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31.05.2008

Sarkozy aux Invalides:

1212583304.jpgCafouillage et désinvolture avec laquelle l'Elysée à traité une partie des anciens combattants et de leurs familles.

Le ministère de la Défense vient de mettre en ligne sur son site internet un reportage télé consacré à la prise d'armes présidée par le Chef de l'Etat, le 21 mai aux Invalides, "en hommage aux trente ans des opérations extérieures" et de Kolwezi. On peut également écouter l'intégrale du discours prononcé par le président de la République sur le site de l'Elysée. (Photo: Elysée)

Ce que vous ne verrez pas sur ces vidéos, c'est le cafouillage de cette cérémonie et la désinvolture avec laquelle l'Elysée à traité une partie des anciens combattants et de leurs familles. Depuis le 21 mai, les témoignages accablés et les regrets attristés se multiplient. Voici comment les choses se sont (mal) passées.

L'idée de la cérémonie, à l'occasion du trentième anniversaire de l'opération de Kolwezi, était d'évoquer trente ans d'opex au travers de sept "tableaux". La Présidence se demanda d'abord s'il était vraiment judicieux d'y inclure l'Afghanistan "étant donné le contexte"... Finalement, on choisit de le faire, mais il aurait peut-être mieux valu s'en abstenir ! La cérémonie était un peu longue: à chaque tableau, une section entrait dans le cour d'honneur des Invalides en chantant. La majesté d'une cérémonie militaire nécessitant plus de temps qu'un clip, les conseillers de l'Elysée s'impatientèrent. Ils demandèrent aux organisateurs d'accélerer le tempo, passant à la trappe des évocations et demandant aux troupes de faire vite. Du coup, le chant des uns s'emmêla à celui des autres...

Le chef de l'Etat devait ensuite remettre des décorations à d'anciens combattants. Il expédia la chose, sans un mot de sympathie. L'un d'eux - dont nous avons eu le témoignage - se demanda sur le moment "pourquoi le président lui en voulait personnellement... Je n'ai jamais croisé son regard." Il était enfin prévu que le Président aille voir les familles de morts ou de blessés dans les Opex, qui étaient regroupées à l'angle Nord-Est de la cour. Las ! "D'un pas pressé vers la sortie", raconte un témoin, "il est passé devant elles sans un regard". Certaines familles étaient venues de province, à leur frais. Un officer de haut rang, qui assistait à cette prise d'armes avoue en est reparti "déçu et consterné".

Ce cafouillage - qui peut s'expliquer par des contraintes d'emploi du temps et le zèle de conseillers - n'est malheureusement pas une première. Lors de son déplacement aux Glières, le 18 mars dernier, le comportement du président de la République a surpris de nombreux participants. S'adressant à d'anciens maquisards au garde-à-vous devant lui, il leur parla de son épouse Carla... Enfin, alors que la question des médailles (très délicate dans ce milieu) était évoquée par une personnalité locale qui demandait l'attribution d'une dizaine de Légion d'honneur à d'anciens résistants, Nicolas Sarkozy lâcha, souriant : "Je vous en donne quinze. Vous êtes content?" Fermez le ban.
 

30.05.2008

La Cour Européenne des Droits de l’Homme autorise la condamnation à mort des séropositifVEs étrangerEs

1339312798.jpgpublié en ligne : 29 mai 2008

Le 27 mai 2008, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a estimé qu’expulser une personne séropositive vers un pays où elle ne pourrait pas avoir accès aux médicaments et aux soins n’était pas contraire aux droits humains : il ne s’agirait pas, selon l’arrêt rendu [1], d’un « traitement humiliant ou dégradant » tel que le définit l’article 3 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme

Ainsi la Grande-Bretagne pourra expulser vers l’Ouganda Mme N., âgée de 34 ans, et séropositive, atteinte de deux maladies opportunistes liées au VIH dont le syndrome de Kaposi. Pourtant selon le rapport de l’ONUSIDA paru en 2006, en Ouganda - où près de 10% de la population est infectée par le VIH - les traitements antirétroviraux sont à la charge des malades. Les médicaments à eux seuls coûtent au moins 42 dollars par mois dans un pays où le revenu moyen est de 23 dollars, autant dire que seule une petite partie de la population y a accès. La probabilité pour que Mme N. ait accès à des soins adaptés en Ouganda est donc très faible. En leur absence, les expertises médicales estiment son espérance de vie entre un et deux ans.

Ces faits, la Cour les reconnaît : oui, l’accès aux traitements sera « aléatoire », oui, elle est promise à une mort certaine, mais non, il ne s’agit pas de « circonstances exceptionnelles » qui pourraient justifier l’opposition à son expulsion. Plus largement, la Cour considère que « la réduction significative de l’espérance de vie n’est pas en soi suffisante pour emporter violation de l’article 3 ». Comment une décision qui limite le temps d’existence d’une personne ne peut-elle pas être considérée comme un traitement humiliant et dégradant ?

