions de postes comme une fatalité».

A Bergson, 450 élèves, 48% de réussite au bac, on fait souvent son lycée en quatre ans plutôt que trois, personne ne s'en cache. «C'est justement parce que nos élèves sont en difficulté et qu'ils ne sont pas aidés que nous avons besoin de les accueillir dans de bonnes conditions, dans des classes de 25, et en maintenant suffisamment de terminales», plaide Philippe Toury, qui enseigne la physique.

«Certes, dans la mesure où nous sommes moins attractifs que d'autres lycées du secteur, nos effectifs diminuent, reconnaît Florence Etesse, la prof de lettres. Mais de là à supprimer plusieurs classes... L'année prochaine, nous n'aurons qu'une seule terminale S, à 35 élèves. Ce qui veut dire que nous ne pourrons pas y accueillir à la fois les élèves de première et les redoublants de terminale. Comme les autres lycées sont déjà surchargés, je ne sais pas où ils vont se retrouver.»

Zina Medkouri, la prof d'anglais, voit son poste supprimé après seulement un an passé dans l'établissement. «C'est frustant, on se met en quatre, on s'investit pour que ces jeunes ne finissent pas dans la rue, et on nous met des bâtons dans les roues...»

«Le seul lycée général du coin»

Mis à part le soutien de la mairie et de la FCPE (fédération de parents d'élèves), l'équipe peine à mobiliser. Les parents d'élèves «travaillent trop pour avoir le temps de nous rejoindre», quant aux élèves eux-mêmes ils sont «mal informés», ont «d'autres préoccupations».

Si ailleurs les lycéens battent le pavé aux côtés de leurs profs, ici les quelques élèves regroupés sur le trottoir sont plutôt du genre fatalistes. Clémentine, en terminale ES, se demande «à quoi ça sert d'aller manifester», puisque «ici c'est le lycée le plus pourri de Paris, personne n'a choisit d'y venir. Enfin personne à part les profs». Le ton est donné.

Mehdi, dans la même classe, croit même savoir que «le lycée va fermer dans quelques années, on peut rien y faire». Ce qui tracasse tout de même le petit groupe: «C'est quand même le seul lycée général du coin. S'ils le ferment, ils vont aller où les prochains?» Mais quand à 10 heures les enseignants prennent la direction du ministère, sous les yeux apathiques de leurs élèves, il n'y a guère qu'une lycéenne pour leur lancer un «bonne chance!».

21.03.2008

Le gouvernement va aider l’école privée en banlieue

1722973661.jpgLe ministère de l'Education nationale s'apprête à dégager des budgets inhabituels pour favoriser l'essor de l'enseignement catholique dans les quartiers défavorisés, bousculant ainsi les règles traditionnelles de financement de l'école privée, dictées par le principe de laïcité. Un véritable Fonds d'intervention spécifique, dont Mediapart dévoile les détails, sera bientôt mis en place rue de Grenelle, pour subventionner la création d'une cinquantaine de classes dans les cités dès septembre 2008, dans le cadre du plan Espoir banlieue annoncé par Nicolas Sarkozy, le 8 février.

«Cette décision, prise en catimini, risque de déclencher un conflit majeur avec les professeurs du public, prévient Daniel Robin, responsable des questions de laïcité au Snes-FSU, principal syndicat du secondaire. Nous n'accepterons pas que l'Etat supprime des postes en masse dans les ZEP [zones d'éducation prioritaire] et finance parallèlement l'arrivée d'établissements catholiques ! Nous venons de faire grève, je le rappelle, contre la liquidation de 11.200 postes à la rentrée prochaine ! La dernière fois qu'un gouvernement a prétendu favoriser le privé, un million de Français sont descendus dans la rue...».

Critiquée pour sa concentration dans les centres-villes et sa mixité sociale défaillante (deux fois moins d'enfants boursiers que dans le public), le secteur privé sous contrat affichait depuis longtemps sa volonté de participer davantage à la lutte contre les inégalités, mais réclamait en contrepartie un coup de pouce budgétaire, des subsides supplémentaires. «Il faut nous faciliter la tâche», avait soufflé le nouveau "patron" de l'enseignement catholique, Eric de Labarre, lors de sa conférence de presse de rentrée 2007. C'est aujourd'hui chose faite.

