28.05.2008
Libéralisme...
R.: Il y a beaucoup de « libéralismes » différents. Par exemple, aux Etats-Unis, libéral veut dire de gauche. Nous, socialistes, nous sommes des libéraux au sens du libéralisme politique originel car nous sommes ardemment attachés aux libertés individuelles et démocratiques, à la liberté de pensée d'expression, d'aller et de venir, d'entreprendre, de voter, de mener sa vie, etc. Nous tenons à ces libertés parce que, sans elles, l'air devient vite irrespirable et la société se fige, mais aussi parce que nous les considérons comme nécessaires au combat pour la justice sociale. C'est le débat démocratique, ce sont les libertés syndicales, le droit de grève qui ont permis de faire avancer partout le sort des salariés et des plus démunis, même s'il a fallut lutter dur et arracher chaque conquête. Donc, pas question de jeter l'opprobre sur le mot lui même et, ce faisant de jeter par-dessus bord cette part de mémoire révolutionnaire à laquelle, dans l'histoire, le concept politique de libéralisme est attaché.
Mais si vous entendez par libéralisme cette conception de l'économie, je dirais même ce dogme ou cette idéologie, qui confie aux marchés, et aux marchés seulement, la régulation des sociétés, alors, oui, je pense que le libéralisme est l'ennemi de la justice sociale. Ennemi n'est d'ailleurs pas le mot adapté. Les marchés ont leur logique, le profit maximum. Ils ne sont pas porteurs d'un projet de société fût-il inégalitaire. Ils sont « une force qui va », insensibles aux conséquences sociales ou environnementales... »
Ségolène Royal, Maintenant, p.181-182
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05.05.2008
Madame la Marquise a vraiment de bonnes idées...
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09.04.2008
Rigueur or not rigueur ? Telle n’est plus la question
A défaut de pouvoir parler de rigueur (mot tabou), les experts de Bercy mijotent une hausse des impôts, sans doute la CRDS, pour combler le trou de la Sécu. Et les ministres du gouvernement Sarkozy cherchent à qui faire porter le chapeau. Au hasard, cela tombe sur le chouchou du président, Xavier Bertrand.
Les querelles sémantiques sur la rigueur ne sont pas d’actualité : depuis le discours de Nicolas Sarkozy à l’automne dernier pour les deux cents ans de la Cour des comptes, discours dans lequel il a annoncé qu’entre la rigueur et la croissance, il choisissait la croissance, plus personne dans la majorité présidentielle ne peut se permettre de parler de rigueur ou d’austérité.
Pourtant, maintenant qu’il est acquis que, en ce qui concerne la croissance, il faut circuler car il n’y aura pas grand chose à voir… et à ramasser, la question sur le fond et non pas dans les termes utilisés, d’une politique de rigueur façon 1983 ou 1995, est plus que jamais à l’ordre du jour.
La marche à l’austérité se fait d’ailleurs lentement, mais fermement. Après avoir admis que pour l’instant, les baisses de prélèvements obligatoires n’étaient pas envisageables, le gouvernement a décidé de centrer son discours sur la dépense publique. Plus particulièrement sur le travail d’expertise concernant le contenu des dépenses, qui s’appelle en ce moment la « Revue générale des politiques publiques » qui s’est appelé dans le passé les « Plans pluriannuels de modernisation » ou encore les « Stratégies ministérielles de réforme », preuve qu’à défaut d’autre chose, la bureaucratie reste maîtresse dans l’art de produire du jargon.
Ce travail devrait déboucher sur un maintien en euros courants des dépenses de l’État jusqu’à la fin de la législature, maintien qui ferait baisser automatiquement le poids des dépenses budgétaires dans la production. Or, sans modification de la législation fiscale, cela permettrait à peine à la France de satisfaire à ses engagements européens et de retrouver l’équilibre budgétaire à l’horizon 2012.
Dans ces conditions, l’action sur les recettes – c’est-à-dire une hausse des impôts – a de plus en plus de partisans dans la technostructure de Bercy. En ligne de mire, la CRDS, la contribution qui sert à rembourser les dettes de la Sécurité sociale.
