Peu de bruit, et pourtant c'est une petite révolution: la circulaire de rentrée du ministère de l'Éducation nationale consacre un paragraphe entier à la lutte «contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie.» Pas de quoi se pâmer dira-t-on, ce n'est qu'un bout de papier. Voire. Si la communauté éducative s'en saisit, cette circulaire peut s'avérer prometteuse.
«Sphère privée!» Encore récemment, il était bien difficile de parler d'orientation sexuelle à un responsable académique. L'homophobie à l'école? Connaît pas. Laïcité et lutte contre le prosélytisme(!) ont longtemps servi de prétexte à une politique de l'autruche. Si l'hétérosexualité s'affiche sans complexe à l'école — nul ne s'en offusque —, l'homosexualité, elle, devait rester une affaire privée.
Résultat: les injures «pédé» et «tapette», extrêmement courantes dans les cours de récré, donnent trop peu souvent lieu à des interventions. La majorité des recteurs d'académie s'est longtemps opposée à délivrer des agréments aux associations qui interviennent en milieu scolaire sur l'homophobie, alors que la plupart des grandes organisations anti-racistes sont agréées depuis longtemps, à raison*. Les cours d'éducation à la sexualité, quand il existent, restent focalisés sur la fonction reproductive, et n'abordent pas la question de l'homosexualité.
Or, il y a urgence. L'Inter-LGBT le rappelle dans un communiqué publié aujourd'hui: «Selon une étude de l'INVS parue en juin 2007 portant sur 6184 hommes homosexuels, il y a cinq fois plus de tentatives de suicide chez les jeunes homosexuels que chez les jeunes hétérosexuels: 32% des homosexuels de moins de 20 ans ont tenté de se suicider! D'après un rapport de Dominique Versini, défenseure des enfants, 10% des tentatives de suicide des filles âgées de 15 à 24 ans seraient liés à la difficulté de vivre son homosexualité.»
Parler d'homophobie à l'école, engager des actions de prévention des comportements discriminatoires, offrir une écoute aux jeunes en recherche de leur identité sont donc des nécessités d'intérêt général et de santé publique.
Jusqu'à présent, la lutte contre l'homophobie était évoquée dans des circulaires spécifiques à la lutte contre le sida ou à l'éducation à la sexualité, mais sans être réellement lues ou appliquées. Aujourd'hui, la lutte contre l'homophobie est inscrite noir sur blanc comme une priorité de rentrée : nul recteur et nul chef d'établissement ne pourra prétendre l'ignorer.
Quid des moyens? En hissant la lutte contre l'homophobie au rang des priorités de rentrée, le ministère place la barre haute, pour lui-même. La communauté éducative est souvent de bonne volonté, comme en témoignent les associations qui, avec ou sans agrément, sont de mieux en mieux accueillies dans les lycées par des infirmières et des enseignants soulagés de trouver une expertise sur des sujets qu'ils avouent eux-mêmes mal maîtriser.
Reste donc à donner les outils et les formations nécessaires, pour que la mobilisation de tous les acteurs concernés soit au rendez-vous. C'est tout l'enjeu des discussions actuelles que nous menons avec le ministère. Et ce sera surtout l'enjeu central de la Marche des fiertés lesbiennes, gaies bi et trans 28 juin prochain. Mot d'ordre: «Pour une école sans aucune discrimination!» (Dossier de presse disponible)
* Le seul agrément académique accordé à une telle association — SOS homophobie en l'occurrence, pour l'académie de Versaille —, est aujourd'hui attaqué par une association catholique…


Cafouillage et désinvolture avec laquelle l'Elysée à traité une partie des anciens combattants et de leurs familles.
publié en ligne : 29 mai 2008
que la Grande-Bretagne suspende toute procédure d’expulsion à l’encontre de Mme N. et lui délivre un titre de séjour pour raisons médicales,
«De quel droit le ministère de l’éducation fait-il remplir ces fiches qui interrogent sur la nationalité, les conditions de vie à la maison, sous prétexte d’évaluations pédagogiques?» s'indigne une parent d'élève. Questionnaires diffusés aux élèves et aux parents dans les Pyrénées atlantiques, injonctions chiffrés de l’académie de Besançon concernant les redoublements. Alors que les enseignants comptent les suppressions de poste à la rentrée prochaine, le ministère de l’Education ne renonce pas à ses objectifs statistiques.
Mauvaise surprise pour un chômeur de Montpellier. L’ANPE locale lui propose un CDD d’un jour... à Sartène, en Corse, à près de 500 km de chez lui. Une mésaventure qui relance le débat sur la définition d’une "offre d’emploi raisonnable", notion qui doit figurer dans la future loi sur l’indemnisation des chômeurs.



Une catastrophe est en marche, plus grave que les nouveaux programmes de l'école primaire ou les suppressions de postes qu'on dénonce dans la presse ou dans la rue. Il sera facile, en effet, de revenir sur ces mesures.