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18.05.2008

Education nationale : les manipulations du ministère pour supprimer des postes de profs (à la suite de la journée de grève des enseignants aujourd'hui, je remonte volontairement cet article)

1171446685.jpgDepuis 1997 et l'arrivée de Claude Allègre au ministère de l'Education, il faut "dégraisser le mammouth". L'Education nationale est le Premier budget de l'Etat. Dans un contexte de déficit budgétaire chronique, l'heure est donc à la baisse des coûts. Mais l'Education étant un pilier de la société et un sujet sensible aux yeux de l'opinion, le "dégraissage" doit se faire en douceur et répondre à une logique de bon sens. L'argumentation, désormais bien huilée, est donc simple et se veut imparable : le nombre d'enseignants doit diminuer car il y a une baisse des effectifs d'élèves. Raisonnement simple et suffisamment marqué sous le sceau du bon sens pour être compris par tous et expliqué dans les médias. Voilà pour la version officielle. Mais dans la réalité, le ministère procède à de multiples manœuvres pour créer artificiellement le surnombre et ainsi justifier la suppression de postes de profs et modifier en profondeur l'Education nationale. Décryptage.
 
La version officielle : moins d'élèves, moins de profs

Le nombre de postes proposés aux concours d'enseignements n'a cessé de diminuer. Par exemple, en histoire-géographie, 1029 postes étaient à pourvoir au concours (CAPES) 2003. Cinq ans plus tard, pour la session 2008, il n'y a plus que 600 postes au concours. Le ministère justifie cette baisse par la démographie : puisqu'il y a moins d'élèves dans le secondaire, il faut moins de professeurs. Sauf que dans le même temps, le ministère continue d'embaucher des contractuels. Et la semaine dernière, le rectorat de Créteil a lancé un appel à destination des enseignants retraités pour qu'ils reprennent des heures. La version officielle ne tient pas.

Supprimer des postes pour augmenter le nombre d'heures supplémentaires

Tous les ans, en février, la direction de chaque établissement scolaire communique ce qu'on appelle la "DHG", Dotation Horaire Globale. Le nombre d'heures d'enseignement est établi en fonction des effectifs d'élèves mais aussi des logiques budgétaires du ministère. Pour "dégraisser le mammouth", il faut donc baisser la "DHG".
Depuis quelques années, le ministère procède à des manipulations chiffrées pour supprimer des postes dans les établissements. Le procédé est le suivant : en février, le rectorat établit une fourchette basse des besoins de chaque établissement. C'est à cette époque qu'est donc connu le nombre de classes par niveau. En fonction de l'ampleur des suppressions de classe, des postes de professeurs sont supprimés. Ces derniers doivent alors faire leur demande de mutation dans un autre établissement.
Seulement, en juin, lorsque les estimations des effectifs de l'année suivante s'affinent, la DHG de février s'avère insuffisante. Il est trop tard pour annuler la suppression des postes, le processus des mutations étant quasiment terminé. Des heures supplémentaires sont donc créées. Illustration de la politique de Nicolas Sarkozy : "travailler plus, pour gagner plus".

Quand des titulaires font partie du convoi des retraités

Que deviennent les enseignants qui ont vu leur poste supprimé ? Dans le budget 2008, un fonctionnaire sur trois partant à la retraite n'est pas remplacé. L'objectif sur le quinquennat est de passer au non remplacement d'un poste sur deux. La logique est donc simple : les départs en retraite ne sont pas tous compensés par des créations de postes.
Le raisonnement est suffisamment simple pour être audible et compréhensible dans les médias : il y a moins d'élèves, donc on embauche moins d'enseignants et on ne remplace pas tous les professeurs qui partent en retraite.
Mais dans les faits, ce raisonnement est faux. A l'échelle d'un établissement, lorsqu'un enseignant en mathématiques part en retraite et que le rectorat veut en profiter pour diminuer le nombre de profs en ne le remplaçant pas, cela signifie qu'il faut supprimer des heures d'enseignement, donc diminuer le nombre de classes. A effectifs constants, il suffit donc d'augmenter le nombre d'élèves par classe. Mais supprimer un poste de prof en philosophie signifie logiquement supprimer un poste de prof dans toutes les autres matières. Or, il y a rarement un départ en retraite par matière.
C'est le cas par exemple au lycée Gaston Bachelard, à Chelles, dans l'Académie de Créteil (Ile de France) : 13 postes sont supprimés à la rentrée scolaire 2008. Mais sur ces 13 postes, les départs en retraite ne concernent que 5 personnes (en SES, mathématiques, physiques, génie mécanique, gestion). Dans ce cas de figure, des titulaires font donc partie du "convoi des retraités" et doivent être réaffectés dans d'autres établissements.

Objectif recherché : créer artificiellement le surnombre pour aboutir au "flexiprof"

En ne remplaçant pas des retraités, et en augmentant le nombre d'heures supplémentaires, de nombreux enseignants, qui ont vu leur poste supprimé dans leur établissement, doivent être réaffectés. Dans tous les lycées de Seine-et-Marne (77), pour la deuxième année consécutive, des postes sont supprimés dans toutes les matières.
Il y a alors une situation de sureffectifs : le rectorat a beaucoup de mal à trouver une affectation à tous ces enseignants. Résultat, il n'est pas rare de voir un enseignant être nommé sur poste fixe dans... trois établissements différents pour combler quelques heures par-ci par-là. C'est le cas pour les matières générales. Mais lorsqu'il s'agit de matière plus pointue, comme en génie mécanique, un enseignant peut se retrouver affecté dans une autre matière.
En définitive, sans le dire, le gouvernement est en train de modifier entièrement la nature du métier d'enseignant : le ministère augmente le nombre d'heures supplémentaires pour que chaque professeur augmente son temps de travail. Mais cette hausse des heures supplémentaires passe obligatoirement par la suppression de postes (pour augmenter la part du gâteau, il faut diminuer le nombre de personnes qui se le partagent). Et les enseignants qui ont vu leur poste supprimé sont alors affectés sur plusieurs établissements, voire sur des postes qui ne correspondent pas à leur formation. C'est l'avènement du flexiprof : il enseigne plus d'heures, plus de matières, pour un coût moins élevé.