Cette décision est d’autant plus grave qu’elle provient de la Grande Chambre, l’instance la plus élevée de la CEDH. Ses décisions ne peuvent faire l’objet d’appel et cet arrêté est désormais la jurisprudence la plus haute en Europe pour tous les cas d’expulsion de malades. La condamnation à mort par expulsion des malades est donc autorisée et cautionnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, censée être la garante des droits fondamentaux. Il s’agit donc d’un recul historique pour les malades.

Les motivations de la Cour sont claires : il ne s’agit pas de préserver les droits fondamentaux mais d’éviter de « faire peser une charge trop lourde sur les Etats ». Derrière cette allégation, il y a le spectre d’une immigration thérapeutique massive de migrantEs du Sud venant vers le Nord pour bénéficier de soins « illimités et gratuits ». Derrière le cynisme de l’argumentation, la réalité est tout autre.

En France, le droit au séjour pour raisons médicales existe depuis 10 ans [2], il protège de l’expulsion les personnes atteintes de maladies graves et qui ne peuvent se soigner dans leur pays d’origine et leur accorde un droit au séjour pour suivre un traitement médical. Le nombre de demandes de titres de séjour pour soins est resté stable d’année en année et toutes les études montrent que l’immense majorité des personnes qui en bénéficient a découvert ou a contracté sa pathologie sur le territoire français [3].

Fondé sur des faits erronés et des motivations contraires aux objectifs de la Cour, ce jugement est inacceptable.

Association de malades du sida, nous rejetons ce jugement scandaleux.
Nous exigeons :
-   que la Grande-Bretagne suspende toute procédure d’expulsion à l’encontre de Mme N. et lui délivre un titre de séjour pour raisons médicales,
-   que le gouvernement français prenne position contre cette expulsion et demande l’extension du droit au séjour à l’ensemble de l’Europe,
-   que les parlementaires européenNEs se mobilisent pour faire rentrer dans le droit européen les principes d’inexpulsabilité et de régularisation des étrangerEs malades ne pouvant se soigner dans leur pays.

Notes

[1] L’arrêt est consultable sur le site de la CEDH

[2] Depuis 1997, grâce à la mobilisation des associations, dont Act Up-Paris, la loi garantit en France qu’un malade ne peut légalement plus être expulsé vers un pays où il ne pourra obtenir les traitements et le suivi médical que requiert son état de santé.

[3] Cf. le rapport du Comité Médical pour les Etrangers (COMEDE) 2007, le rapport de l’ODSE (Observatoire du Droit à la Santé des Etrangers) qui fait le bilan des dix ans du droit au séjour pour soins (parution le 3 juin 2008)

Education nationale : les dérives du chiffre

1490332189.jpg«De quel droit le ministère de l’éducation fait-il remplir ces fiches qui interrogent sur la nationalité, les conditions de vie à la maison, sous prétexte d’évaluations pédagogiques?» s'indigne une parent d'élève. Questionnaires diffusés aux élèves et aux parents dans les Pyrénées atlantiques, injonctions chiffrés de l’académie de Besançon concernant les redoublements. Alors que les enseignants comptent les suppressions de poste à la rentrée prochaine, le ministère de l’Education ne renonce pas à ses objectifs statistiques.

Mapi. «A l’école primaire de Monein, charmant petit village du Béarn, sont arrivés, dans un gros carton, les “évaluations expérimentales CM2”. Rien que de très normal, sauf que, premier point surprenant, les dits documents, une fois complétés par les élèves, doivent être retournés directement au ministère, sans que les parents n’en prennent connaissance. Et pour cause! Si les trois premières parties sont anodines, la partie 4 réserve bien des surprises avec des questions comme: "Est tu né en France?" "Ta mère est née en France?" "Ton père est né en France?" "Quelle langue parles tu à la maison?" "Qui vit avec toi à la maison? (ta mère ou une autre femme tenant le rôle de ta mère)". Viennent ensuite les questions concernant les devoirs à la maison: "A la maison j’ai vraiment l’impression de perdre mon temps", "Je fais mes devoirs parce que j’aurai une mauvaise image de moi si je ne travaillais pas". Bref, onze pages de questions qui n’ont rien à voir avec la pédagogie. Quel est le but de ce questionnaire? De quel droit le ministère de l’éducation fait-il remplir ces fiches qui interrogent sur la nationalité, les conditions de vie à la maison, sous prétexte d’évaluations pédagogiques? Ceci n’est pas sans rappeler “base élève”. Sans l’attitude courageuse et civique des enseignants de notre école (qui ont alerté les parents), cette opération se serait déroulée dans le plus grand secret. Cette expérimentation va toucher d’autres écoles!