Le transfert d’ici à l’été d’une partie du découvert de la Sécurité sociale à la CADES, la caisse qui gère la dette sociale, s’impose quasi automatiquement. Il s’agirait de faire porter par la CADES 10 milliards d’euros supplémentaires. Or, cette opération suppose que l’on donne à la CADES les moyens de faire face à cette nouvelle charge, moyens qui passeraient en priorité par une augmentation de ses ressources au travers d’un point supplémentaire de CRDS.
Malgré la pression des services, le cabinet d’Éric Wœrth ne veut pas, pour l’instant, en entendre parler. La position du ministre des comptes publics est nette : la sécurité sociale doit couvrir son déficit 2008 qui serait de près de 12 milliards par des économies. Position d’autant plus ferme qu’il pense ainsi mettre devant ses responsabilités le ministre des affaires sociales Xavier Bertrand.
Bête noire unanime de tous les occupants des postes ministériels à Bercy, Xavier Bertrand, chouchou avéré de l’Élysée, cherche à esquiver ce mauvais procès et déclare se considérer avant tout comme en charge de la réforme à long terme des retraites.
Un espoir discret sur l’inflation
Au final, on s’oriente vers une augmentation honteuse et brutale de la CRDS au mois d’août et vers un espoir étrange, celui de la reprise de l’inflation… Comme le répète à l’envie Charles de Courson, le célèbre député de la Marne et spécialiste des questions budgétaires, un point d’inflation rapporte 3 milliards de TVA… Bonne vieille inflation qui permet de prendre discrètement ce que l’on ne veut pas prendre « frontalement » par la rigueur…
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28.03.2008
Déficit, dette et croissance: les clignotants passent au rouge
L'Insee revoit à la hausse le déficit 2007 (à 2,7% contre 2,4% prévus initialement). Et le ralentissement de l'économie n'arrange évidemment pas les choses.
Le déficit public et l’endettement de la France se sont nettement aggravés l’an dernier malgré les discours longtemps rassurants du gouvernement, contraint désormais de réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2008 sur fond de crise internationale.
Le gouvernement a revu à la hausse son objectif de déficit public pour 2008, visant désormais 2,5% du PIB contre 2,3% prévu initialement. De son côté, l'Insee a revu à la hausse son estimation du déficit public en 2007, à 2,7% du produit intérieur brut (PIB), contre 2,4% initialement prévu par le gouvernement, pour un total de 50,3 milliards d’euros. En 2006, il a été ramené à 2,4% du PIB (contre 2,5% précédemment), a indiqué vendredi l’Insee.
Dans le même temps, la dette publique a augmenté de 5,2% à 1.209,5 milliards d’euros fin 2007, soit 64,2% du PIB, un niveau bien supérieur au maximum de 60% autorisé par l’Union européenne. En 2006, la dette avait progressé de seulement 0,4% pour un taux de 63,6% du PIB.
Selon le ministre du Budget, Eric Woerth, qui martèle son attachement à la «maîtrise des dépenses publiques» depuis son entrée en fonction, l’aggravation du déficit public est principalement liée à un «dérapage des dépenses des collectivités locales» de l’ordre de 0,2 point de PIB.
«Il y a une augmentation du rythme de dépenses des collectivités locales» qui «ne dégagent pas suffisamment d’autofinancement pour financer leurs investissements, il y a un vrai problème», a estimé M. Woerth, qui a souvent accusé les régions, majoritairement socialistes, de laisser filer le déficit.
Plusieurs économistes soulignent toutefois que ce nouveau creusement du déficit s’explique aussi par les dépenses de fonctionnement qui ont augmenté de plus de 12 milliards d’euros l’an dernier.
Cette augmentation de 3,6%, «nettement plus que l’inflation», «montre bien que la puissance publique fait moins d’efforts qu’elle ne le prétend pour améliorer sa gestion», estime Nicolas Bouzou (Asterès).*
«Quant au déficit des collectivités locales (7,2 milliards d’euros), il est certes très fort mais il émane au moins en partie de transferts de dépense de l’Etat», poursuit M. Bouzou, jugeant que «l’Etat central ne devrait pas s’exonérer de sa responsabilité dans cette dégradation».