Cette stratégie est assez implacable et surtout inodore. Dans les médias, c'est la version officielle qui prédomine : moins d'élèves, moins de profs. Et lorsque les enseignants manifestent et peuvent témoigner, il est difficile d'expliquer en détail le raisonnement exposé précédemment. Résultat, les reportages qui doivent faire 1min30 simplifient le mot d'ordre : il faut "sauver le service public". L'opinion ne sait plus pourquoi les professeurs manifestent. Les motifs sont trop vagues par rapport à l'argumentation matraquée à longueur de temps : "moins d'élèves, moins de profs". Le gouvernement peut alors continuer en toute quiétude la politique de baisse des coûts, sans le dire, puisque l’Education ne peut être qu’une "priorité nationale".

POLITIQUE.NET

Révision constitutionnelle: «Le Président cherche à augmenter ses pouvoirs en restant incontrôlable»

536798872.jpg«Les risques d’abus de pouvoirs et de crise institutionnelle sont considérablement accrus par le projet de révision constitutionnelle, explique Marie-Anne Cohendet, professeur de droit constitutionnel à l'université Paris I. Un homme peut décider seul, de faire pratiquement n’importe quoi, pendant cinq ans, dans des domaines cruciaux pour la survie de la nation, sans que personne ne puisse s’y opposer». Alors que l'examen du projet débute, mardi, devant l'assembleé nationale Marie-Anne Cohendet, en décrypte les dangers concernant la défense nationale.

La deuxième partie de son analyse sera mise en ligne, lundi.

Marie-Anne Cohendet. « Force est de constater que dans l’actuel processus de révision constitutionnelle, les dés ont été pipés, dès le début, par les exigences du Président de la République. En effet, le comité Balladur, en dépit des nombreuses réflexions qu'il a conduites, s’est tout de suite incliné devant la volonté de M. Sarkozy de confier la direction de la politique nationale dans tous les domaines non plus au Premier ministre, mais au Président de la République (par une modification des articles 5, 20 et 21). Heureusement, M. Sarkozy comme M. Fillon ont eu la sagesse de reculer sur ce point. Mais on voit revenir aujourd'hui des dispositions qui modifient l’article 21, et étendent les pouvoirs présidentiels de manière très dangereuse. Dès lors, l’ensemble du projet reste déséquilibré en faveur du Président.

Il faut bien rappeler que le Président, dans la Constitution telle qu’elle a été conçue par le Général de Gaulle, est un surveillant et non un directeur en chef. Tant que ce dernier ne pourra pas être renversé en cours de mandat, il est inadmissible qu’il dirige seul quoi que ce soit. Sa vraie fonction est de vérifier que les pouvoirs publics fonctionnent normalement, conformément à la volonté du peuple et à la Constitution. Il ne doit pas diriger le gouvernement mais veiller à ce qu’il applique bien la politique voulue par le Parlement et par le peuple. C’est seulement lorsqu’il se produit un dérèglement qu’il peut intervenir, par ses pouvoirs propres (dispensés de contreseing). Ainsi, avec la dissolution et le référendum, il peut faire appel aux citoyens. Les gouvernants sont ainsi obligés de respecter la volonté du peuple souverain. La philosophie de Nicolas Sarkozy est tout autre. Il cherche à augmenter ses pouvoirs, en restant toujours irresponsable, c'est-à-dire incontrôlable. Il affirme pourtant sans arrêt qu’il est responsable mais il n’a pas compris ce que cela signifie : être politiquement responsable, c’est pouvoir être révoqué à tout instant quand on ne fait pas ce que le peuple veut.

Presque toutes les modifications qui concernent la défense sont inadmissibles. C’est le retour du vieux mythe du domaine réservé : le Président pourrait diriger seul, ou au moins avoir une prééminence, en matière de défense et de diplomatie. C’est une pure fable du point de vue juridique. Il s’agit seulement d’une pratique, créée par le Général de Gaulle parce qu'elle lui convenait bien.

L’article 8 du projet vise à modifier l’article 21 de la Constitution : on supprimerait la phrase « le Premier ministre est responsable de la défense nationale », que l'on remplacerait par quelques mots plus loin : le Premier ministre « met en oeuvre les décisions prises au titre de l’article 15 en matière de défense nationale ». Ce dernier article dispose que le Président de la République « est le chef des armées ». Un non-juriste - et la majorité des Français - en déduira qu’il n’y a là rien d’anormal, le Président dirigeant déjà la défense. Ce n’est pourtant absolument pas le cas en droit.

Tout d’abord, l’article 15, qui existait déjà presque mot pour mot sous la IVème République, a été créé pour assurer la soumission du pouvoir militaire au pouvoir politique, et non pour affirmer que la prééminence du Président en la matière. Ensuite, concernant la défense, tous les pouvoirs du Président sont aujourd’hui soumis à contreseing. Il ne peut donc faire le moindre acte sans la signature du Premier ministre, qui endosse la responsabilité. Si la décision pose problème politiquement, le Parlement peut renverser le gouvernement et la politique de défense changera totalement.

En pratique, de Gaulle a choisi de diriger lui-même le domaine de la défense, ses successeurs ont fait de même. Ils ont pourtant régulièrement affirmé que ce domaine réservé n’existait pas, jusqu’à M. Sarkozy, qui a dit, pendant la campagne qu’il n’y aurait pas de distinction entre les différents domaines. Cette pratique a été tolérée parce qu’un verrou de sécurité demeure : si jamais le Président impose un peu trop sa volonté, les parlementaires peuvent l’arrêter en renversant le gouvernement. Le Président ne pouvant rien faire sans le Premier ministre, il est coincé. Le chef du Gouvernement peut, au besoin, lui rappeler que c’est lui qui est « responsable de la défense nationale » (art. 21). En période de cohabitation, ce domaine prétendu réservé devient en fait partagé. Il y a une discussion entre le Président et le Premier Ministre, avec une sorte de co-décision.

