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16.05.2008

L'intox du Figaro :

1516226968.jpgLe "dossier explosif" des 23200 profs qui n'enseignent pas

Le Figaro évoque un "dossier explosif", celui des profs qui sont payés... à ne pas enseigner. Le chiffre avancé est de 23200. En donnant cette estimation, l'objectif est clair : "laisser entendre aux syndicats et à l'opinion que les élèves ne risquent pas de pâtir du plan d'économie décidé". Oui, il y 11 200 suppressions de postes, mais comme il y aurait 23 200 profs de trop, ça en laisse encore beaucoup qui ne servent à rien.

Où est le chiffre de 23 200 dans l'article ?

Petit souci, on ne trouve nulle part ce chiffre de 23 200. Prenons l'article dans l'ordre :
- "210 000 enseignants ont bénéficié d'une décharge de service pendant l'année 2006-2007".
- "94 000 ont profité d'une heure dite de première chaire".
- "31 000 professeurs de géographie ou utilisant un laboratoire disposaient eux aussi d'une heure pour ranger et organiser leur matériel".
- "les décharges syndicales concernent 3 038 enseignants".
- "une rationalisation du système représenterait près de 30 000 emplois temps plein".
- "On pourrait réduire de 40% les décharges et économiser ainsi 11 800 postes".
- "Les professeurs qui n'ont pas d'élèves [représentent] quelque 11 400 postes".

Voilà tous les chiffres figurant dans l'article ont été cités, mais celui de 23 200 profs en trop n'y figure pas. Vous pouvez prendre les chiffres dans tous les sens, soustraire, diviser, faire la racine carrée, on n'obtient jamais 23 200 profs en trop.
Seuls deux chiffres peuvent être additionnés pour obtenir le titre de Une : les postes économisés en réduisant les décharges et les profs sans élèves. Mais l'addition n'a aucun sens puisque les profs qui bénéficient de ces décharges ont bien des élèves et les profs qui ont 100% de décharges n'existent pas. D'ailleurs, à lire l'article, "une rationalisation du système représenterait 30 000 emplois temps plein". Ce n'est donc plus 23 200, c'est 30 000. L'art de jongler avec les chiffres et d'additionner les choux et les carottes.

Qui sont ces 23 200 enseignants sans élèves ?

Une décharge de service correspond à 1h payée qui n'est pas passée devant élève. Mais alors que font les 210 000 enseignants qui en bénéficient pendant cette heure ? Plusieurs possibilités :
- soit il s'agit d'une heure de "première chaire". En clair, lorsqu'un enseignant à un certain nombre de classes à examen, il bénéficie d'une heure payée, en raison de la charge de travail supplémentaire (organisation d'entraînements type bac).
- soit il s'agit d'une heure "labo". Gérer le matériel demande du temps : s'occuper du "labo", c'est gérer le matériel, s'assurer du bon fonctionnement des ordinateurs, des rétroprojecteurs. Les labos de langue réclament une réelle maintenance.
- soit les enseignants ont une décharge syndicale. Ils sont 3 038 enseignants temps plein dans ce cas-là. Du temps pour militer ? Pas vraiment. Il faut savoir que les premiers interlocuteurs des enseignants qui entrent dans le métier sont les syndicats. Toutes les brochures expliquant le système éducatif, les mutations, les systèmes de points, etc... sont éditées par les syndicats.
L'article du Figaro précise que le gouvernement n'a pas l'intention de toucher à ces 3 038 postes. Quant aux heures de décharge, l'article cite Nicolas Sarkozy qui a refusé l'été dernier de les supprimer : "les bénéficiaires de décharges allaient travailler plus pour gagner moins". Elles sont donc justifiées... même par l'Elysée.

Les 23 200 enseignants sans élèves… n’existent pas

A la fin de l’article, on peut lire "11 400 profs qui n'ont pas d'élèves". Les 23 200 enseignants sans élèves ont donc disparu, il n'y en a plus que 11 400. Il s'agirait des remplaçants et des enseignants qui sont en sureffectif dans leur matière. S'agissant des remplaçants, le chiffre peut surprendre car l'éducation nationale a justement recours de plus en plus aux contractuels (non titulaires) pour assurer les remplacements d'enseignants. En outre, certaines académies, comme celle de Créteil, ont officiellement demandé à des retraités de prendre du service, faute d'avoir suffisamment de remplaçants. Quant aux enseignants en sureffectifs dans leur matière (Le Figaro évoque "l'allemand, l'EPS" entre autres), il faut avouer que ce surnombre est créé artificiellement par le ministère de l'Education lui-même en décidant d'augmenter le nombre d'élèves par classe (lire l'article : "Les manipulations du ministère pour supprimer des postes de profs").

