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08.05.2008

La droite par son autisme fait le jeu des jeunes les plus radicaux :

1994112099.JPGPour la première fois depuis le début du mouvement lycéen, la dispersion de la grande manifestation de jeudi aura été plutôt sportive... Après un parcours classique à travers la ville, les milliers de manifestants ont rejoint la place Bir-Hakeim pour stopper devant le rectorat. Un cordon de policiers du corps urbain en tenue anti-émeute interdit l'accès du bâtiment, mais se trouve rapidement pris sous la pression de la frange la plus radicale des manifestants. À mesure que le cortège a avancé en ville, plusieurs dizaines de protestataires issus de la mouvance anarcho-libertaire ont en effet investi la tête de la manif', au prix, parfois, de frictions avec les lycéens.

Vers 11 h 30, le cordon de policiers positionné devant le rectorat est pris pour cible par des manifestants, sous les yeux des journalistes présents: jets de pierres et de canettes de bière. Dans les minutes qui suivent, les forces de l'ordre tirent les sommations d'usage sous les grondements d'indignation de la majorité des manifestants placés à l'arrière: eux ignorent que les policiers sont, à cet instant précis, bombardés par quelques dizaines de personnes.

Un blessé secouru par les sapeurs - pompiers

À 11 h 40, constatant que les projectiles pleuvent toujours, les forces de l'ordre lancent trois grenades lacrymogènes dans les rangs des manifestants. Dans le même temps, des policiers en civil interpellent deux jeunes gens suspectés d'être des lanceurs de pierres. Ils seront placés en garde à vue au commissariat central de Grenoble, lieu où ils se trouvaient toujours hier en début de soirée. Dans la mêlée, un jeune manifestant est blessé au visage par un projectile non identifié. Atteint à une arcade sourcilière, il sera secouru par les sapeurs-pompiers et brièvement hospitalisé. Vers midi, la foule se disperse et évacue peu à peu la place Bir-Hakeim.
Mais pour la frange la plus dure des protestataires, cette fin de manif' a comme un goût d'inachevé. Alors, vers 16 heures, un nouveau cortège se forme, composé d'environ 150 personnes, et progresse vers l'avenue Alsace-Lorraine dans le but d'envahir la gare SNCF. Une trentaine de policiers de la Sécurité publique leur barre la route et tire deux cartouches de gaz lacrymogène pour les stopper. Après une demi-heure de face à face tendu et d'interruption du trafic des tramways, policiers et protestataires quittent les lieux...

Denis MASLIAH et Vanessa LAIME - Le Dauphiné Libéré