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17.05.2008

Une chanson de circonstance...

Dans les poulaillers d'acajou,Les belles basses-cours à bijoux,

On entend la conversation
D'la volaille qui fait l'opinion.
Ils disent :

"On peut pas être gentils tout le temps.
On peut pas aimer tous les gens.
Y a une sélection. C'est normal.
On lit pas tous le même journal,
Mais comprenez-moi : c'est une migraine,
Tous ces campeurs sous mes persiennes.
Mais comprenez-moi : c'est dur à voir.
Quels sont ces gens sur mon plongeoir ?"

{Refrain}

"On peut pas aimer tout Paris.
N'est-ce pas y a des endroits la nuit
Où les peaux qui vous font la peau
Sont plus bronzées que nos p'tits poulbots ?
Mais comprenez-moi : la djellaba,
C'est pas ce qui faut sous nos climats.
Mais comprenez-moi : à Rochechouart,
Y a des taxis qui ont peur du noir."

{Refrain}

"Que font ces jeunes, assis par terre,
Habillés comme des traîne-misère.
On dirait qu'ils n'aiment pas le travail.
Ça nous prépare une belle pagaille.
Mais comprenez-moi : c'est inquiétant.
Nous vivons des temps décadents.
Mais comprenez-moi : le respect se perd
Dans les usines de mon grand-père."

Mais comprenez-moi...

Lu sur un forum...

Le gouvernement se fout des grèvistes ("bouffonerie" pour Darcos) ; que fera-t-il donc avec des grévistes qui porteraient un brassard ?
"La fonction publique est essentielle" ; merci de le dire mais l'est-elle pour ceux qui nous gouvernent ?
 
La réponse est ci-dessous en lisant les propos du Ministre de la Fonction publique (sic) rapportés par Charlie-Hebdo, tenus lors d'une réunion de la Fondation Concorde, proche de la majorité actuelle, le mercredi 20 octobre au Café Restaurant Pépita à Paris :
“Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d'un retraité, c'est presque 75% du coût d'un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème.”
“Le grand problème de l'État, c'est la rigidité de sa main-d'œuvre. Pour Faire passer un fonctionnaire du premier au deuxième étage de la place Beauvau, il faut un an. Non pas à cause de l'escalier [rires dans la salle], mais des corps. Il y a 1400 corps. 900 corps vivants, 500 corps morts [rires], comme par exemple l'administration des télécoms. Je vais les remplacer par cinq filières professionnelles qui permettront la mobilité des ressources humaines : éducation, administration générale, économie et finances, sécurité sanitaire et sociale. Si on ne fait pas ça, la réforme de l'État est impossible. Parce que les corps abritent des emplois inutiles.”
 
“À l'heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis 2000.”
“Comme tous les hommes politiques de droite, j'étais impressionné par l'adversaire. Mais je pense que nous surestimions considérablement cette force de résistance. Ce qui compte en France, c'est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques.”
“C'est sur l'Éducation nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l'Éducation nationale, 800 000 sont des enseignants. Licencier dans les back office de l'Éducation nationale, c'est facile, on sait comment faire, avec Éric Woerth [secrétaire d'État à la Réforme de l'État] : on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c'est plus délicat. Il faudra faire un grand audit.”
 
“Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure – c'est ce que fait très bien Michel Camdessus, mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues.“

Il admet dans ses propos que les français sont satisfaits de la qualité du service public rendu par les fonctionnaires, quels qu'ils soient. C'est bien en les fragilisant de l'intérieur (sous effectif, baisse d'investissements etc.) qu'il compte rendre les services publics impopulaires auprès des populations. Une impopularité qui lui servira de prétexte pour les privatisations à venir. Alors que ce sont bien les attaques à l'œuvre depuis de nombreuses années qui dégradent la qualité des services publics.

Lycéens sanctionnés : vos témoignages

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Photo : nouvelle méthode "pédagogique" 

L’administration et les proviseurs ont été en première ligne pour dissuader les lycéens de manifester contre la loi Darcos. Interventions policières, exclusions temporaires, menaces de sanctions… Le Contre-journal a réuni des premiers témoignages publiés dans Libération. Une suite est prévue: apportez vos témoignages.

Idriss (lycéen, Aubervilliers). «Je suis allé aux manifestations et mes absences ont été comptabilisées et utilisées pour m’obliger à revenir en cours. Je n’avais jamais eu d’avertissement pour absence avant, mais le lycée m’a directement envoyé un troisième avertissement, pour cause de "manquement très grave à la fréquentation scolaire". Enfin, le lycée m’a menacé de supprimer mes allocations familiales si je ne retournais pas en cours. Les termes de la lettre que j’ai reçue sont clairs : "Je me permets de vous rappeler avec insistance que la scolarité est obligatoire et que la non-observation du règlement me contraint d’en informer l’inspecteur d’Académie qui saisira le procureur de la République et le directeur de la Caisse des Allocations familiales". J’ai dû retourner en cours».

Cédric (membre de la Coordination de Soutien Citoyenne). «La répression des manifestations lycéennes est montée d’un cran cette année. Les matraquages se sont multipliés, comme le 29 avril à Poitiers. La FCPE a demandé par courrier l’arrêt de l’intervention systématique des forces de l’ordre à l’intérieur des établissements. L’histoire de Jean-Baptiste Boudet illustre le climat tendu qui pèse sur les lycéens. Élève de première à Victor-Hugo (Poitiers) engagé contre la réforme Darcos, il a lancé un appel au blocage de son établissement sur des forums pour aller à la manifestation nationale du 3 avril. Les renseignements généraux ont repéré le message et averti la proviseure. En dépit de toute réglementation, elle a choisi d’exclure Jean-Baptiste de l’établissement pour trois jours, sans motif. Elle lui a fait ensuite comprendre verbalement qu’elle l’aiderait à changer de lycée et qu’un conseil de discipline l’attendait. Chose étrange : alors qu’il était exclu, il a reçu des heures de colle. La proviseure a quand même expliqué à ses parents qu’il était absolument impossible que leur fils revienne dans l’établissement. Avec la mobilisation d’un comité de soutien, la proviseure a finalement reculé et il a été réintégré sans conseil de discipline.»

Sarah, en première au lycée Emile-Dubois (Paris XIVe). «Nous subissons sans arrêt des pressions pour nous empêcher de manifester. L’administration est allée jusqu’à appeler certains parents pour leur expliquer que cela n’aiderait pas leurs enfants d’aller manifester. A Emile-Dubois, toute réunion a été interdite. Mardi, nous avons donc commencé le blocage très tôt devant le lycée. Le proviseur m’a repérée comme "leader" du mouvement et menacée haut et fort d’un conseil de discipline musclé, d’une plainte contre moi, et de me rayer des listes du bac de français ! Il a bien sûr appelé mes parents pour leur expliquer tout cela.»

Un parent (Gennevilliers). «Une trentaine d’élèves de première scientifique ont été privés d’un voyage en Auvergne organisé par l’établissement à la suite d’une semaine de grève et d’absences perlées d’élèves. La leçon vaut pour les absents aux cours comme pour les présents. Parmi les élèves d’autres classes qui sont du voyage, certains décident alors de ne pas partir. Bien entendu la question du remboursement aux familles s’est immédiatement posée. Que le car soit plein ou vide, les frais sont identiques. Un conseil d’établissement a décidé d’un remboursement partiel. À leur tour, les parents des enfants exclus de la sortie sont sanctionnés financièrement. Je me demande encore comment des pédagogues peuvent prendre des décisions aussi injustes et polémiques.»

Réalisé par CAMILLE STROMBONI - Le Contre-Journal

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