Une dégradation qui survient malgré un reflux du déficit de la Sécurité sociale (-1,6 milliard, soit deux fois moins qu’en 2006).
Les rentrées fiscales ont également pesé sur le déficit, le taux des prélèvements obligatoires ayant diminué de 0,4 point, à 43,5% du PIB en 2007, en raison de la progression modérée des impôts (+3,1%) freinée en particulier «par la baisse de l’impôt sur le revenu payé par les ménages», selon l’Insee.
En septembre 2007, Eric Woerth avait promis que la France tiendrait son engagement européen de ramener le déficit à 2,4% en 2007 et à 2,3% cette année.
Il en est aujourd’hui réduit à prévenir que «dans un contexte économique extrêmement difficile, les finances publiques ne peuvent pas être en équilibre en 2010». Un aveu gênant au moment où la France s’apprête à prendre la présidence de l’Union européenne.
Sa tâche sera d’autant plus difficile que la croissance 2007 s’est contentée d’un maigre 1,9% alors que le budget avait été bâti sur une hypothèse de 2,25%.
Et malgré l’optimisme affiché durant des mois face à la crise internationale, le gouvernement a finalement dû se résoudre à une révision à la baisse pour 2008, entre 1,7% et 2%.
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*phrase mise en caractères gras par l'auteur de ce blog
17:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : économie, lagarde, fillon, gouvernement, crise, collectivités
21.03.2008
Michel Aglietta: "Une crise aussi grave que celle de 1929"
La crise du système financier américain, enclenchée depuis le mois d’août, a pris ces cinq derniers jours un caractère dramatique, de l’avis des plus grands responsables économiques de la planète.
Traversant sa "plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale", selon l’ancien président de la banque centrale américaine Alan Greenspan, la finance mondiale fait aujourd’hui face à un "risque de rupture", pour le patron du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn. Comment en est-on arrivé là? Sommes-nous au début d’une grave crise économique?
Le mécanisme de la panique bancaire aux Etats-Unis. La chute de Bear Stearns, cinquième banque d’affaires des Etats-Unis, a soudainement accéléré la décomposition d’un système financier qui n’en finit pas de digérer ses excès. Alors qu’il y a une semaine, son PDG Alan Schwartz déclarait que Bear Stearns ne connaissait "aucune pression sur ses liquidités et encore moins une crise de liquidités", la prestigieuse maison, vieille de 87 ans, s’est effondrée en trois jours.
Vendredi, constatant qu’elle ne pouvait plus assurer ses obligations de paiement, elle s’est placée sous perfusion de la Banque centrale américaine. Dimanche soir (!), elle était rachetée par sa concurrente JP Morgan pour une somme dérisoire (2 dollars par action, contre un cours de 100 dollars il y a trois mois) lors d’un sauvetage rocambolesque organisé en urgence par le gouvernement américain, la Banque centrale et les deux banques en un week-end.
Pourquoi les autorités ont-elles montré tant d’empressement? Parce que la structure du système financier mondial est celle d’un château de cartes. Les grandes institutions sont inextricablement liées par les prêts qu’elles se consentent mutuellement. Que l’une vienne à faire défaut, et ce sont toutes ses créancières qui sont fragilisées, acculant les plus faibles à la faillite, et ainsi de suite, en quelques heures.
C’est ainsi que Bear Stearns a sombré au lendemain de l’annonce de la faillite du fonds coté de Carlyle, ce "hedge fund" (fonds spéculatif) qui finançait ses opérations auprès, entre autres, de Bear Stearns. Afin d’éviter la poursuite de "l’effet domino", il était nécessaire que Bear Stearns pût, coûte que coûte, assurer ses obligations de paiement, ce qui passait par son adossement à un acteur aux reins plus solides.
Aux racines de la crise: l'encouragement à l'immobilier. Dans les milieux économiques, il est de bon ton de blâmer les responsables de la politique monétaire (Ben Bernanke aux Etats-Unis, Jean-Claude Trichet en Europe), alors qu’ils ont jusqu’à présent, et particulièrement aux Etats-Unis, joué un rôle remarquable et évité que le pire ne se produise. On reproche en particulier à la Banque centrale américaine, et à son ancien président Alan Greenspan, d’avoir alimenté la bulle immobilière en laissant les taux d’intérêt trop bas (1% en 2003).