Cette réforme en matière de défense est tout d’abord profondément incohérente en droit. Ce pouvoir reste en effet soumis à contreseing, il n’y a heureusement pas de révision sur ce point. Juridiquement, ce ne sera donc pas le Président qui dirigera seul la politique de défense, contrairement à ce que laisse entendre le futur article 21. Cela s’oppose d’ailleurs à de nombreux articles, disposant que le Président est un arbitre et un garant (art.5) et qu’il ne peut donc agir en principe qu’avec le contreseing du Premier Ministre (art. 19). En effet, c’est le Gouvernement (art. 20) et non pas le Président, qui « détermine et conduit la politique de la nation », et qui « dispose de la force armée », ce qui est parfaitement normal puisque lui seul est contrôlable en cours de mandat. Cette incohérence s'étend à tous les actes d’application. Le Code Militaire attribue ainsi tous les pouvoirs au Premier Ministre. Seule exception notable, le décret relatif au pouvoir nucléaire datant de 1964, dont la constitutionnalité est pour le moins très douteuse, et qui ne saurait justifier la prééminence du Président. Cette modification de l’article 21 rendrait donc la Constitution gravement incohérente. Mais, plus encore, elle poserait de vrais problèmes sur le plan démocratique.

Plus concrètement, le projet de révision constitutionnelle est très inquiétant, car en matière de défense, les parlementaires se retrouveront dépourvus de tout contrôle. Par exemple, si le Président prend une décision que les parlementaires jugent inacceptable, ils auront beau renverser les gouvernements, le Président pourra leur répondre que le Premier ministre est seulement un exécutant dans ce domaine du fait des nouveaux termes de l’article 21. Le Premier Ministre pourrait refuser de signer les actes présidentiels, mais il risque de se sentir obligé de se soumettre, en raison de ce nouvel article. Ni le peuple ni les parlementaires ne pourront arrêter le Président, sauf à provoquer une crise grave. Les risques d’abus de pouvoirs et de crise institutionnelle (pas seulement en période de cohabitation) sont donc considérablement accrus. C’est très grave au niveau des principes démocratiques, un homme peut décider seul, de faire pratiquement n’importe quoi, pendant cinq ans, dans des domaines absolument cruciaux pour la survie de la nation, sans que personne ne puisse s’y opposer.

D’autant que la responsabilité présidentielle a été réduite par la récente révision de la Constitution. Il ne peut être destitué « qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat » (art. 68 C.). La nouvelle rédaction de l’article 21 sera tellement incohérente qu’il sera difficile de convaincre les parlementaires (ou le peuple) que le Président abuse manifestement de ses pouvoirs en imposant sa politique de défense au Premier ministre et donc au Parlement.Il n’y a pas une démocratie digne de ce nom dans laquelle un chef de l’Etat possède de tels pouvoirs, en matière de défense, sans aucun contrôle et/ou sans limitation par un Parlement vraiment indépendant (Etats-Unis). C’est extrêmement dangereux.

Trois grands arguments sont régulièrement avancés pour justifier cette augmentation des pouvoirs présidentiels. Le premier est que l’on se contenterait de rendre la Constitution conforme à une pratique constante. Nous venons de voir que c’est faux. D’abord parce que cette pratique n’est pas constante mais variable, en fonction des cohabitations notamment. Ensuite et surtout puisque cette révision supprimerait le garde-fou fondamental qui existe aujourd’hui, à savoir le fait que le pouvoir de décision appartient en droit à un organe qui peut être contrôlé et révoqué à tout instant : le Premier ministre. Le deuxième argument est celui de l’élection du Président directement par le peuple. Il serait donc normal qu’il dirige la défense. Dans tous les autres pays de l’U.E., même lorsque le Président est élu directement par le peuple, il n’a jamais le pouvoir de diriger seul la politique, y compris en matière de défense. Certains ont évoqué le Président finlandais : c’est faux, depuis la réforme de 2000, tous ses actes importants sont soumis à contreseing, y compris en matière de défense. Cet argument ne tient donc pas. Un troisième argument, double, est invoqué : le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral. Ces éléments démontreraient la prééminence du Président et justifieraient donc l’augmentation de ses pouvoirs en matière de défense. L’argument du quinquennat ne tient pas. Si on avait voulu réviser la Constitution pour que le Président dirige tout, il aurait fallu soumettre cette proposition au peuple. Ce n’était absolument pas la question posée lors du référendum. Par exemple, j’ai personnellement voté pour le quinquennat, afin d’avoir la possibilité de sanctionner le Président tout les 5 ans, plutôt que tout les 7 ans. Je n’ai jamais eu l’intention que le Président ait plus de pouvoirs. Quant à l’inversion du calendrier, elle pose réellement problème puisqu’elle augmente la soumission des parlementaires envers le Président. Mais c’est une escroquerie intellectuelle de prétendre que cette inversion imposerait, en droit, la prééminence du Président. Il s’agit d’une soumission politique de fait et non pas d’une soumission en droit.

Ainsi, sous couvert d’une simple ratification de la pratique existante, on a un véritable bouleversement de tout l’équilibre des institutions, qui est extrêmement dangereux. On voit d’ailleurs, depuis de nombreuses années, les Présidents de la République avoir une fâcheuse propension à étendre très largement leurs pouvoirs. A l’origine, le domaine réservé sous De Gaulle concernait la défense et la diplomatie. Ensuite, chaque Président a ajouté ce qu’il souhaitait : Valéry Giscard d’Estaing la défense des libertés, Mitterrand la cohésion sociale, Jacques Chirac l’Union Européenne. On assistera au même processus avec la défense. Par un communiqué du 3 janvier 2008, l’Elysée a annoncé la création d’un nouveau Conseil de la Défense et de sécurité nationale. Et cela pour concentrer sous la direction du Président les pouvoirs en matière de défense, de diplomatie, de police et de renseignement. Le Président veut donc étendre son pouvoir à tous ces secteurs absolument cruciaux, bien au-delà de la défense au sens classique. Avant même la réforme, il y a déjà une extension de la notion de défense.

