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30.04.2008
Un membre du ministère de l’Immigration aurait traité un vigile de «sale noir»
Un membre du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale est l’objet d’une plainte pour «injures racistes», selon le Canard Enchaîné. Il aurait traité de «sale noir» un vigile d’un hypermarché Carrefour, à Charenton, près de Paris. Il s’agit, affirme le journal, de Gautier Béranger, «responsable du pôle communication» au ministère et adjoint de Patrick Stefanini, secrétaire général du ministère.
Joint par le «Canard», Gautier Béranger nie les faits. «Vous me l’apprenez, je n’en reviens pas», assure-t-il, donnant au passage sa version, où tout incident a disparu: «J’ai discuté très gentiment avec un Monsieur fort sympathique d’ailleurs, je me suis juste inquiété de savoir où il partait avec mes papiers et lui m’a demandé où je travaillais». Et le responsable du ministère d’ajouter: «Rien de pire que les agressions raciales, ça je ne l’accepte pas !»
14:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hortefeux, ministère, immigration, iden, bérangertité, racisme, injure
Les réacs du Web, antigays primaires

Ce n’est pas parce qu’on est «réac» qu’on ne sait pas se servir du Web. Matelsom, spécialiste de la vente de literie en ligne, vient de le découvrir à ses dépens. Depuis quelques semaines, la marque, qui emploie une centaine de salariés, fait l’objet d’une campagne de lobbying intense de la part de «blogs ultracatholiques», rapporte son patron, Emery Jacquillat, 37 ans. Eux préfèrent qu’on les appelle la «réacosphère». L’objet de leur colère : une publicité diffusée dans le métro parisien. Elle représente deux hommes, qui dorment sur un immense matelas. L’un contre l’autre. Ils s’enlacent mais «c’est hyper soft», s’insurge le patron de Matelsom, «surpris par l’ampleur des réactions», qu’il prend «très au sérieux. Sur notre blog, on a déjà 108 commentaires. Par ailleurs, on a dû recevoir entre 300 et 400 mails» .
«La réacosphère, c’est une vingtaine de sites. Ce sont véritablement des prosélytes qui partent avec leur bâton de pèlerin», analyse Guilhem Fouetillou, spécialiste de la blogosphère politique et directeur scientifique de RTGI (Réseaux territoire et géographie de l’information). Ils répondent aux noms de «fdesouche», «bal des dégueulasses», «Ab Imo Pectore» (du fond du cœur) ou «Legrandcharles».
Ces réactionnaires en herbe (la majorité serait assez jeune) sont particulièrement actifs. Peu nombreux, ils ont une vraie culture du lobbying, stratégie dans laquelle se reconnaît volontiers Thibaud. «J’ai vu un post qui datait de 2005 et continuait à susciter des réactions avec 400 à 500 commentaires. C’est la première fois que je vois ça», s’étonne Guilhem Fouetillou. De vrais mordus du Net, rompus à ses usages : «C’est très malin de s’attribuer un nom. Ça permet de gagner en visibilité.» Par ailleurs, ils ont une vraie conscience de réseau. «Ils savent comment on diffuse, comment on pénètre de nouveaux milieux. On retrouve des stratégies qu’emploient les sectes, avec des approches par capillarité. D’un point de vue d’observateur, on peut dire qu’ils sont très bons», ajoute Guilhem Fouetillou.
Victimisation. Mission accomplie pour la «réacosphère» : on parle d’elle. La méthode est rodée, consistant à mobiliser la presse pour interpeller le politique. A cette fin, Internet est une belle caisse de résonance. «Le média est nouveau, mais les ressorts sont anciens. La différence, c’est qu’aujourd’hui on a des médias plus globaux», analyse Florent Le Bot, chercheur au CNRS, et spécialiste des mouvements réactionnaires (1) : «Ils s’inscrivent en réaction à un mouvement de changement. Ils estiment qu’avant toutes les évolutions, c’était mieux. Tout était parfait. Les réactionnaires se réfèrent souvent à un âge d’or qui serait juste avant la Révolution française. Ils remettent en cause la modernisation, jouent une certaine victimisation et cherchent à obliger les pouvoirs publics à réagir. C’est efficace dans une démocratie d’opinion.»