Nous avons eu un bon relais dans la presse et les radios locales et ce questionnaire a bien circulé entre les mains de parents d’autres communes de notre département (64). Face à ce tollé, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) a envoyé un mail aux écoles en leur demandant de ne pas compléter la partie 4 du questionnaire. C’est une petite victoire mais nous n’en avons pas fini, puisque qu’un deuxième questionnaire est en cours pour les élèves de 6ème : “le panel des 35000”. Là c’est les parents qui répondent (18 pages de questions!). C’est un véritable questionnaire des RG avec des questions du type: A quelle heure rentrez-vous du travail? A quelle langue parlez vous à votre enfant? Quelle est votre nationalité? Quel est le montant mensuel dont dispose votre famille pour un mois ordinaire? Il n’y a que 10 questions qui concernent la pédagogie! Le plus fort se trouve dans la première page : Un questionnaire reconnu d’intérêt général et de qualité statistique et donc obligatoire! Si les parents ne répondent pas c’est 300 euros d’amende! Comme le questionnaire précédent, il est mis en place en catimini.»

Mathias. «Jusqu’à maintenant, les consignes de limiter le nombre de redoublement n’étaient faites qu’oralement (en donnant un chiffre maximum par classe) ou consistaient pour certains à dire aux enseignants d’éviter les commissions d’appel et d’essayer de convaincre les parents d’accepter une réorientation en BEP plutôt qu’un redoublement. Enseignant, j’ai reçu par l’intermédiaire d’un collègue la note adressée par l’inspecteur d’académie au principal de son établissement à Besançon. Que dit l’inspection?

“Conformément aux objectifs qui vous ont été assignés à votre arrivée au collège, je vous demande expressément de bien vouloir corriger dès cette année scolaire les taux de redoublement. Il est hors de question que ce taux pour les élèves de 6ème soit près du double du taux départemental observé en juin 2007 (9,6% contre 5,7%). Je vous enjoins d’user de votre pouvoir décisionnel pour faire en sorte qu’à l’issue de cette années scolaire, il redescende pour le moins à 7%. Le taux de redoublement en fin de 4ème est plus de quatre fois supérieur au taux départemental. Il ne dépassera pas 10% pour la présente année. Enfin le taux de passage des élèves de 3ème en 2ème général et technologique est de 48,1% alors que celui du département est de 60,6%. Ce taux atteindra obligatoirement pour le moins 55%. Je précise si besoin était que ces minima constituent une injonction de l’inspecteur d’académie qui s’applique à tous les personnels de votre établissement”.

Ce document, par son ton, montre que l’on est passé à un degré supérieur dans les consignes. Un journal du soir comparait l’éducation nationale à l’armée rouge, il sera sûrement satisfait de voir que le vision bureaucratique et comptable est partagée par la hiérarchie (le recteur d’académie et son inspecteur). On a l’impression que dans cette école du respect, les responsables de l’académie de Besançon ne parlent pas d’êtres humains, mais d’objets statistiques. C’est insultant pour les élèves, les parents d’élèves et les enseignants qui font un travail non reconnu long et fastidieux de correction de copies. Seule une vision comptable de l’enseignement, ici le coût du redoublement, peut expliquer une telle dérive.

Cette note montre que l’on ment aux élèves en leur faisant croire qu’ils ont le niveau pour passer en classe supérieure. On ment également aux parents, car on repousse l’échec aux classes supérieures du collège ou en seconde au lycée. On alimente la spirale de l’échec en laissant les lacunes s’accumuler. Les professeurs se retrouvent ainsi avec des élèves qui n’ont pas le niveau en seconde générale sans pouvoir les aider tant les lacunes sont importantes. On assiste actuellement dans de nombreuses classes de seconde à des redoublements ou des réorientations atteignant 10 sur des effectifs de 32. Par la suite les parents tenteront de prendre des cours particuliers payants pour leurs enfants, ce qui permettra au mieux de limiter les dégâts. La responsabilités des échecs retombera bien entendu sur les enseignants véritables bouc émissaires des décisions prises par l’académie et par le ministère. Nous assumons tous les jours nos responsabilités devant les élèves, il serait bon que les auteurs de cette note assument également les leurs devant l’opinion publique».

A droite ils nous prennent pour des cons, mais les cons c'est eux !

2130372699.gifMauvaise surprise pour un chômeur de Montpellier. L’ANPE locale lui propose un CDD d’un jour... à Sartène, en Corse, à près de 500 km de chez lui. Une mésaventure qui relance le débat sur la définition d’une "offre d’emploi raisonnable", notion qui doit figurer dans la future loi sur l’indemnisation des chômeurs.

Après la publication par l’ANPE d’une offre d’emploi low-cost en Inde début mai, une autre affaire vient reposer la question de la qualité des offres d’emploi proposées par l’ANPE, alors que les chômeurs vont être de plus en plus contraints à les accepter.

