13.02.2009
L'Etat français et les territoires d'Outre-Mer
Vie chère, isolement, misère sociale, chômage important, inégalités criantes, peur de la perte d'une identité particulière dans un cadre mondialisé, autant d'éléments qui ont fait émerger une contestation populaire, porteuse de revendications bien plus que légitimes.
Au-delà de la crise économique et de ses conséquences, ces territoires connaissent des difficultés structurelles qui demandent un projet d'envergure bâti sur le long terme. Et cela sera d'autant plus nécessaire pour préparer la reconnaissance de Mayotte comme département français (le 5ème d'Outre-mer), où des efforts importants sont à produire.
Malgré une population jeune, formée, motivée, une économie dynamique (avec un taux de croissance qui peut atteindre 5% comme à l'Ile de La Réunion), des richesses naturelles et culturelle exceptionnelles, malgré les efforts des collectivités pour gérer la question sociale et porter des projets structurants, il est difficile de gommer l'éloignement et les coûts induits, l'absence d'insertion dans l'environnement géographique, l'exiguité du territoire, l'incapacité d'exporter la production locale même si elle est de qualité, de permettre à tous les jeunes diplômés arrivant sur un marché du travail saturé de trouver un emploi, et difficile de mettre fin aux monopoles de fait.
L'Union européenne apporte un soutien fondamental à la production locale et au financement des projets structurants par le FEDER, grâce au statut particulier qui est reconnu aux Départements d'Outre-Mer au travers de l'article 299§2 du TCE traitant des Régions Ultra-Périphériques.
L'Etat devrait d'ailleurs s'inspirer de cet engagement pour leur assurer un développement pérenne, en axant sa politique sur la formation, l'insertion dans l'environnement géographique, l'approfondissement de la réflexion sur la continuité territoriale et le prix des billets d'avion, la valorisation de la production locale, la maîtrise foncière et la construction de logements, le soutien aux petites entreprises qui en constituent le vivier, sur la politique touristique, sur la reconnaissance de leurs histoires et de leurs identités particulières. Il est d'ailleurs nécessaire de faire un effort éducatif important, la méconnaissance est criante.
Il est impératif de travailler à la réduction des inégalités sociales, particulièrement marquées sur ces territoires.
L'Outre-Mer est la perle de la France. N'ignorons pas les attentes de ces populations, métissées, actrices d'une diversité culturelle exceptionnelle, qui en sont la plus grande force et la plus grande richesse et qui sollicitent simplement l'égalité républicaine.
J'irais bien militer à La Réunion (où un collectif rassemblant syndicats, partis politiques, associations a organisé une manifestation le 05 mars prochain), et me ressourcer un peu au chaud...
19:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.02.2009
Besson aussi con qu'Hortefeux...
Je ne me faisais pas d'illusions sur la nomination d'Eric BESSON en tant que Ministre en charge de l'Immigration.
Il n'a pas fallu attendre longtemps pour l'entendre sortir deux formidables conneries : la dénonciation par les personnes en situation irrégulière de ceux organisant et profitant des filières clandestines en contrepartie d'un titre de séjour et la mise en oeuvre effective du test ADN dans le cadre du regroupement familial (discutée en réunion interministérielle le 18 février prochain).
Encore une logique inique et insupportable de la part de ce Gouvernement, qui n'a aucune vision sur les flux migratoires, qui ne traite l'immigration que comme un problème et comme source de problèmes, et qui avance des mesures ridicules, déplacées et qui ne fait avancer en rien la question.
Eric BESSON ferait beaucoup mieux de s'intéresser au codéveloppement car quelques inquiètudes apparaissent parallèlement à la diminution des sommes envoyées par les migrants à leur famille dans leur pays d'origine. Celles-ci sont considérables, sont souvent supérieures à l'aide au développement et représentent pour certains pays une part importante de leur PIB (presque 20% par exemple à Haiti).
Ces transferts permettent non seulement d'accéder aux produits de première nécessité mais participent au développement économique de ces pays et à l'investissement. Si ceux-ci diminuent, ce serait une catastrophe et les populations se retrouveraient en grande difficulté.
Les enjeux se situent beaucoup plus sur l'accueil des migrants, leur accompagnement, la reconnaissance de l'apport à la société française, leur participation active à la vie citoyenne, les dialogues interculturels et le développement économique et social des pays d'origine.
Le combat continue, à nous de montrer qu'une autre politique peut être menée, fondée sur l'humanisme, le respect mutuel, l'engagement pour un développement équilibré, et un esprit internationaliste.
00:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.02.2009
Incroyable, tout simplement incroyable...
C'est un garçon plein d'idées le petit Nicolas...
Dernière en date : suppression de la taxe professionnelle dès 2010 pour garder les usines en France.
Dont acte. Comment pensez-vous la compenser ? "On verra". Est-ce de l'irresponsabilité, de la bêtise ou de l'idéologie pure et dure ?
Les collectivités territoriales, qui assurent près de 75% des investissements publics en France, qui sont en première ligne dans un contexte de crise économique et sociale extrêmement importante, qui à la fois la subissent et sont sollicitées par l'Etat lui-même pour y faire face, n'ont aucune visibilité sur leurs recettes fiscales et sur leur autonomie financière, garantie par la Constitution.
Et ce ne sont pas de petites sommes qui sont en jeu : plusieurs milliards d'euros ne bénéficieraient plus aux collectivités.
Nicolas SARKOZY a décidément la vilaine manière de mépriser les élus locaux et de ne pas se soucier de l'importance de l'action des villes, départements, régions et intercommunalités.
Au lieu de prendre à bras le corps la question de la réforme de la fiscalité locale, en même temps que celle de la réforme territoriale, avec des enjeux fondamentaux comme la péréquation, l'équilibre entre les efforts des ménages et des entreprises, la prise en compte des revenus des premiers, le Président décide encore une fois sans concertation.
Par quoi compenser cette perte : par une nouvelle taxe ("carbone" peut-être) ? une contribution plus importante des ménages ? une dotation de l'Etat ? Tout cela n'est pas satisfaisant car il n'y a ni méthode ni logique.
Le MEDEF et la CGPME ont d'ailleurs averti qu'ils n'accepteraient pas l'apparition d'un nouvel impôt sur les entreprises. Ca promet...
Par ailleurs, je ne suis pas certain que ce soit le montant de la taxe professionnelle qui fasse fuir les entreprises à l'étranger. Je pense qu'elles tiennent également compte du montant que représentent les charges sociales, du niveau de croissance, des perspectives de débouchés, de la diversification de l'activité.
S'il faut effectivement retravailler sur l'impôt économique, il est malsain de le faire aussi brusquement, dans le cadre d'une réflexion aussi simpliste.
Il a pas fini de nous emm...étonné !
01:19 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


