« 2008-05 | Page d'accueil
| 2008-05 »
22.05.2008
Le «service minimum», le grand absent de la grève

La loi entrée en vigueur en janvier n’empêche pas le blocage des transports.
LUC PEILLON
Libération : jeudi 22 mai 2008
«Trois heures de transports en commun garanties pour aller au travail, trois heures pour en revenir» : c’était une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy. Ceux qui l’ont crue vont pouvoir s’acheter des baskets. Car rien dans la loi du 21 août 2007, comme dans les accords d’entreprise ou de branche signés récemment pour son application ne prévoit un quelconque service minimum.
Certes, le droit de grève dans les transports est un peu plus encadré, «mais si 90 % des conducteurs cessent le travail dans une entreprise, les trains, bus ou métros ne rouleront pas plus qu’avant», explique François Girodon, de l’Union solidaires transports (SUD). En vigueur depuis le 1er janvier, la loi sur «le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs» se garde, d’ailleurs, d’utiliser le terme de «service minimum».
Copié-collé. A la SNCF ou à la RATP, les accords d’entreprise paraphés ces dernières semaines s’emploient essentiellement à mettre en conformité avec la nouvelle loi des dispositifs de concertation sociale… qui existaient déjà. Ainsi, au sein de la régie parisienne, la nouvelle version de l’alarme sociale est un quasi-copié-collé de celle qui régit les rapports sociaux internes depuis… 1996, et peaufinés depuis.
Concrètement, avec la nouvelle loi, un syndicat désireux de lancer une grève doit le notifier à la direction, qui dispose de trois jours pour convoquer ses représentants, et de huit jours pour négocier avant le dépôt d’un préavis. Mais en cas d’échec, rien de nouveau : le préavis est déposé et cinq jours après, la grève peut avoir lieu.
La loi prévoit aussi des «plans de transport» élaborés en concertation avec les collectivités locales, mais encore une fois, en cas d’arrêts de travail massifs, les «priorités de dessertes» risquent d’être aussi peu desservies que le reste du réseau. «C’est un service "garanti", en fonction d’un plan élaboré grâce aux prévisions du nombre de grévistes», tente-on d’expliquer à la direction de la SNCF, qui a pourtant affublé son communiqué de presse du terme impropre de «service minimum». «C’est sûr que ce n’en est pas un, reconnaît, de son côté, Jean Sivardière, président de la Fnaut, la Fédération des usagers des transports. Pour établir un service minimum, comme par exemple en Italie, il faut procéder à des réquisitions. Or il n’y a rien de tel dans la loi».
Transférer. Reste une disposition qui fait grincer des dents tous les syndicats : l’obligation pour les grévistes de se déclarer 48 heures à l’avance. «C’est une limitation du droit de grève», explique l’Unsa. Avec un effet pervers : elle perturbe les prévisions de trafic. Car un agent qui s’est déclaré gréviste peut changer d’avis dans les 48 heures, mais il ne peut pas faire l’inverse. Du coup, pour éviter les sanctions, SUD demande aux salariés de se déclarer systématiquement gréviste, quitte à changer d’avis.
Enfin, la loi prévoit la possibilité de transférer du personnel non gréviste d’une ligne non prioritaire sur une jugée essentielle. Ce qui, selon la CFDT-cheminots, n’est pas sans poser des problèmes de sécurité :«Mettre sur un poste d’aiguillage un agent qui n’y a jamais travaillé est risqué. Il faut qu’il soit formé et que cette formation soit entretenue au cours de l’année.» A la RATP, les conducteurs de métro ne sont pas non plus interchangeables. Leur polyvalence se limite à un groupe de lignes.
13:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grève, transports, service, minimum
La centrale Leclerc saccagée au Relecq-Kerhuon

Les pêcheurs s'en sont pris au stock de produits de la mer congelés importés d'Inde et d'Amérique du Sud. : Vincent Mouchel
Une fois dans l'entrepôt, ils s'en sont pris au stock de produits de la mer congelés. Crevettes, noix de Saint-Jacques, pétoncles, soles... tous les crustacés et poissons importés d'Inde et d'Amérique du Sud ont été pris pour cibles. « On doit subir la hausse du prix du carburant, et en plus proposer des tarifs toujours plus bas pour faire face à la concurrence étrangère. S'ils importent tout, nous, on ne peut plus vivre ! », s'indigne un pêcheur de Loctudy.
L'intérieur de l'aire de stockage a été saccagé, les sacs jetés par terre. Les employés de la Scarmor, beaucoup moins nombreux que les pêcheurs, ne sont pas intervenus. Les dégâts se sont limités aux produits et à la clôture, personne n'a été blessé. Les pêcheurs ont ensuite rapidement retrouvé leur calme, et sont repartis en direction du Guilvinec. L'entreprise devrait déposer plainte aujourd'hui, quand le montant du préjudice sera connu.
Naëlle LE MOAL.
13:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