Un Héraultais de 58 ans, en recherche d’emploi depuis plusieurs années, s’est vu proposer un CDD d’un jour en Corse, à plus de 500 km de chez lui, dont 150 de mer. Avec obligation de répondre, sous peine d’être radié.
L’affaire tombe alors même que le projet de loi instaurant des sanctions renforcées pour les chômeurs est en phase d’éllaboration. Après avoir été écrit par le gouvernement, il est arrivé cette semaine entre les mains des partenaires sociaux, sollicités pour donner leur avis. Les syndicats avaient déjà fait connaître leur méfiance quant à la notion d’offre d’emploi raisonnable. CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC ont émis un avis négatif sur l’avant-projet de loi.

Le gouvernement compte le soumettre au vote des députés avant la mi-juillet. S’il est adopté tel quel, un chômeur ne pourra pas refuser plus de deux “offres d’emplois raisonnables”, sans voir ses indemnités rognées, voire suspendues. Par ailleurs, les chômeurs devront accepter de revoir leurs prétentions financières à la baisse en fonction du temps qu’ils passent au chômage.

France-Info

29.05.2008

Bolivie: une journée de furie raciste à Sucre

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«A Sucre, les membres des communautés indiennes, hommes, femmes et enfants, ont été attendus et bloqués aux entrées de la ville. On leur jette des pierres, on les frappe, et même les femmes et les enfants». Devant les violences anti-indiennes, survenues le 25 mai, en Bolivie, Rosalia Martinez, ethnomusicologue (Université Paris 8, CNRS), Tristan Platt, anthropologue et historien (Université St Andrews, Écosse) et Gilles Rivière, anthropologue (CERMA-EHESS) lancent un appel. Les faits sont relatés par le Correo del sur

Rosalia Martinez, Tristan Platt, Gilles Rivière. «Selon l’usage en Bolivie, samedi 24 mai, la ville de Sucre s’apprêtait à commémorer le premier soulèvement contre l’Espagne coloniale – festivité civique à laquelle participe l’ensemble de la population. Ce qui aurait dû être une fête réunissant les citoyens afin de célébrer les luttes pour l’Indépendance s’est transformé en une journée de furie raciste.

La violence qui s’est déchaînée à Sucre contre les paysans indiens n’a nullement ravivé la mémoire des batailles héroïques : ce sont plutôt les heures les plus sombres de l’époque coloniale qui ont paru d’actualité.

 

Pour la célébration du «Cri libérateur», le Président de la République de Bolivie, Evo Morales, devait venir à Sucre remettre aux délégations paysannes, réunies dans le stade Patria, des fonds destinés à financer des projets de développement ainsi que l’achat d’ambulances. La nuit précédente, des groupes organisés, notamment étudiants, armés de pétards et de dynamite, occupèrent le quartier du stade, décidés à empêcher l’événement.

 

A l’origine de cette initiative se trouve le soi-disant « Comité Interinstitutionnel » qui prétend tracer l’avenir politique de la cité – sans jouir de la moindre représentativité populaire ni de la moindre autorité départementale. Ce Comité est animé par le Recteur de l’Université San Francisco Javier de Chuquisaca, par diverses personnalités universitaires ou de la mairie, par un groupement dénommé «Comité Civico», et par la fédération patronale du département. Tout cela en étroite collaboration avec les leaders de l’opposition du Département de Santa Cruz. En raison du climat de violence instauré depuis la veille, le rendez-vous prévu avec Evo Morales est annulé.

Quand se présentent les paysans venus des campagnes alentour, accompagnés de leurs représentants traditionnels – tel le maire de Mojocoya –, ces membres des communautés indiennes, hommes, femmes et enfants, sont attendus aux entrées de la ville et s’y trouvent bloqués. On leur jette des pierres, on les frappe, et même les femmes et les enfants qui gisent à terre sont roués de coups de pied. Autour de Sucre, et dans divers quartiers, des événements d’une extrême violence se produisent : des indigènes sont insultés, poursuivis, volés et contraints de se réfugier dans des maisons qui sont ensuite saccagées.

Cinquante cinq paysans sont pris en otage et obligés à se mettre torse nu et à marcher mains attachées. Parvenus sur la place principale de Sucre, on les humilie sans que le public proteste, on leur ordonne de faire le tour de la place. Devant le siège des autorités (la Casa de la Libertad), on les force à se mettre à genoux, à embrasser le sol tandis que sont brûlés leurs drapeaux, leurs insignes et leurs vêtements traditionnels. Des groupes de jeunes isolés prennent en otages d’autres paysans, les enferment, les maltraitent, les frappent en leur imposant d’absorber des excréments de poulets. On dénombre plus de cinquante blessés ; la presque totalité sont des paysans indigènes dont plusieurs sont dans un état grave. Des médecins de l’hôpital Santa Barbara et de l’hôpital universitaire ont refusé de prodiguer des soins à certains d’entre eux.