(1) «La Fabrique réactionnaire», Presses de Sciences Po.
Gaël Cogné - Libération
12:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : homophobie, web, réacs, cathos
29.04.2008
Retraites : les syndicats appellent à la mobilisation générale le 22 mai
Les cinq centrales syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) ont appelé mardi à «une journée nationale interprofessionnelle d’action et de manifestations» le 22 mai «pour la défense de la retraite solidaire», ont annoncé leurs représentants à la presse. Les syndicats expliquent, dans un communiqué commun, avoir pris cette décision «face au blocage gouvernemental sur les principales propositions des organisations syndicales».
Celles-ci, selon le communiqué, concernent «la garantie et le niveau des retraites, le droit à la retraite à 60 ans, la durée de cotisation, la reconnaissance de la pénibilité, les ressources financières assurant l’avenir à long terme du système de retraite, la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes…».
Dans des propositions présentées lundi aux partenaires sociaux, le gouvernement est resté inflexible sur l’augmentation progressive d’ici 2012 de la durée de cotisation à 41 ans pour une retraite à taux plein. Il a annoncé des incitations à l’emploi des seniors, jugées insuffisantes par les syndicats, et une hausse des pensions, non chiffrée, au 1er septembre.
«Cette mobilisation du 22 mai est pour la CGT essentielle dans la constitution d’un rapport de force vis-à-vis d’un gouvernement qui croyait pouvoir passer cette échéance sans avoir à affronter les revendications des salariés», a déclaré Jean-Christophe Le Duigou (CGT), à la sortie de la réunion qui a duré un peu plus de deux heures, au siège du siège des régimes de retraite complémentaires Agirc et Arrco, à Paris.
Bernard Devy (FO) a précise de son côté que son organisation, qui a déjà appelé à la mobilisation pour le 15 mai, maintenait son mot d’ordre ce jour-là pour la fonction publique, mais réservait la défense des retraites pour le 22 mai. Il a également critiqué la méthode du gouvernement. «On s’attendait à l’élaboration d’une loi, en réalité on va passer par des décrets, par une modification du PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale)», s’est-il indigné.
Pour Jean-Louis Malys (CFDT), «on sait pertinemment, les uns et les autres, que nous avons une appréciation différente sur le dossier des retraites. Ce qui est important, c’est qu’on a trouvé un certain nombre de priorités convergentes», a-t-il analysé. «Il y a des divergences qui sont réelles, mais on peut vivre avec, et même se battre.»
22:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.04.2008
La Cimade dénonce la chasse acharnée aux sans-papiers :
Il était titulaire d’un contrat de travail et d’une autorisation de travail délivrée par la Direction départementale du travail et de l’emploi. Et pourtant, ce sans-papiers a été placé en Centre de rétention administrative (CRA), où sont enfermés les étrangers en attente d’expulsion. Un juge l’a heureusement remis en liberté. Des cas de ce type, la Cimade en relate des dizaines dans son rapport 2007 sur les centres et locaux de rétention (1) rendu public hier.
Cet acharnement s’explique par la «course au chiffre» induite par les «quotas d’expulsion» fixés annuellement par Sarkozy au gouvernement. En 2007, 35 000 sans-papiers ont été placés en centres de rétention dont «des malades, des vieillards, des femmes enceintes» et 242 enfants. Depuis 2003, début de «l’industrialisation du dispositif d’éloignement des étrangers en situation irrégulière», la durée légale de rétention est passée de douze à trente-deux jours (une directive européenne prévoit de l’allonger à dix-huit mois), le nombre et la taille des centres ont été multipliés (786 places en 2003, 2 000 prévues en 2009), et les objectifs d’expulsion sont en constante augmentation (25 000 pour 2007 non atteints, 26 000 pour 2008).
Drames. Résultat : des bavures en série. Deux touristes béninois sont arrêtés alors que leur passeport est en règle, y compris le visa Schengen, et qu’ils sont en possession de leur billet d’avion de retour. Placés en centre de rétention, ils ont été libérés par le juge. Une femme titulaire d’un titre de séjour italien parfaitement valide est interpellée dans le train du retour à Milan où elle travaille. Placée en centre de rétention, elle a été expulsée dix jours plus tard aux frais du contribuable.