Une autre disposition, en matière de défense, s'avère être un cadeau empoisonné. Elle concerne les interventions des forces armées à l’étranger: le gouvernement aura l’obligation d’en informer le Parlement. Bien que cette obligation soit une évidence – peut-être pas pour tous - c’est une avancée de l’écrire dans la Constitution, puisqu’elle ne pourra plus être contestée. Cependant, il est aussi prévu que le Parlement ne pourra pas voter à l’issue de cette information, ce qui est très choquant. Mais surtout, les parlementaires devront attendre 6 mois pour que le Gouvernement ait l’obligation de leur demander l’autorisation de prolonger cette intervention (art. 13 du projet). En attendant ces 6 mois, le Gouvernement (dirigé en fait par le Président en matière de défense) pourra donc faire ce qu’il veut. C’est complètement inadmissible. Il est indispensable que le Parlement puisse, dès le départ, non seulement être informé, mais aussi débattre et refuser ou autoriser l’action des forces françaises. En effet, l’article 35 de la Constitution (que l’on prétend ainsi réviser) prévoit aujourd’hui que seul le Parlement peut autoriser la déclaration de guerre. De nos jours, dans tous les pays on a une fâcheuse tendance à faire la guerre sans la déclarer. Donc il faut adapter la Constitution à cette évolution des formes de guerre : le Parlement doit rester seul compétent pour autoriser tout engagement des forces françaises à l’étranger. Le projet est vicieux puisqu’il a l’air d’apporter un progrès, qui est réel au regard de la pratique ; mais pas au regard du droit, alors qu’il conduit en même temps à limiter les pouvoirs du Parlement. Si les parlementaires souhaitent, au bout de 15 jours, ou 2 mois, exprimer leur refus d’une politique scandaleuse, le Président pourra tout d’abord répondre que le Premier ministre n’est qu’un exécutant en matière de défense (art. 21 nouveau)- renverser le gouvernement n’y changera rien - et ensuite rétorquer au Parlement qu’il ne peut intervenir qu’au bout de 6 mois. C’est donc inacceptable.

Finalement, Nicolas Sarkozy sera peut-être le grand destructeur du présidentialisme. Il cherche sans cesse des limites, qu’il ne trouve pas. Jamais la concentration des pouvoirs dans les mains du Président n’a atteint un tel degré : les parlementaires, de droite comme de gauche, sont écoeurés. Tout se passe à l’Elysée, même les réunions de l’UMP. Nous n’avions jamais atteint un tel sommet de mépris envers les parlementaires. Si Nicolas Sarkozy continue d’abuser de ses pouvoirs, plus personne ne le supportera. Il va tellement nous montrer les dangers et les écueils de la prééminence présidentielle que toute la classe politique française risque de se retourner contre lui. Ce sont peut-être ses abus de pouvoir qui vont permettre d’assainir notre régime. Il aura rendu un grand service à la Vème République.

Cependant, il est consternant de voir bien souvent s'imposer à gauche une mentalité de résignation et de soumission à la pratique présidentialiste. Elle trouve largement sa source dans la pratique mitterrandienne. Certains pensent que Mitterrand a eu le grand génie d’exercer le pouvoir de manière monarchique, ils se trompent. Au contraire, il a fait de nombreux dégâts au plan constitutionnel. Il avait plutôt raison lorsqu’il dénonçait le coup d’Etat permanent. Il montrait alors les risques du domaine reservé et d’un Président qui décide sans être responsable. Mais les grands admirateurs de Mitterrand n’arrivent pas à reconnaître qu’il a commis des erreurs. Or on peut avoir une vraie démocratie française sans monarchie.

La France est comme les autres pays, ce n’est pas parce que notre histoire est pleine de « Napoléons » que l’on doit se soumettre à la dictature d’un homme à la tête de l’Etat, ou même à une monarchie républicaine de plus en plus absolue. L’histoire a montré où cela pouvait conduire. Dans tous les autres pays de l’U.E., même lorsque le Président est élu par le peuple, c’est le gouvernement qui dirige, parce qu’il est responsable devant le Parlement. Revenons à cette idée du Président « arbitre », qui était celle de De Gaulle à l’origine. Une république efficace et démocratique suppose aussi une pratique plus collégiale du pouvoir. La concentration du pouvoir de décision par un seul homme, c’est dangereux. Nous avons une occasion unique depuis 50 ans de faire une révision de la Constitution qui renforce les droits du Parlement, le Président étant mal placé pour augmenter ses pouvoirs par un référendum. Sachons donc faire le tri dans ce projet de réforme. »

Réalisé par KARL LASKE et CAMILLE STROMBONI - Le Contre-Journal

Sarkozy légalise un système d’écoles religieuses......

813901903.JPGEn signant le Décret n°2008-263 du 14 mars 2008 - art. 15 (V) abrogeant l’article 5 des lois et décrets légiférant sur l’enseignement privé sous contrat avec l’état, Sarkozy impose sa « laïcité positive ». Il contourne, et porte un sale coup à la loi de 1905.
Alors que Sarkozy et ses sbires annoncent des mesures de rigueur budgétaire, qui vont bien sûr toucher de plein fouet l’Education Nationale, avec notamment la suppression de milliers de postes d’enseignants, il vient, en catimini, de passer à l’acte en matière de « laïcité positive », autrement dit favoriser le développement, aux frais des contribuables, de l’enseignement religieux privé, désormais livré à lui-même, et pouvant dorénavant enseigner ce que bon lui semble.