Ces événements inacceptables, reconstitués à partir de nombreux témoignages de paysans, de témoins oculaires et d’articles de la presse locale (El Correo del Sur du 25 mai 2008), pourraient être interprétés comme la conséquence du climat d’affrontement politique que connaît actuellement la Bolivie. En fait, ils trouvent leurs origines dans le resurgissement d’un profond racisme anti-indigène comme le montrent des appels «à tuer les Indiens », «à empêcher qu’ils entrent dans la ville», «à les traiter comme des animaux». Ces incitations visent à persécuter, dévaloriser et exclure des citoyens boliviens, non seulement à cause de leur extrême pauvreté, mais aussi de leurs origines ethniques.

Nous appelons donc l’opinion internationale à la plus grande vigilance. Et à empêcher que le climat politique ne débouche sur un racisme institutionnalisé, largement accepté par l’opinion publique bolivienne, dans les rues de Sucre et ailleurs.

Nous demandons instamment aux autorités de Sucre de ne pas considérer les paysans indiens comme des citoyens de seconde catégorie : ils ont le droit d’exprimer leurs opinions politiques dans tout espace public, et d’appuyer, s’ils le souhaitent, un Président de la République démocratiquement élu. Le rôle des autorités est précisément de faire respecter ce droit inaliénable »

Le Contre-Journal

«La mère n’est pas toujours celle qui accouche»

Ils ont eu leurs filles il y a sept ans grâce à une mère porteuse américaine. De retour en France, ils ont été considérés comme des criminels et poursuivis par le parquet… jusqu’à ce que la justice les reconnaisse comme les “parents” de leurs jumelles. Sylvie et Dominique Mennesson viennent de publier leur histoire: “Interdits d’enfants” (Michalon). Ils sont venus raconter à LibéLabo leur combat pour la reconnaissance de la “gestation pour autrui”.

Journaliste: Charlotte Rotman / Durée: 15′14″

podcast
 

A Paris, les moineaux désertent les quartiers riches

Par Ophélie Neiman | Rue89 | 29/05/2008 | 10H54

Moineaux domestiques (Corif)

Comme les Parisiens, le moineau domestique fuit les quartiers chers de la capitale. Une étude menée ces cinq dernières années aboutit à cette constatation déjà observée à Londres: il est possible d’établir un lien entre le prix du mètre carré immobilier et la présence de moineaux.

Pour vous aider dans votre lecture:

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Depuis 2003, en printemps et en automne, près de cent bénévoles se plantent le nez en l’air dans différents points de la capitale. Leur mission: compter sur plusieurs jours, "pendant exactement dix minutes sans interruption", le nombre de moineaux qui entraient dans leur champ de vision. Le résultat montre un déclin attendu, mais aussi, plus surprenant, une grosse disparité selon les arrondissements.

L’est de Paris, en particulier sa périphérie, regorge de moineaux. Il y en a nettement moins dans le quart ouest. Plus précisément, le XVIe arrondissement, pourtant fourni en espaces verts et riche en arbres, ne compte quasiment pas de ces oiseaux. Contrairement au populaire XIXe, quartier où les arbustes sont moins nombreux.

Sandrine Mor, secrétaire générale adjointe de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), tente de dégager une explication:

"A Londres, il sont également parvenus à la conclusion que le moineau avait une préférence pour les quartiers populaires. A l’inverse de la grive ou du merle, qui construisent des nids, les moineaux logent dans des trous. Dans le XIXe, par exemple, on en a vu beaucoup dans les grilles d’aération cassées des bâtiments, en particuliers sur la ceinture de Paris, le long des boulevards des Maréchaux. Les immeubles en bon état offrent moins de cavités pour les accueillir."

Moineaux domestiques (Corif)

De même, dans les quartiers mieux entretenus, moins de déchets pour se nourrir, moins d’herbes folles regorgeant d’insectes pour les jeunes. Autres causes avancées: les pesticides et le trafic routier.

On observe ainsi un effondrement spectaculaire de moineaux, de 92% dans le 11e arrondissement, et de 74% dans le XVe. Si les causes de disparition sont plus floues pour le XVe, le XIe arrondissement a vécu une vraie mutation sociologique et de vastes mouvements de rénovation de façade ces dernières années.

La banlieue, c'est mieux

Sur les cinq années d'observation, la LPO et le Centre ornithologique Ile-de-France (Corif) ont noté une diminution de ces oiseaux de 20% dans la capitale, tandis que leur nombre est resté stable, ou en légèrement augmentation (9%) dans l'ensemble de la France. Est-ce à dire que les moineaux, comme leurs congénères humains, ont déménagé vers la banlieue? Probable. C'est le cas des moineaux londoniens, qui ont déserté Londres au profit de la périphérie.