En réalité, la crise financière est dans une large mesure de la responsabilité politique de l’administration Bush, et viendra encore noircir un bilan déjà bien piteux. Pour le comprendre, il faut revenir sur la source des maux de l’économie américaine.
La crise, on le sait, vient du secteur immobilier. Ici, des courtiers sans scrupule ont accordé des prêts léonins à des ménages qui n’avaient pas les moyens de devenir propriétaires de leurs maisons.
Ce système a été non seulement toléré, mais encouragé par l’administration américaine, via un ensemble de subventions et de garanties apportées aux emprunteurs. Citons, pêle-mêle: la détaxation des intérêts d’emprunt, la détaxation des plus-values immobilières, une garantie d’Etat apportée aux emprunteurs fournissant un apport personnel trop faible, ainsi que la suppression de toutes les régulations dans le secteur du crédit immobilier.
Chacun, dans la "ownership society" chère au président Bush, devait pouvoir devenir propriétaire de sa maison; tous les moyens étaient bons! Slogan foncièrement démagogique: dans une société où les 10% les plus riches ont 48% des revenus (ce qui est le niveau le plus élevé jamais atteint aux Etats-Unis depuis… 1928) et les 10% les plus pauvres seulement 2%, il est mathématiquement impossible que chacun ait les revenus suffisants pour être propriétaire de sa maison...
Il n’empêche. Les exhortations présidentielles et les politiques incitatives qui les accompagnaient ont alimenté une bulle spéculative.
Tout allait très bien, tant que les prix de l’immobilier montaient, et que tout le monde anticipait leur hausse. Les ménages propriétaires pouvaient alors faire valoir auprès de leur banquier que la valeur de leur habitation s’accroissait, donc que leur richesse augmentait, donc qu’ils pouvaient emprunter davantage. C’est ainsi qu’ils contractaient de nouveaux prêts gagés sur la valeur de leur maison pour consommer, ou tout simplement pour s’acquitter des mensualités de leurs autres crédits!
Sommes-nous de retour en 1929? Ce système était voué à la faillite dès le retournement des prix de l’immobilier, ce qui s’est produit au cours de l’année 2006. Rapidement, la valeur des habitations est devenue inférieure, pour de nombreux ménages, au montant du prêt qu’ils devaient encore rembourser.
De gré ou de force, ils ont alors dû céder leur habitation à leurs créanciers. Une fois tombées dans l’escarcelle des banques, les maisons ont été remises immédiatement en vente, accentuant la baisse des cours immobiliers...
Cette spirale baissière a également affecté tous les titres financiers qui avaient été construits à partir des crédits immobiliers. Les actifs des banques et de tous les investisseurs les plus exposés à l’immobilier ont ainsi fondu comme neige au soleil. Voilà comment le château de cartes a été ébranlé.
Aujourd’hui, sans l’intervention des autorités américaines, le système bancaire s’effondrerait entièrement. La crise, comme nous le dit Michel Aglietta, professeur de sciences économiques à Nanterre, est dans ses mécanismes et ses effets cumulatifs, aussi grave que celle de 1929. (Voir la vidéo.)
Ses premières conséquences réelles commencent à se faire sentir brutalement. Au lendemain de son rachat par JP Morgan, Bear Stearns a exprimé l’intention de se séparer de 7 000 salariés, soit la moitié de ses effectifs. Que va-t-il se passer maintenant?
La différence avec 1929 réside dans la réactivité des autorités. Alors qu’il avait fallu attendre l’entrée en fonction de Roosevelt en 1933 pour que le gouvernement s’attaque sérieusement à la crise, en prenant les commandes des banques, la Banque centrale américaine et le gouvernement semblent aujourd’hui déterminés à empêcher, par tous les moyens, une aggravation de la situation et la multiplication des faillites.
Concrètement, cela signifie que les pertes réalisées par les banques seront socialisées, c’est-à-dire assumées in fine par l’Etat, comme l’ont été celles de la Northern Rock en Grande-Bretagne.
16:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, gouvernement, états-unis, crise
18.03.2008
Voila comment on va finir :
Il fallait s’y attendre. Au fur et à mesure que les mesures du « marché » s’avèrent incapables d’enrayer la crise systémique qui s’est révélée depuis l’été 2007, de plus en plus de voix se tournent vers les pouvoirs publics pour exiger qu’ils refinancent purement et simplement les faillites provoquées par les subprimes et autres produits structurés toxiques que les grandes banques et fonds d’investissement ont fourgués depuis quelques années à l’ensemble du système monétaire international.La Fed fera donc un prêt de 28 jours à JP Morgan, habilitée en tant que banque commerciale à recevoir ce genre de prêt, qui le re-prêtera à Bear Stearns, banque d’affaires. A ce stade-ci, cependant, c’est l’indépendance de cette banque dont il est question, car, comme l’a souligné un banquier de New York cité par le Figaro-économie : « 70% de son bilan, » composé essentiellement d’instruments financiers adossés à des crédits hypothécaires à risque,« n’est pas refinançable actuellement sur le marché » !
Mais ce sont les déclarations de John Lipsky, délégué général adjoint du FMI, lors d’une conférence de l’Institut Peterson d’économie internationale à Washington, qui sont particulièrement inquiétantes : car il formule, pour la première fois explicitement, la proposition que des fonds publics, et donc les contribuables, viennent en aide au système financier à la dérive.
Il faut « envisager l’impensable, » a-t-il dit, même si le scénario d’un effondrement du système financier mondial reste « improbable ». « Il ne fait guère de doute que les risques d’escalade de la crise s’intensifient et que des mesures déterminées soient nécessaires pour stabiliser le système financier et l’économie du monde. » Dès lors que « les solutions du marché ont été épuisées, » a-t-il continué, « nous devons garder toutes les options sur la table, y compris l’utilisation potentielle de fonds publics pour conforter le système financier ». « Le Fonds est également prêt à utiliser ses liquidités record, si nécessaire, pour aider à amortir [l’impact de la crise] sur l’économie mondiale. »
LU ICI
11:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, crise, krach, subprimes
17.03.2008
Crise systémique globale - Fin 2008 : Déroute des fonds de pension
- Communiqué public GEAB N°23 (15 mars 2008)
Parallèlement, dans ce GEAB N°23 (sur abonnement), LEAP/E2020 anticipe les prochains mois de cette crise systémique globale qui est désormais une évidence pour tous, s'attachant à anticiper les effets pervers des prêts de la Réserve fédérale américaine qui sont en train de fragiliser encore plus l'ensemble du système financier américain, et analysant les risques à venir qui pèsent sur les établissements bancaires aux Etats-Unis et dans certains pays européens particulièrement exposés. Parallèlement notre équipe analyse l'impact de la crise économique et financière US actuelle sur les probabilités et les conséquences d'une attaque de l'Iran par Israël et les Etats-Unis avant les prochaines élections présidentielles américaines.
En tout état de cause, avec l'annonce d'un plan de sauvetage d'urgence de la cinquième banque d'affaires US, Bear Stearns (1) (prélude à sa vente ou à sa mise en liquidation dans les prochaines semaines), on assiste bien à la faillite d'un grand établissement financier dès le premier trimestre 2008, comme anticipé par notre équipe dans le GEAB N°19 (2).
Simultanément, le Dollar US a repris sa chute libre par rapport à l'Euro, au Yen, au Yuan; l'or est à plus de 1.000 USD/once, le pétrole à plus de 110 USD/baril, les bourses mondiales en baisse de 20% en un trimestre, et la dernière tentative de stopper la crise financière avec le prêt de 200 Milliards USD aux banques par la Réserve fédérale américaine a déjà montré qu'il avait échoué ... tous les fondements de l'ordre économico-financier de ces dernières décennies s'écroulent sous nos yeux, à un rythme de plus en plus rapide. Ce sont bien tous les signes d'une crise systémique (3).