Alors que l’attention des élus de l’opposition et des électeurs était concentrée sur les résultats des élections municipales et cantonales, il a signé le Décret n°2008-263 du 14 mars 2008 - art. 15 (V) abrogeant l’article 5 des lois et décrets régissant l’enseignement privé sous contrat avec l’état.

L’article 5 de cette loi stipulait que :

« L’organisation des services d’enseignement, dans les classes sous contrat d’association, fait l’objet d’un tableau de service soumis aux autorités académiques. L’instruction religieuse peut être dispensée soit aux heures non occupées par l’emploi du temps des classes, soit à la première ou à la dernière heure de l’emploi du temps de la matinée ou de l’après-midi Les autres heures d’activités spirituelles et éducatives complémentaires ne peuvent être incluses dans le tableau de service. »

Désormais donc, suite à l’abrogation, les écoles religieuses ne sont plus tenues de présenter l’agenda des matières enseignées, donc plus de contrôle par l’éducation nationale sur ces dernières. Elles peuvent dorénavant dispenser leurs cours d’éducation religieuse - catéchèse, talmud torah - quand elles veulent et pendant autant d’heures qu’elles le veulent, et introduire dans le temps qui était normalement prévu à l’enseignement scolaire correspondant à celui de l’éducation nationale, des « activités spirituelles », type prière par exemple, et des activités éducatives complémentaires, comme par exemple l’enseignement du sionisme, des fêtes sionistes*, ou bien encore, le créationnisme, cette théorie religieuse selon laquelle la Terre, et par extension l’Univers, a été créée par un être supérieur, c’est-à-dire un Dieu, qui introduite dans le cursus de certaines écoles aux Etats-Unis a soulevé Outre Atlantique une immense vague de protestation…

Tout cela payé avec l’argent des contribuables puisque les enseignants de ces écoles ayant passé ce type de contrat avec l’état sont rémunérés par celui-ci.

Et encore plus de privé

Actuellement, 80% du personnel éducatif se trouve employé dans le public pour 20% dans le privé. Dans le cadre du plan " Espoir banlieues " concocté par Fadela Amara (qui se dit musulmane pratiquante mais laïque en politique, vraiment ) et estampillé par Sarkozy, un fonds destiné à l’ouverture de cinquante classes issues d’établissements privés en ZEP vient d’être mis en place. D’autre part, une suppression de 11.200 postes publics est prévue à la rentrée prochaine, par conséquent, le nombre de postes privés d’enseignants devrait diminuer proportionnellement. Ce ne sera pas le cas avec ce fonds d’intervention spécifique pour le privé qui va majorer les 20% traditionnels et augmenter l’effectif des personnels de ce secteur. En attendant, dans le public c’est la liquidation progressive des postes d’enseignants.

Récemment, le ministère de l’éducation nationale (sur diktat de Sarkozy) a redéfini les priorités en matière d’éducation à l’école primaire et impose donc un retour à ce qu’il considère comme des fondamentaux. Ainsi, l’instruction civique et morale y remplace l’éducation civique. Si l’éducation civique ne pouvait jusqu’à présent se concevoir que dans le cadre de la laïcité, l’instruction morale dorénavant dispensée dans ces écoles religieuses fera bien évidemment exclusivement référence à la morale religieuse chrétienne ou juive puisqu’ actuellement les écoles religieuses privées sont à 99,…% majoritairement juives et catholiques, bien que ces dernières années on ait pu constater, notamment en Alsace et en Ile de France, le développement d’écoles évangéliques, cependant rarement sous contrat .*

On peut se demander si ce décret d’abrogation n’est pas en contradiction avec l’Article L442-1 des lois qui régissent les établissements sous contrat d’association avec l’état et qui stipule que :

« Dans les établissements privés qui ont passé un des contrats prévus aux articles L. 442-5 et L. 442-12, l’enseignement placé sous le régime du contrat est soumis au contrôle de l’Etat. L’établissement, tout en conservant son caractère propre, doit donner cet enseignement dans le respect total de la liberté de conscience. Tous les enfants sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyances, y ont accès »

On peut également signaler que si les écoles privées catholiques acceptent des enfants de confessions autres que chrétiennes (enfants juifs et musulmans par exemple), il n’en va pas de même des écoles juives. Ces dernières sont donc en infraction avec cet article de loi et ne devraient pas bénéficier de ce type de contrat. Pourquoi donc pratiquer en toute illégalité un tel « favoritisme » ?

Sarkozy ne fait que mettre en pratique ses écrits et discours sur la religion.

Pour rappel

Il a détaillé ses convictions dans un livre, la République, les Religions, l’Espérance, paru en 2004. Dès les premières pages de la République, on peut y lire : « Je considère que, toutes ces dernières années, on a surestimé l’importance des questions sociologiques, tandis que le fait religieux, la question spirituelle ont été très largement sous-estimées.… Le fait religieux est un élément primordial en ce qu’il inscrit la vie dans un processus qui ne s’arrête pas avec la mort. C’est pourquoi je n’ai pas une conception sectaire de la laïcité. Pas même la vision d’une laïcité indifférente. Je crois au besoin religieux pour la majorité des femmes et des hommes de notre siècle. La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale. »

Le 21 juin 2005, alors ministre de l’Intérieur, il déclarait au cours d’une réunion publique (rapporté par l’AFP) : « On m’a soupçonné de vouloir instrumentaliser les Eglises. Je n’ai fait que constater que, lorsqu’il y a un prêtre ou un pasteur, dans un village ou un quartier, pour s’occuper des jeunes, il y a moins de laisser-aller, de désespérance, et finalement moins de délinquance. Aujourd’hui, nos quartiers sont devenus des déserts spirituels ! (…) En quoi le fait d’espérer serait-il un danger pour la République ? (…) Les religions sont un plus pour la République. »

A Saint-Jean-de-Latran, le 20décembre 2007, le chef de l’Etat avait déclaré : "La morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini…dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance". Il y a aussi défendu l’idée que "nos enfants aient aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de Dieu".