Plus généralement, la présence de cet oiseau emblématique de Paris s’est effondrée dans les autres capitales européennes. Londres et Amsterdam ont perdu 95% de leurs moineaux en trente ans, Prague a noté une diminution de 60% ces vingt dernières années. Si sa disparition ne semble pas avoir d'influence sur l'écosystème urbain, il n'en est pas forcément de même pour nos oreilles.

28.05.2008

Une catastrophe est en marche

1490332189.jpgUne catastrophe est en marche, plus grave que les nouveaux programmes de l'école primaire ou les suppressions de postes qu'on dénonce dans la presse ou dans la rue. Il sera facile, en effet, de revenir sur ces mesures.

La suppression de deux heures de classe dans l'enseignement primaire et la semaine de quatre jours risquent au contraire d'être irréversibles. Et personne ne dit rien ou presque. Le forfait s'accomplit dans l'indifférence générale. Munich s'était accompagné d'un "lâche soulagement". Ce lâche consentement, lui aussi, annonce une débâcle.

Les comparaisons internationales nous montrent en mauvaise position et 10 % à 15 % des élèves qui entrent en 6e sont incapables de suivre. Et qu'est-ce qu'on fait ? On réduit la durée de l'enseignement ! A qui fera-t-on croire qu'il est possible d'apprendre mieux et plus en travaillant moins ? Même le ministre n'a pas osé dire du bien de cette mesure que lui a imposée - dit-on - un président qui n'a décidément pas besoin de réfléchir pour décider.

M. Darcos s'est borné à dire que nous restions "bien au-dessus de la moyenne des pays qui obtiennent les meilleures performances". Mais s'ils réussissent, c'est parce qu'ils répartissent les heures de classe dans toute la semaine. Vingt-quatre heures sur six jours sont beaucoup plus efficaces que sur quatre : tout le monde le sait. Du professeur Debré au docteur Hubert Montagner, les médecins ont répété que six heures de classe pour des enfants de moins de 8 ans, c'est trop pour être efficace.

Avec trente-six semaines de quatre jours, l'Ascension, le lundi de Pentecôte, le 1er et le 8 mai, le 11 novembre, cela fera moins de 140 jours de classe par an. Il y en a 210 au Japon, 200 en Italie et au Danemark, 188 en Finlande, 190 en Grande-Bretagne. Et l'on se plaint du niveau des petits Français ? Il n'y a qu'une chose vraiment importante en éducation : c'est le travail des élèves. Sur quel miracle, sur quelle potion magique, M. Darcos compte-t-il pour compenser les amputations qu'il décrète ?

Tout le monde le sait, mais personne ne dit rien. Où sont les défenseurs du niveau, si prompts à dénoncer toute innovation pédagogique ? La vague promesse d'un retour aux bonnes vieilles méthodes les rassure : elles ont fait leurs preuves, disent-ils. Mais à raison de trente heures par semaine, sans compter les heures supplémentaires prodiguées à la veille du certificat d'études. Croient-ils par hasard qu'elles seront aussi efficaces à raison de vingt-quatre heures ?

Avec un cinquième de temps en moins, il leur faudrait un an de plus. Et qu'on ne nous raconte pas qu'on va se concentrer sur les "fondamentaux", alors qu'on ajoute encore des matières. Et les parents d'élèves ? Ce sont les premiers intéressés. Trop contents de disposer du samedi matin, ils se sont bornés à des protestations de principe. Mais on pouvait leur donner cette matinée en prenant celle du mercredi ; un tribunal administratif vient de statuer que c'était compatible avec le catéchisme.

On pouvait aussi généraliser ce qui avait été accepté dans les départements qui avaient adopté la semaine de quatre jours : raccourcir un peu les vacances. Pas du tout : on supprime ces journées supplémentaires. Les princes qui nous gouvernent ne sont pas mesquins... La preuve ? Cette mesure ne rapporte rien au budget ; c'est pur cadeau.

Et les enseignants ? Rendons-leur cette justice : ils n'ont rien demandé. Les institutrices sont les premières inquiètes. Elles qui font travailler les élèves - car la classe n'est pas un cours -, elles mesurent mieux que quiconque l'impossibilité de faire plus avec moins et elles savent qu'on les rendra responsables, demain, des échecs de l'école. Mais comment refuser un cadeau pareil ? Et pourtant, cette mesure compromet, plus que bien d'autres qui provoquent des grèves, l'enseignement de haut niveau et la qualité du service public que les syndicats prétendent défendre.

Le résultat de ces lâchetés et de ces hypocrisies est connu d'avance : le nombre des élèves incapables de suivre en 6e va augmenter. Je dénie à quiconque ne proteste pas aujourd'hui de toutes ses forces contre cette mesure le droit d'ouvrir demain la bouche pour déplorer cet échec majeur.