Après lecture et analyse des chiffres, il faut se rendre à l'évidence : les 23 200 enseignants sans élèves n'existent pas... même dans l'article du Figaro.

Politique.net 

Et un mensonge de plus de la part de Sarko !

1067002972.jpgEurope et lutte contre les discriminations : quand Xavier Bertrand flingue les promesses de Nicolas Sarkozy

Officiellement, la France soutient un projet de directive contre toutes les discriminations. Mais pas Xavier Bertrand. Problème : c'est lui qui représente la position de la France devant ses partenaires européens...

La commission Barroso a mis à l'étude un projet de directive contre les discriminations, dont l'objet est d'ouvrir les protections aujourd'hui réservées à la lutte contre le racisme aux autres discriminations, notamment celles liées à l'âge, à l'orientation sexuelle, au handicap ou aux croyances. Accès aux biens et aux services, accès à la santé, à la protection sociale, à l'éducation, au logement : sur tous ces champs d'application, José Manuel Barroso avait promis il y a quelques années une uniformisation par le haut du droit européen.

Pour de nombreux États, les conséquences n'en seraient pas neutres, puisqu'une telle directive les obligerait à adapter leur droit interne. Ceci explique peut-être la fraîcheur avec laquelle cette initiative est accueillie. Au point que la Commission, qui n'a pas pour habitude de présenter des directives qui finiraient retoquées par les États, hésite et envisage une directive centrée sur les seules discriminations liées au handicap, afin que la pilule ne soit pas trop grosse à avaler.

La position de la France, elle, semble limpide. En la matière, à la veille de la présidence française de l'Union européenne, c'est la cellule diplomatique de l'Élysée qui a la main. La doctrine du Président se veut claire et lisible : pas question de tolérer qu'on établisse des priorités entre les discriminations, il faut une directive globale. Cet engagement, maintes fois confirmé, a été signifié avec clarté à l'Inter-LGBT.

Sauf qu'à Bruxelles, la représentation française ne donne pas le même son de cloche et, à la Commission européenne, on a du mal à compter la France parmi les partisans d'une directive large et ambitieuse. Car entre l'Élysée et Bruxelles, il y a un intermédiaire de poids : Xavier Bertrand.

Le sujet relève en effet de la compétence du ministre du Travail, et c'est lui que la Commission européenne sonde, pour savoir ce que la France pourrait bien penser. Or, avant même que le débat n'ait vraiment été lancé, Xavier Betrand s'est montré d'une extrême prudence, et a au contraire donné tous les signes qu'il se contenterait d'une directive au rabais.

Dernier épisode en date : en visite à Madrid et à Lisbonne le week-end dernier, le ministre a voulu dire la ferveur avec laquelle il était attaché à une Europe sociale. Pour illustrer son propos, il a cité les chantiers prioritaires de la France pour sa présidence, en évoquant une directive «sur l'interdiction des discriminations, certainement centrée sur les handicaps». En clair, Xavier Bertrand n'a pas envie de mener la bataille, et cède aux lobbies conservateurs qui veulent une directive la moins ouverte possible.

Malaise à l'Élysée, zappé et incapable de recadrer un ministre qui joue seul sa partition. Pourtant, pour les associations, la lutte contre l'homophobie était le seul engagement présidentiel de Nicolas Sarkozy vraiment intéressant : sur la scène européenne, la campagne électorale paraît subitement lointaine...

A la veille de la Journée mondiale contre l'homophobie, plusieurs associations, syndicats et partis demandent donc une clarification : oui ou non, la France soutient-elle un projet de directive qui traite à égalité toutes les discrminations ?