L’abrogation de cet article mentionné ci-dessus, est donc la concrétisation de ses paroles.

Au lieu de se contenter d’accuser Sarkozy d’être « un prédicateur », l’opposition ferait mieux de faire son travail et de surveiller attentivement ce qui paraît au Journal Officiel. Avec, en plus, ses déclarations devant le Parlement Britannique de l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, Sarkozy, à l’évidence, ne considère même plus le Parlement Français comme une simple chambre d’enregistrement. Il lui enlève ce dernier semblant de pouvoir, humilie les élus et donc affiche son mépris du peuple français et de la République Laïque.

Qu’attendent les élus de l’opposition pour agir avec fermeté, et initier tout recours légal pour le contrer ?

(*) Selon le site du CRIF rubrique « Le CRIF en action » du 20/03/08, le directeur général du CRIF, Haim Musicant, s’est fait menaçant. Ainsi selon ce site :

« Dans la perspective des préparatifs de Yom Haatsmaout, Haïm Musicant a lancé un appel pour que les institutions juives refusent d’accorder des subventions aux écoles qui s’opposent à la célébration de l’indépendance d’Israël »

Ces institutions juives reçoivent des subventions de qui ? Si c’est le FSJU (Fond Social Juif Unifié), reconnue d’utilité publique, c’est pour partie de l’état français.

Pierre Besnainou, président des Fonds Sociaux Unifiés, a récemment déclaré que « le prochain pas doit être fait vers une meilleure étude de l’hébreu et des études sur Israel » (cité par JPost en ligne du 21/01/08).

Et dans la revue "La Réforme" 3141 du 9/08/05 on pouvait lire : « L’école juive est un compromis entre le Judaïsme et la République. Les écoles dispensent entre 4 et 12 heures d’enseignement religieux par semaine. Nous célébrons également la fête nationale israélienne. », explique Jo Tolédano, directeur de l’Institut André-Neher, organisme chargé de former les enseignants des écoles juives sous contrat."

Ces menaces, objectifs tracés, explications, replacés dans le contexte de l’abrogation de l’article 5 cité ci –dessus, permettent d’entrevoir ce qui sera désormais principalement au programme des écoles juives sous contrat avec l’état et les sujets enseignés par ceux payés avec les deniers des contribuables français.

(*) Ecoles évangéliques, revue "La Réforme", même numéro : « Éduquer les enfants dans un cadre strictement laïc, ce n’est pas possible. Enseigner sans la présence de Dieu, ce n’est pas concevable. La religion n’est pas un fait que l’on enseigne, c’est aussi un mode de vie. » Marie-Thérèse Rindel dirige la principale école primaire et maternelle évangélique d’Ile-de-France. Fondé en 1993 par un groupe de parents et d’anciens enseignants de l’école publique, l’établissement Timothée de Fontenay-sous-Bois compte aujourd’hui 38 élèves. « ... « Dans notre établissement, le problème ne se pose pas (enseigement du créationnisme) car, en primaire, nous n’enseignons pas les sciences naturelles. Je présenterais bien la théorie de l’évolution, tout en signifiant que la Bible dit autre chose et que je ne suis pas dans la même optique que Darwin. » On peut donc avoir, à juste titre, certaines craintes sur ce qui sera dorénavant enseigné suite à cette abrogation.

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Gloire à Léon Mercadet de Canal+

Je dénonce souvent la nullité des journalistes. Voilà qu'un d'entre eux mérite toute notre reconnaissance: Léon Mercadet . Pourquoi? Par ce qu'il a démonté un mythe néo-con que les trolls UMP continuent de répandre comme la fiante coule du cul du porc: La France serait supposé travailler moins que les autres.. Ca vous l'avez entendu en 2007 et nos andouilles continuent à le répéter. Voilà enfin que les médias se posent enfin les bonnes questions ! Mensonge démonté !

Il parle de distorsion des faits, de mensonges. La vidéo parle d'elle même. Les statistiques sont cruelles, que ce soit en durée annuelle ou hebdomadaire en terme de durée réelle du travail , la France est au dessus d'un nombre de pays. Et pas des moindres: Pays Bas, Grande Bretagne et Allemagne. Oui, vous avez bien lu !

Je vous en parlais déjà en 2007 : l'intox de la durée du travail.

Regardez cette vidéo de bout en bout, le démonstration est claire. On trouvera les chiffres sur Eurostats, l'organisme de statistiques de l'union Européenne. Tout contredit la doxa des néo-conservateurs UMP qui nous expliquent qu'on ne travaille pas assez dans ce pays, et que les autres ont une situation meilleure par ce qu'ils travaillent plus. C'est faux, c'est un mensonge.

Alors si un journaliste de Canal+ peut expliquer ça , si des blogeurs ploucs du Web le répètent depuis 2007 ou avant. On ne va pas se plaindre, ils ont mis un an à comprendre. Mais alors, nos élites politiques, nos adeptes de tribunes à belle formules ? Vous ne vous trouvez pas un peu idiots là ? Que dire des génies rénovateurs prêts à faire des alliances contre nature, pourquoi ne vous entendons pas sur ce sujet alors que vous nous parlez de l'Amérique Latine ? alors qu'ici chez nous , des mensonges d'une taille cataclysmique sont encore à l'oeuvre. Pas besoin de Think-Tank, de terra nova, de La Forge ou de je ne sais quoi encore.... C'est simple à expliquer.

Voilà le verbatim d'un extrait de cette vidéo , il a été saisi avec courage par Olivier Bonnet , je vous conseille vivement de lire son blog régulièrement. C'est un journaliste engagé, chose rare dans ce pays. Si vous êtes fainéants au point de ne pas voir la vidéo en entier, cet extrait montre qu'il existe des chroniqueurs TV qui ne font pas dans la lêche et la reproduction des mensonges.