Ceux qui se prétendent démocrates et défenseurs du service public et ne dénoncent pas aujourd'hui cette entreprise de déconstruction sont des menteurs. Les parents informés des classes moyennes et supérieures sauront compenser, par des recours divers et payants, mais fiscalement avantageux, les insuffisances organisées de l'école publique. Les milieux populaires, eux, feront les frais de cette amputation.

Il ne faut pas se payer de mots. J'attends qu'on m'explique comment des programmes plus copieux contribuent au resserrement sur les fondamentaux, et comment on apprend plus et mieux en travaillant moins.

Antoine Prost, lu sur lemonde.fr

L'école se met (enfin) à la lutte contre l'homophobie

Zz3748e162_6Peu de bruit, et pourtant c'est une petite révolution: la circulaire de rentrée du ministère de l'Éducation nationale consacre un paragraphe entier à la lutte «contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie.» Pas de quoi se pâmer dira-t-on, ce n'est qu'un bout de papier. Voire. Si la communauté éducative s'en saisit, cette circulaire peut s'avérer prometteuse.

«Sphère privée!» Encore récemment, il était bien difficile de parler d'orientation sexuelle à un responsable académique. L'homophobie à l'école? Connaît pas. Laïcité et lutte contre le prosélytisme(!) ont longtemps servi de prétexte à une politique de l'autruche. Si l'hétérosexualité s'affiche sans complexe à l'école — nul ne s'en offusque —, l'homosexualité, elle, devait rester une affaire privée.

Résultat: les injures «pédé» et «tapette», extrêmement courantes dans les cours de récré, donnent trop peu souvent lieu à des interventions. La majorité des recteurs d'académie s'est longtemps opposée à délivrer des agréments aux associations qui interviennent en milieu scolaire sur l'homophobie, alors que la plupart des grandes organisations anti-racistes sont agréées depuis longtemps, à raison*. Les cours d'éducation à la sexualité, quand il existent, restent focalisés sur la fonction reproductive, et n'abordent pas la question de l'homosexualité.

Or, il y a urgence. L'Inter-LGBT le rappelle dans un communiqué publié aujourd'hui: «Selon une étude de l'INVS parue en juin 2007 portant sur 6184 hommes homosexuels, il y a cinq fois plus de tentatives de suicide chez les jeunes homosexuels que chez les jeunes hétérosexuels: 32% des homosexuels de moins de 20 ans ont tenté de se suicider! D'après un rapport de Dominique Versini, défenseure des enfants, 10% des tentatives de suicide des filles âgées de 15 à 24 ans  seraient liés à la difficulté de vivre son homosexualité.»

Parler d'homophobie à l'école, engager des actions de prévention des comportements discriminatoires, offrir une écoute aux jeunes en recherche de leur identité sont donc des nécessités d'intérêt général et de santé publique.

Jusqu'à présent, la lutte contre l'homophobie était évoquée dans des circulaires spécifiques à la lutte contre le sida ou à l'éducation à la sexualité, mais sans être réellement lues ou appliquées. Aujourd'hui, la lutte contre l'homophobie est inscrite noir sur blanc comme une priorité de rentrée : nul recteur et nul chef d'établissement ne pourra prétendre l'ignorer.

Quid des moyens? En hissant la lutte contre l'homophobie au rang des priorités de rentrée, le ministère place la barre haute, pour lui-même. La communauté éducative est souvent de bonne volonté, comme en témoignent les associations qui, avec ou sans agrément, sont de mieux en mieux accueillies dans les lycées par des infirmières et des enseignants soulagés de trouver une expertise sur des sujets qu'ils avouent eux-mêmes mal maîtriser.

 Reste donc à donner les outils et les formations nécessaires, pour que la mobilisation de tous les acteurs concernés soit au rendez-vous. C'est tout l'enjeu des discussions actuelles que nous menons avec le ministère. Et ce sera surtout l'enjeu central de la Marche des fiertés lesbiennes, gaies bi et trans 28 juin prochain. Mot d'ordre: «Pour une école sans aucune discrimination!» (Dossier de presse disponible)

* Le seul agrément académique accordé à une telle association — SOS homophobie en l'occurrence, pour l'académie de Versaille —, est aujourd'hui attaqué par une association catholique…

Alain Piriou 

Le PS découvre qu'il est dans l'opposition

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Par Nicolas Domenach. Finalement, les socialistes diront non à la réforme constitutionnelle. Longtemps ébranlés par l'ouverture sarkozyste, reprendraient-ils du poil de la bête?