Alain Piriou

Casse-toi pauv'con / J'ai changé

 

Au chevet d’un Sichuan en ruines

437559966.jpgPékin fait oublier sa gestion autoritaire de la crise tibétaine.
De notre correspondante à Pékin PASCALE NIVELLE - Libération

Il y a moins d’une semaine, la Chine renvoyait au monde l’image glaçante d’un régime nationaliste et autoritaire, plombé par une propagande héritée de la Révolution culturelle. Depuis la catastrophe du Sichuan, le Tibet, le parcours agité de la flamme olympique et la vague nationaliste qui a suivi sont passés à la trappe. L’heure est à la compassion, à la mobilisation et à l’action, montrées sans interruption sur CCTV, la chaîne nationale. La nation est soudée par le drame et ses dirigeants envoient des signaux d’ouverture à la communauté internationale. Plus de barrages de police, plus d’entraves à la liberté d’informer. Les consignes de «sécurité» inlassablement invoquées ne sont plus d’actualité. Les journalistes, toujours interdits dans la zone tibétaine, ont jusqu’à présent été libres de leurs mouvements dans le Sichuan.

Transparence. Hier, la Chine, qui prétextait depuis lundi «des problèmes logistiques» pour décliner les offres d’aide internationale a même accepté l’arrivée sur son territoire d’une équipe d’experts et de secouristes japonais, et celle d’un groupe de Taiwan. Les deux pays, en voie de réchauffement diplomatique avec leur voisin, n’ont pas été choisis au hasard. La Corée du Sud, l’Australie et l’ONU, également volontaires pour des missions de sauvetage, ont été refusés. La décision intervient tard, quatre jours après le drame, alors que les chances de sauver des vies deviennent infinitésimales au regard des dizaines de milliers de disparus. Mais c’est un symbole. Pékin signifie qu’une nouvelle ère, transparente et moderne, est ouverte. A l’opposé de ses réflexes habituels et surtout de son allié birman, plus fermé que jamais malgré le cyclone qui l’a frappé (lire page 4).

La presse nationale relaie le message. «L’onde de choc a été suivie d’un flot d’informations, souligne le Quotidien du Peuple, flot qui n’a absolument pas semé la panique.» «La Chine - en période d’émergence en tant que grande puissance - et son peuple, savent de mieux en mieux faire face aux défis par l’ouverture d’esprit.» Une autre façon d’utiliser la propagande, à moins de trois mois des JO, le rendez-vous tant attendu des Chinois. Selon le Financial Times, les plus hauts dirigeants du PCC, réunis mardi, auraient dicté des consignes pour «donner la priorité à une propagande positive» et «une orientation correcte de l’opinion publique». L’urgence est à la «stabilité». Rien de nouveau au pays de Mao.

Musique sirupeuse. Comme toujours, il faut un héros. Deux heures après le séisme, le Premier ministre Wen Jiabao en a endossé la panoplie. Omniprésent, c’est lui qui fait les gros titres des 2000 quotidiens et autant de chaînes de télévision du pays. Wen Jiabao, en baskets, embrasse les enfants, pleure avec les survivants, se recueille devant les corps et multiplie les messages d’unité et de solidarité. Touche d’humanité qui manque si souvent au pouvoir, le numéro 2 du PCC apaise la colère qui monte. De nombreux villages restent isolés, les barrages sur les affluents du Yang-Tsé montrent d’inquiétantes fissures. Des parents dénoncent la corruption, furieux d’avoir perdu leurs enfants, souvent uniques, sous les décombres d’écoles mal construites… Rien de tout cela dans le Quotidien du Peuple, qui suit Wen Jiabao à la trace à travers le Sichuan : «A 66 ans, le Premier ministre est tombé lors d’une visite, mais pour ne pas entraver les secours, il a refusé l’aide d’un travailleur médical.» Sur les écrans, des parents émus remercient leur sauveur. Des fondus enchaînés sur fond de musique sirupeuse le montrent en gros plan, entrecoupés d’hélicoptères bourrés de secouristes et de quelques-uns des 130 000 soldats réquisitionnés . Sur place, la réalité est celle de cadavres empilés, de blessés alignés sur le sol. Et d’une immensité de disparus, dont on ne connaîtra peut-être jamais le nombre.

Voir aussi : Face au cyclone, le contre-exemple birman

Darcos, ministre de la Garderie Nationale !

1490332189.jpgPrenons le au mot et accueillons les élèves mais sans leur dispenser le moindre cours, puisqu'on n'est là que pour servir de garde-chiourmes... Faisons les jouer aux légos dans nos classes...

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