"Il y a un truc très très frappant, c'est que les pays où l'on travaille le moins sont les plus avancés, les plus performants économiquement et socialement." "Ca alors !" ( Bruce Toussaint) . "A l'inverse, si on va en bas de classement, on s'aperçoit que les cancres sont (...) ceux dont le PIB par habitant est le plus faible. Tout se passe comme si plus on est un pays moderne, plus on est un pays économiquement performant, moins on travaille ! Allez savoir pourquoi, mais moins l'on travaille et plus le PIB par habitant est élevé, c'est comme ça que ça se passe en Europe. Alors quand les ministres et les porte-paroles du gouvernement nous répètent que nous ne travaillons pas assez, je me pose la question : est-ce ignorance ou est-ce mensonge délibéré ? En tout cas, c'est de l'idéologie, ce n'est pas des faits. J'ai quand même l'impression qu'on nous répète ça dans l'espoir qu'un mensonge cent fois répété devienne une vérité. Alors dans quel but cette distorsion des faits ? (...) Il y a une réponse évidente: c'est pour supprimer les 35h. Pourquoi supprimer les 35h ? Parce que c'est la durée légale. Ca veut dire quoi ? C'est le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Donc les Français travaillent déjà plus de 35h - on est à 38 - mais si on fait sauter les 35h, on n'a plus besoin de payer entre 35 et 38 au tarif des heures supplémentaires."

 

Et ce n'est pas fini, voilà ce qui se passe quand on met un zozo de l'UMP, ici Yves Jego qui n'est pas la moitié d'un con, devant le fait accompli. C'est le même journaliste Léon Mercadet qui a corrigé Yves Jego. Le Zozo de l'UMP va bafouiller et avouer: il a bien bossé son sujet. Et oui, il suffit de connaître quelques chiffres pour dégommer les intox de l'UMP.
Que cet homme soit glorifié, voilà un défenseur de l'information, un desintoxiqueur à TV . Bravo à vous Monsieur Leon Mercadet ! Vous êtes plus efficace que nos élus, c'est dire si le PS est dans un état de déliquescence absolue. Bon alors, on va pas faire dans la dentelle, je balance le lien de ce billets à mes connaissances qui sont dans l'entourage de Ségolène Royal. Il serait peut-être temps que la gauche se secoue et explique que toute l'idéologie du travailler plus pour gagner plus et de la France oisive est basée sur des mensonges, des escroqueries intellectuelles.

les mensonges sur la valeur travail
envoyé par dagrouik

Yves Jego va essayer de se défendre, il parle des congés. Pourquoi pas les jours fériés ?Sait-il cet andouille que l'Allemagne en a plus que nous ? En France on travaille en moyenne 1545 heures dans l'année, contre 1445 en Allemagne, 1499 au Danemark, les Pays-Bas sont derrière avec 1340 heures.

 

Voilà l'UMP en slip, les mensonges démasqués. C'est pourtant simple non ?

Lettre d'une prof en colère/LeParisien.fr

2014555262.jpgJe suis un professeur d'histoire-géographie de 30 ans, enseignant dans un lycée d'Indre-et-Loire, non syndiqué et qui a fait grève pour la première fois de sa carrière cette année. Nous ne travaillons - comme vous le savez si bien maintenant chers lecteurs - « que » 18 heures par semaine devant les élèves, et ce, depuis 1950. Or ce temps fut conçu en prévoyant qu'un enseignant travaille 1,5 heure chez lui pour une heure devant les élèves afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline.

Cela fait 18 fois 2,5 soit 45 heures hebdomadaires. Je suppose, qu'intérieurement, vous vous dites: « vous avez les vacances pour compenser ».

Ces chères vacances qui font de nous des privilégiés ! Certes, il est vrai que nous avons 10 jours en février, 10 jours en avril, 10 jours à Noël, 5 jours aux vacances de la Toussaint (en réalité 8 jours mais nous travaillons 3 jours de plus en juillet pour compenser), cela fait 35 jours de congés payés. Aujourd'hui avec les 4 semaines de congés payés et les RTT, beaucoup de salariés ont autant de congés si ce n'est plus ! Or, nous, enseignants, pendant ces 35 jours de congés payés, souvent, nous corrigeons nos copies ou préparons nos cours. Vous répondrez: « oui mais vous avez 2 mois en été ». Ces fameux deux mois d'été, il faut le savoir, ne nous sont pas payés : notre grille de salaire fut fixée en 1850 au même niveau que les autres cadres de la fonction publique recrutés avec un concours au niveau BAC+3, mais à cette grille, il nous a été retiré 2 mois de salaire, puis le résultat fut divisé par 12 (afin de recevoir un salaire chaque mois).

Pensiez-vous vraiment que l'on nous payait à rien faire durant deux mois ? Non ! En résumé nous travaillons 45 heures par semaine, payés environ 1660 euros par mois, avec 35 jours de congés payés. Les événements de ces derniers jours, voire de ces derniers mois m'ulcèrent. Certains politiques détournent le débat sur le service minimum à l'école, pour s'attirer la sympathie des parents d'élèves qui, eux, travaillent toute la journée. Pensez-vous vraiment, chers lecteurs, que le service minimum soit au centre de nos revendications ? Bien sûr que non ! Le seul aléa, c'est que nos « vraies » revendications sont tues, étouffées avant qu'elles ne vous parviennent. D'où cette lettre, qui, je l'espère, arrivera jusqu'à tous les parents d'élèves.

52 heures par semaine et classes de 40 élèves

Premièrement, notre principale revendication c'est la lutte contre la suppression des postes, certes, la « quantité ne fait pas la qualité », mais dans mon établissement, nous avons perdu 2 postes de professeur d'histoire-géographie en 2 ans, alors que la perte d'effectifs ne s'élève qu'à 40 élèves. Pourquoi ces suppressions de postes générales à tous les disciplines et à tous les établissements ? Il s'agit de répartir les heures entre les professeurs restants afin qu'ils fassent 21 heures ou 22 heures de présence devant les élèves, soit plus de 52 heures de travail hebdomadaire ! Qui pourrait tolérer cela ?