En dépit de la pression des médias, et d'une partie de ses élus, le groupe parlementaire PS a donc décidé de dire non. « Un non à la réforme constitutionnelle qui peut vouloir dire oui un jour », a tenu à préciser Jean-Marc Ayrault, le patron des députés socialistes, qui veut maintenir l'unité de ses troupes et refiler au pouvoir le mistigri du sectarisme. Mais pour que le « ouisme » l'emporte, il faudrait que l'Histoire remonte son cours. Comme si la Seine pouvait revenir à sa source… En fait, l'opposition longtemps ébranlée par l'ouverture sarkozyste est redevenue l'opposition « non de non » à la Mitterrand !

Pourtant, pour ce parti de culture parlementariste, la tentation existait de souscrire à cette réforme constitutionnelle qui comporte des « avancées réelles », comme le reconnaît Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS. La commission Balladur a en effet prévu d'accorder de nouveaux pouvoirs au Parlement, notamment dans la maîtrise de l'ordre du jour, les moyens de contrôle des dépenses budgétaires et les nominations. Mais les conditions mises par le PS pour y souscrire n'étaient pas négligeables. Il y avait une logique à exiger l'introduction de la proportionnelle dans l'élection des députés et une modification du corps électoral sénatorial avant même de renforcer les pouvoirs des deux chambres qui sont en déphasage total avec la France réelle, en particulier le Sénat, ce déni démocratique. De même était-il cohérent pour les socialistes d'exiger que le temps de parole du président, qui revendique en outre de s'exprimer devant le Parlement, soit désormais comptabilisé avec celui de la majorité. Puisqu'il parle de tout à la place des ministres et du Premier ministre, on ne voit pas pourquoi sa parole ainsi trivialisée devrait être toujours considérée comme au-dessus de la mêlée, majestueuse, quasi divine. Le chef de l'Etat est aussi celui de la majorité, il le revendique lui-même, son temps d'expression devrait donc être inclus dans celui de son camp. Sauf à prétendre qu'il soit seul à avoir droit au beurre, à l'argent du beurre, au baiser et, comme disait Chirac, au cul de la crémière.

Fini, le temps des ronds de jambe
Pour avoir jusqu'ici refusé toute concession sur ces points fondamentaux, c'était bien la preuve que le chef de l'Etat ne souhaitait pas une réelle ouverture à gauche… qui lui aurait fait perdre des voix dans son camp. D'ailleurs, on se cachait à peine à l'Elysée de compter d'abord sur ses propres forces, et sur les centristes, pour obtenir la nécessaire majorité des trois cinquièmes des voix parlementaires. D'où cette concession au Nouveau Centre de la fameuse « règle d'or » de l'équilibre budgétaire obligatoire. Règle absurde de l'aveu même des conseillers élyséens puisqu'elle réduit encore davantage une marge de manœuvre gouvernementale étroite. Mais il faudra en passer par là pour faire passer la réforme…

Le pouvoir n'a donc nulle intention d'abandonner quoi que ce soit de sérieux et de conséquent aux élus de gauche dont les conseillers élyséens sont sûrs qu'ils ne voteront pas la réforme puisqu'ils ont leur congrès en novembre. L'Elysée ne concèderait donc qu'en apparence sur le temps de parole par exemple. Mais le président ne paraît pas prêt à aller au-delà de ces manœuvres en trompe-l'œil, et surtout pas disposé à accorder beaucoup non seulement sur les exigences du PS, mais encore sur le redécoupage électoral qui alourdit en coulisse l'atmosphère. Le PS réclame en effet qu'une commission indépendante soit saisie. En fait, il veut être associé au plus près à ce grand « charcutage », et notamment intervenir sur des décisions comme celle consistant à ce que les Français de l'étranger soient représentés par 12 députés, ce qui revient à concéder d'entrée autant d'élus de plus à la droite !

Ça, c'est pour la cuisine de l'ombre. Mais si la fièvre monte chez les parlementaires, c'est que le mécontentement populaire gagne. Les élus socialistes sont poussés à une opposition plus dure, plus radicale par leurs électeurs. Ainsi, ce sont les enseignants en colère qui ont enjoint à leurs élus d'attaquer plus rudement le ministre de l'Education Xavier Darcos, ce qui a été fait hier à l'Assemblée nationale, où il fut chahuté. Ce charivari donne le ton du changement de ton.

Le temps n'est plus aux ronds de jambes ni aux précautions oratoires. « Ça sent le grisou », en tout cas le mécontentement devant la baisse du pouvoir d'achat, la hausse du prix du pétrole et des prix alimentaires, la diminution du nombre des fonctionnaires, etc. La gauche ne peut se permettre d'être en trop grand décalage avec la grogne sociale. Paraître s'entendre aujourd'hui avec le pouvoir sur des questions constitutionnelles qui sont totalement déphasées avec les préoccupations concrètes de son électorat serait mal venu. Hors de saison. Pas question de faire le cadeau d'un oui à Sarkozy. Ce n'est pas le moment, ce ne sera sans doute plus jamais le moment…

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