Si le nombre d'établissements aidés par le « Fonds » reste limité, voire symbolique en 2008, la création de ce dispositif spécifique révèle la volonté présidentielle de faire bouger les lignes, et la détermination de l'école privée à «rénover» – plutôt redéfinir – ses relations avec les pouvoirs publics. «Nous sommes décomplexés», revendique aujourd'hui Fernand Girard, chargé du dossier auprès d'Eric de Labarre. «Nous aussi !», répond sans ambages un conseiller de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale...

Des modalités nouvelles de financement

Les deux parties viennent donc de trouver un terrain d'entente, sur les contours du Fonds et les modalités de son financement. Sans surprise, les pouvoirs publics verseront aux établissements concernés une subvention de fonctionnement proportionnelle au nombre d'enfants inscrits (le "forfait d'externat") – une contribution obligatoire depuis la loi Debré de 1959.

Mais l'Etat devrait également prendre en charge une sorte de "forfait d'internat", dans les cas où les élèves seront hébergés en pensionnat. Une petite révolution, puisque cette subvention particulière n'a jamais été prévue dans la réglementation Debré. En 1984, une loi l'avait exceptionnellement accordée à l'enseignement privé agricole, mais jamais les filières générales n'en avaient bénéficié. Comment le ministère compte-il donc s'y prendre, juridiquement, pour faire passer cette hardiesse ? Ne doit-il pas présenter un projet de loi ? «On regarde, ça n'est pas totalement bouclé», répond le conseiller de Xavier Darcos chargé de donner forme au nouveau dispositif avant le début du mois d'avril.

Par ailleurs, le Fonds assumera la rémunération des enseignants qui travaillent dans cette cinquantaine de classes. Une décision en conformité avec la lettre de la loi Debré, mais en contradiction avec une règle non-écrite, datant de 1985, qui précise que le nombre de professeurs alloués au privé dépend de la quantité attribuée au public. C'est la tradition dite du "80-20" : 80% des enseignants pour le public, 20% pour le privé. Quand le nombre de postes diminue dans le premier, il baisse en proportion dans le second. Une arithmétique déclinée inlassablement depuis plus de vingt ans. Or en créant le « Fonds », le gouvernement ébranle ce principe : les postes affectés à ce dispositif dépendraient d'une ligne budgétaire particulière, et viendraient s'ajouter aux 20% traditionnels. Leur nombre est faible, mais tout de même.

Fernand Girard, l'un des responsables de l'enseignement catholique, ne mâche d'ailleurs pas ses mots : «Le "80-20" n'est qu'une règle coutumière, qui ne figure dans aucune loi. Serions-nous au fin fond de l'Afrique ?! Nous sommes prêts à remettre tout ceci à plat. L'école privée ne travaille pas pour le catholicisme, pas pour remplir les églises, mais pour les jeunes de notre pays.» Dans le magazine confessionnel Famille chrétienne, Eric de Labarre déclarait aussi fin septembre : «Nous n'avons pas l'intention de nous laisser enfermer dans une logique de quotas.» Et glissait, en fin juriste : «La loi Debré est moins contraignante qu'on ne l'imagine trop souvent... ».

Sarkozy s'engage dès septembre 2007

La liste des ouvertures de classe soutenues par le Fonds sera donc bientôt fixée. Après que la direction de l'enseignement catholique a lancé en octobre un appel à candidatures, quelque 180 propositions sont remontées des diocèses ou congrégations. Fernand Girard, chargé d'effectuer un premier tri, devait proposer sa sélection ces jours-ci au cabinet du ministre. Parmi les heureux gagnants : sans doute des structures pédagogiques atypiques, dédiées aux élèves décrocheurs, telles que les Orphelins apprentis d'Auteuil ou les Ecoles de production de la région lyonnaise. Plusieurs établissements franciliens de centre-ville devraient par ailleurs inaugurer des annexes en ZEP, tandis que des collèges déjà implantés en banlieue baptiseront des classes supplémentaires. «Tout est ouvert», assure-t-on au cabinet de Xavier Darcos, «à condition que l'accent soit mis sur la mixité sociale. Ce n'est pas un cadeau que nous faisons au privé, plutôt un effort que nous lui demandons, dans le cadre de sa participation au service public d'éducation.» Fernand Girard, emballé, compte pousser l'avantage et précise qu'il demandera l'an prochain au ministère de revoir son plafond de 50 classes...