Une autre solution serait d'augmenter les effectifs de chaque classe, les classes à 40 élèves deviendront monnaie courante. J'ai donc une proposition à faire à tous les enseignants qui liront ce courrier. Etant donné que nous ne sommes pas rémunérés pour les mois de juillet et août, ne faisons rien, pas de préparation de cours ni de renouvellement de nos connaissances durant l'été. Ensuite, pendant nos « petites vacances » qui sont nos congés payés communs à tous les salariés, reposons-nous: pas de copies ni de cours à préparer. Et surtout, à partir du mois de septembre, travaillons réellement 35 heures par semaines.

Personnellement, je suis prête à fournir au ministre de l'éducation mon emploi du temps semaine par semaine indiquant mes 35 heures de travail réalisées, préparation des cours et corrections de copies inclus. Mais je tiens à vous prévenir que si les enseignants travaillaient réellement « que » 35 heures par semaine, les cours ne seraient pas toujours prêts à temps, les copies seraient rendues très longtemps après les devoirs (un paquet de lycée c'est 4 heures de correction, actuellement je corrige 20 h toutes les 2 à 3 semaines), les brevets blancs et bacs blancs seraient moins nombreux, etc.

Vers le système anglo-saxon

Vous allez répondre que l'on contribuera dès lors à détériorer notre système éducatif déjà si mal en point ! Notre système n'est pas si mal en point que l'on veut vous faire croire. Les professeurs de vos enfants sont parmi les mieux formés du monde, les concours du CAPES et de l'agrégation sont parmi les plus difficiles à réussir. Mais le ministre de l'éducation veut remplacer ces professeurs compétents qu'il faut rémunérer à leur juste valeur (minimum BAC + 3) par des intérimaires, des vacataires sans diplômes et moins bien payés. Il veut copier le système anglo-saxon, où un professeur enseigne plusieurs disciplines avec pour seules compétences son niveau BAC !

Après tout, à quoi cela sert-il qu'un prof de langue étudie 3 à 4 ans à l'université une langue étrangère, se rende dans ce pays pour se familiariser avec le mode de vie et dispense ensuite son savoir aux élèves alors qu'en Angleterre avoir appris l'espagnol au lycée suffit à avoir les compétences pour l'enseigner. On vous parle sans cesse « d'échec scolaire », mais ce « pseudo échec scolaire » n'est pas le fait des enseignants, au contraire ces derniers limitent « la casse ». Je m'explique: le gouvernement souhaite absolument que 80% d'une classe d'âge obtiennent le BAC. Tans pis si un élève de 3ème rêve d'être plombier. Les recommandations données et « imposées » aux professeurs principaux de 3ème sont claires, il faut faire passer en 2nde générale et technologique. Les places en BEP ou CAP sont d'ailleurs peu nombreuses et seuls les meilleurs élèves sont acceptés. Les autres vont en 2nde, quitte à échouer après. Les enseignants rencontrent les parents, expliquent les différentes voies empruntables par les élèves qui ne souhaitent pas aller au lycée, mais le discours est tellement bien formaté et martelé que chacun imagine la voie professionnelle comme un échec. D'autre part, les établissements ont des « quotas » de redoublants à ne pas dépasser. Tans pis si un élève aurait pu consolider des acquis fragiles en redoublant (car redoubler c'est une 2nde chance, ce n'est pas une sanction).

« Nous passons pour des bouffons »

A cela s'ajoute le manque de sanction. Combien de parents n'ont-ils pas entendu leurs enfants raconter qu'ils n'ont pas pu avancer dans tel ou tel cours car certains élèves faisaient « le bordel » ? Or, un enseignant peut difficilement exclure un élève de cours sous peine d'être déconsidéré par sa hiérarchie, des exercices supplémentaires peuvent être donnés mais s'ils ne sont pas réalisés, que faire ? Coller ? Oui, c'est une solution mais dans de nombreux établissements il n'y a pas assez de personnels ou d'heures rémunérées pour surveiller les colles du mercredi.

Exclure ? Pourquoi pas ? Mais les chefs d'établissements y sont souvent réfractaires car l'exclusion définitive les met en situation d'échec vis-à-vis du rectorat. Nous faisons grève pour nous faire entendre mais nous apparaissons comme des « bouffons » dont on se joue. Nous ne bloquons aucune production, nous ne prenons pas de voyageurs en otage, nous ne bloquons pas les routes et, de ce fait, le gouvernement a raison de rigoler et d'attendre que l'on ait fini nos « petites manifs ». Maintenant il y a toujours la solution de « bloquer » la production, notre production étant pour nous l'éducation et le savoir. Rien n'est plus facile que de faire grève durant les épreuves du BAC et brevet, ou pire encore, travailler 35 heures par semaine, car à partir de ce moment il n'est pas dit que vos enfants aient acquis toutes les compétences nécessaires à la réussite de leurs examens, étant donner que pour faire que 35 h nous devront donner des QCM à la place des compositions, que nous ne pourrons plus préparer d'examens blancs, car trop longs à corriger. Si tel était le cas nous serions très loin d'atteindre 80 % de réussite au BAC ! Peut être que le gouvernement attend de constater qu'avec ses réformes imposées et contre-productives, la cuvée 2009 du BAC ne représentera que 50 % des candidats.

Chers lecteurs, j'espère que ce courrier vous permettra de vous forger votre propre opinion, tout en vous détachant du bourrage de crâne gouvernemental et médiatique qui ne tend qu'à masquer la réalité des problèmes et revendications. Rien ne vous empêche d'aller interroger directement les professeurs de vos enfants, ils sauront vous renseigner sur la réalité du système éducatif français. Je terminerai en précisant que jamais en classe nous ne critiquons tel ou tel corps de métier, alors je ne comprends pas pourquoi certains élèves arrivent en classe avec un discours méprisant envers les enseignants, discours véhiculé par les parents alors que ces derniers ne savent rien de la réalité de nos conditions de travail.

Elisabeth, Tours

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