La prise de conscience désormais généralisée que le monde fait face à une crise d'une ampleur et d'une nature nouvelles permet déjà à nos chercheurs d'affiner certaines de leurs anticipations. Ainsi, en ce qui concerne les devises, notre équipe a entrepris de revoir ses estimations sur la valeur du Dollar US par rapport aux trois autres monnaies mondiales stratégiques, à savoir l'Euro, le Yen et le Yuan. Ainsi, LEAP/E2020 estime désormais que le taux EURUSD atteindra 1,75 à la fin 2008 (au lieu de 1,70 comme l'avait anticipé notre équipe dès 2006) ; le taux USDYEN tombera à 90 et le taux USDYUAN à 6 (4).
Dans cette même logique, la Réserve fédérale d'Atlanta fait oeuvre utile en diffusant gratuitement un DVD intitulé « Se préparer à la crise : reconnecter son flux financier vital » (« Crisis Preparedness: Reconnecting the Financial Lifeline »), qui permet aux opérateurs de toute nature d'anticiper la crise, et donc de mieux s'y préparer (8). Dans la perspective de la phase d'effondrement de l'économie réelle aux Etats-Unis, prévue pour Septembre 2008 par LEAP/E2020 (9), ces conseils officiels prennent tout leur sens. Notamment, comme nous le soulignons depuis des mois, en cas de crise grave, « le liquide est roi » (« Cash becomes king » comme le répète ce DVD), et ce que la crise soit liée à un désastre naturel ou provoqué par les hommes comme l'illustre parfaitement le fait que les assureurs américains ont désormais perdus plus d'argent à cause de la crise des subprimes qu'à cause du cyclone Katrina, pourtant le pire désastre naturel de l'histoire des Etats-Unis (10).
Notes:
(1) Source : Reuters, 14/03/2008
(2) Nous avions annoncé Février 2008 dans le GEAB N° 19, et c'est finalement le 14 Mars que cette première banque américaine aura fait défaut. Nous rappelons par ailleurs que désormais, selon notre anticipation de Novembre 2007, d'autres banques américaines, européennes et asiatiques vont suivre.
(3) D'ailleurs CNN/Money ne s'y trompe pas qui titre son dossier spécial : « Problème N°1 : L'argent de l'Amérique ». Source : CNN/Money. Car en effet, à la base, il s'agit bien de cela : l'évaporation pure et simple de milliers de milliards de dollars US accumulés de manière illusoire ces dernières années dans les comptes d'établissements financiers, d'entreprises, de particuliers et de gouvernement, à travers toute la planète. C'est ce qu'avait précisément notre équipe dans les premiers GEAB dès le début de l'année 2006.
(4) LEAP/E2020 souhaite souligner que si les Etats-Unis et Israël lancent une attaque sur l'Iran cette année, nos estimations, développées dans le GEAB N°23, sont encore plus négatives pour la valeur du Dollar US d'ici la fin 2008. Et concernant les rumeurs d'une action concertée des banques centrales pour mettre fin à la chute de la devise américaine, soyons clairs, elles n'ont aucun fondement : une telle action ne peut plus être mise en œuvre, les banques centrales ayant des intérêts désormais divergents du fait du découplage entre les grandes régions économiques mondiales, comme l'a anticipé LEAP/E2020 depuis plusieurs mois. L'effondrement du Dollar US se nourrit de l'entrée en récession de l'économie américaine et d'une dévaluation connexe d'environ 50% par rapport aux autres grandes devises.
(5) Monnaies du Dollar Index : Euro, Yen, Dollar Canadien, Livre britannique, Franc suisse et Couronne suédoise. Si le Yuan chinois était intégré à cet index sa chute serait encore plus forte.
(6) Il y a même désormais des sites web qui se spécialisent sur le sujet, par exemple Depression2.TV dont le sous-titre est éloquent : « Survivre à la Seconde Grande Dépression ».
(7) Extrait du communiqué posté sur le site EconomicIndicators.Gov : « ... l'ESA (Economics and Statistics Administration) avait initialement prévu de cesser le service (de publication des indicateurs) pour des raisons budgétaires, mais face aux réactions reçues par l'ESA, la décision a été prise de continuer le site ... ».
(8) Source : Banking Information, Federal Reserve Bank of Atlanta (pour commander le DVD auprès de la Fed d'Atlanta, voici le lien direct ici)
(9) Voir GEAB N°22
(10) Source : Bloomberg, 14/03/2008
13:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, crise, fonds de pension, retraites



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