Chez les étrangers, un climat de peur s’installe. Et provoque une série de drames. Dans les CRA : automutilations, tentatives de suicide, incendies sont «quasi quotidiens». Et à l’extérieur. En septembre, la Chinoise Chulan Zhang Liu décède après s’être jetée par la fenêtre, paniquée par l’arrivée de la police. En avril, le Malien Baba Traoré meurt noyé dans la Marne alors qu’il est poursuivi par des policiers.
Pourtant, ces sans-papiers ne sont pas des délinquants. «L’immense majorité des gens que l’on rencontre en rétention sont des travailleurs, affirme Damien Nantes, responsable du service Défense des étrangers reconduits. Certains ont été réguliers à un certain moment puis se sont retrouvés sans titre de séjour et ont continué à travailler.» D’après les observations de la Cimade, ils travaillent essentiellement dans l’agriculture, le textile, le BTP et l’hôtellerie. Ils ont été arrêtés pour certains au guichet des préfectures où ils s’étaient présentés munis d’un contrat de travail ou d’une promesse d’embauche, pour d’autres sur leur lieu de travail. «On a déjà vu arriver en centre de rétention une trentaine ou une quarantaine d’hommes d’un coup, tous en bleu de travail», témoigne Caroline Larpin.
Errements. Seule association présente dans les lieux de rétention, la Cimade n’hésite jamais à dénoncer les errements de la politique d’immigration. Au risque de déplaire ? Hier, Laurent Giovanonni, son secrétaire général, a fait part de ses inquiétudes. En haut lieu, la Cimade «agacerait». On lui demanderait une «communication plus discrète et moins critique». Des «mises en garde» lui auraient été signifiées. Son contrat avec l’Etat devant être renouvelé fin 2008, Laurent Giovanonni espère que le gouvernement ne cédera pas à la «tentation» de la remplacer par «d’autres associations plus enclines à une certaine réserve».
(1) www.cimade.org
Libé 25/04/08
13:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ségolène Royal sur France Inter ce matin :
13:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène, royal, sarkozy, président, quinquennat, bilan, gouvernement
24.04.2008
L'intervention de Nicolas Sarkozy en direct sur Rue89
Par Rue89 | 24/04/2008 | 20H16

22h13. Cette soirée a un peu été celle du grand mea culpa public. Nicolas Sarkozy a prononcé une dizaine de fois et sur tous les sujets les phrases "J'ai ma part de responsabilité", "j'ai commis des erreurs", "je n'ai pas tout bien fait". Le Président a reconnu des erreurs et est apparu plus sur la défensive. Briguera-t-il un second mandat? Nicolas Sarkozy trouve que dix ans de présidence, c'est trop: "Imaginer s'en prendre pour encore cinq ans après, c'est pas le sujet."
22h05. Rupture de thématique (conclusion de l'exercice): le thème du couple exécutif. "J'assume, il y a eu des couacs", "j'aurais du sanctionner": message très fort aux ministres. "C'est moi le patron" et vos sièges sont des strapontins! L'exemple des OGM est utilisé pour témoigner de la nécessaire omniprésence! Puis, "je sais où je vais": la fin du quinquennat. Il annonce que ce sera l'heure du bilan, donc il laisse ouverte l'hypothèse de sa candidature, pour créer les conditions de l'évaluation de sa politique. Il annonce enfin symboliquement, à propos de la médiatisation de sa vie privée, la rupture de sa stratégie de communication. Il conclut en donnant "du temps au temps", presque mitterrandien! (Jean-Philippe Roy)
22h02. "J'essaie de faire mon travail le mieux possible, j'y consacre un temps infini... (silence) Mon rendez-vous c'est la fin de mon quinquennat. Il faudra que je fasse le bilan. J'ai une décision à prendre toutes les dix minutes." PPDA: "Votre vie privée a eu des conséquences? On en a beaucoup parlé..." Réponse de l'intéressé: "Sans doute ai-je une part de responsabilité, c'est une bonne raison de ne pas en parler ce soir."
