ECO-MER - Alors que les ports des Sables d’Olonne, en Vendée, et de La Rochelle, en Charente-Maritime, sont bloqués en partie ou totalement par des pêcheurs en grève, les marins bretons attendent la réunion de mercredi prochain, prévue au ministère de l’agriculture et de la pêche, pour engager d’éventuelles actions. Mais certains patrons ont d'ores et déjà rappelé leurs bateaux à quai.
“On a eu une réunion du comité de crise samedi et c’était très chaud, souligne Robert Bouguéon, président du comité local des pêches du Guilvinec, dans le Finistère. pour la première fois, les matelots étaient plus énervés que les patrons. Il va falloir que quelque chose de concret sorte de cette réunion sinon il y a de grandes chances que les bateaux restent à quai”.
En cause, l’augmentation incessante du prix du gasoil face auquel le plan d’aides mis en place il y a quelques mois par le ministre de l’agriculture et de la pêche Michel Barnier ne représente plus qu’une “goutte d’eau”, selon Michel Bouguéon.
“A part les exonérations de charges sociales pour les patrons, il n’y a pas grand-chose, estime t-il. Rien en tout cas pour les matelots. Il faudrait un peu plus d’aides par rapport au prix du gasoil qui grimpe tous les jours mais je n’ai pas la solution”.
En Bretagne-Nord, la grogne est montée un cran au dessus ce week-end avec des armements - Porcher, Eouzan, Acarmor - qui ont décidé de faire rentrer leurs bateaux au port. Soit plus d’une vingtaine de navires et des dizaines de marins-pêcheurs sans travail.
“A chaque fois qu’un bateau part en mer, on perd entre 3000 et 5000 euros par semaine, estime Emile Eouzan, qui dirige l’armement du même nom. Alors grève ou pas, économiquement, on est obligé de stopper. Et pour repartir, on ne se contentera pas de promesses. On est prêt à rester à quai pour plusieurs semaines”.
Selon Emile Eouzan, l’aide gouvernementale se résume depuis janvier à un chèque équivalent à une semaine de gasoil pour ses navires, ce qui représente entre 1000 à 1500 euros pour un navire côtier et dix fois plus pour un hauturier.
“Les exonérations patronales? Elles ont duré trois mois, d’octobre à décembre, depuis on n’en parle même pas, c’est infime”, râle t-il.
De nouvelles mesures, les “contrats bleus”, doivent entrer en vigueur au premier juin pour aider les pêcheurs contribuant activement à la préservation de la ressource et de l’environnement. Pas sur que celà soit suffisant face à un prix du litre du carburant qui avoisine actuellement pour les pêcheurs les 70 centimes d’euros.
Pierre-Henri ALLAIN - LibéRennes


Ecrire un commentaire