Mais comment ce projet a-t-il pu s'imposer? Dès 2006, au cours d'une convention UMP consacrée à l'éducation, Emmanuelle Mignon, alors directrice des études du parti, confiait en coulisses: « Il faut trouver un moyen pour que les familles de banlieue puissent bénéficier des savoir-faire des établissements catholiques et d'un vrai choix entre école privée ou publique.» En 2007, Nicolas Sarkozy reprenait l'idée dans son programme présidentiel sans donner de détails, puis la déclinait, une fois élu, dans sa lettre de mission à Xavier Darcos, en deux lignes: « Vous ne dissuaderez pas les établissements privés de s'installer dans des quartiers en difficulté, au contraire »... Le président de la République a finalement reçu les dirigeants de l'école catholique le 7 septembre, pour en discuter: « En ressortant de l'Elysée, on s'est dit : "Cette fois, ça y est ! Il va nous aider". Simplement, on se savait pas encore quelle forme ça prendrait », confie aujourd'hui Fernand Girard. Manquait surtout une opportunité politique, une fenêtre de tir. Le plan "Espoir Banlieue" l'a justement fournie.

Par Mathilde Mathieu MEDIAPART

15.03.2008

Les 1ère L à l'abattage ! Voire, à l'abattoir...

2065290147.jpgL’UNL s’indigne de voir que le calendrier des épreuves du Bac 2008 prévoit de faire passer aux 1ère L leurs trois épreuves dans la même journée, ce qui signifie pour les élèves concernés un temps de pause très réduit, à plus forte raison pour les candidats bénéficiant d’un tiers temps. Cette situation incongrue qui pénalise les lycéens intervient de plus dans un contexte de baisse des moyens financiers et humains de l’Éducation Nationale à la rentrée prochaine. L’UNL ne peut qu’exprimer son inquiétude pour l’avenir.

La volonté du Ministre de l’Éducation nationale de resserrer le calendrier des épreuves du Bac 2008 oblige les élèves de 1ère L à passer leurs trois épreuves anticipées le même jour (français, mathématiques, enseignement scientifique) soit plus de 7h d’épreuves dans la même journée. Cette organisation est clairement aberrante d’un point de vue matériel et même physique pour les candidats.

L’UNL pose également la question de savoir comment les candidats bénéficiant d’un tiers temps pourront assumer leurs 7h d’épreuves sans avoir pratiquement aucune pause. Des aménagements doivent impérativement être apportés au calendrier envisagé sans quoi le déroulement prévu des épreuves en juin risque de ne pas être tenable dans les établissements.

L’UNL exige que les lycéens puissent passer leur baccalauréat dans des conditions dignes avec un calendrier qui ne soit pas surchargé. Il s’agit d’un minimum que de garantir aux candidats qui passent cet examen, en première comme en terminale, qu’ils pourront le faire dans la sérénité et avec des temps de pause raisonnables. Ce n’est pas le cas dans la situation actuelle. Le Bac demeure pourtant le premier diplôme universitaire et son obtention un objectif important pour les élèves.

C’est dans ce contexte que l’UNL constate une nouvelle fois l’absence du ministre à la session du CNVL qui se déroule en ce moment, alors que ce CNVL aurait du permettre une explication devant les lycéens. Il s’agit malheureusement là d’une nouvelle illustration du manque de considération accordée par l’Éducation Nationale à l’avis des lycéens et de leurs représentants.

Floréale Mangin
Présidente de l’UNL