22h00. "Y'a eu des couacs [dans la communication du gouvernement, ndlr]. Certains m'ont fait le reproche de ne pas sanctionner ces couacs. Ce n'est pas une question de gentillesse, mais j'ai voulu être tolérant. Je pense que j'ai fait une erreur et que ça ne se reproduira plus." La promotion de Xavier Bertrand à l'UMP, ça introduit de la concurrence avec le Premier ministre? "Un garçon de très grande qualité. L'UMP gagnerait a une plus grande diversité, à utiliser les talents, Xavier en fait partie."
21h58. Et si le tapage médiatique avait été négatif pour Ingrid Betancourt? "Mais... je me suis battu! Peut-être pas bien mais on a eu la preuve de vie et on a eu les six libérations!" Nicolas Sarkozy ajoute que ces ex-otages savent à qui ils doivent leur libération. A lui et à Chavez. La libération de la franco-colombienne reste une priorité: "Je ne dis pas qu'on a tout fait bien mais on y arrivera."
21h51. "Enfin quand même!" Nicolas Sarkozy est indigné lorsque Vincent Hervoüet lui demande s'il parlera au Hamas. La réponse est "non". "Et je ne parlerai pas au président iranien" qui souhaite rayer Israël de la carte du monde.
21h50. Le 26 avril 2007, Sarkozy répondait aux questions de Mme Arlette Chabot
Question: "Est-ce que vous pensez que les troupes françaises ont toujours leur place en Afghanistan?" Réponse de l'alors candidat: "La présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive. [...] D"ailleurs le président de la République a pris la décision de rapatrier nos forces spéciales et un certain nombre d'éléments, c'est une politique que je poursuivrai. Et de toute manière si vous regardez l'histoire du monde, aucune armée étrangère n'a réussi dans un pays qui n'était pas le sien. Aucune, [...] quelle que soit l'époque, quel que soit le lieu."
21h48. Autre sujet: l'Afghanistan. Pourquoi avoir envoyé de nouveaux renforts (700 soldats supplémentaires)? Etes-vous prêts à discuter avec les Talibans? Avec un long développement sur "la femme qu'on a amputée d'une main parce qu'elle avait mis du vernis à ongles" et les "millions de jeunes filles qu'on empêche d'aller à l'école", la sanction tombe: "Nous ne discuterons pas avec ces 'moyenâgeux'." David Pujadas lui rappelle alors qu'il y a un an, le candidat Sarkozy s'était engagé à un retrait de l'Afghanistan, arguant à l'époque que dans l'histoire, aucune guerre n'avait jamais été gagnée en terrain étranger sans soutien de la population. Réponse du chef des Armées, à quatre reprises: "Ce n'est pas une guerre, nous sommes aux côtés des Afghans."
21h45. S'il est président de la République au moment de l'éventuelle adhésion de la Turquie à l'Union européenne, Nicolas Sarkozy convoquera un référendum. Une précision utile alors que le projet de loi constitutionnelle, adopté mercredi en Conseil des ministres, ne ferait plus de l'organisation d'un référendum pour toute ratification d'un traité relatif à l'adhésion d'un Etat à l'UE une obligation constitutionnelle.
21h42. Nicolas Sarkozy veut que la France reste le pays des droits de l'homme. Et c'est pourquoi il tient tant à ses bons rapports avec la Chine: "La Chine est un pays immense et a un droit de véto au Conseil de sécurité. Ce n'est pas une affaire de contrats." Plus fort: "La Chine aide le monde au Darfour, la Chine aide le monde en discutant avec l'Iran sur le dossier nucléaire." Le Président s'adressant aux Français, l'heure est à la pédagogie: "Les Français doivent savoir que le dalaï lama ne demande pas l'indépendance du Tibet et le boycott des Jeux." Le Président s'est donné une mission: renouer le dialogue entre le dalaï lama et le gouvernement chinois. Il a quatre mois. En face, Vincent Hervoüet a l'air sceptique: pourquoi la France? "Parce que si la France ne le fait pas, qui le fera?"
21h40. Début de la séquence internationale avec Vincent Hervouët (LCI) qui, tout de suite, attaque par la Chine et le conflit du Tibet. Réplique de Nicolas Sarkozy: "J'ai parlé avec le dalaï-lama et ses collaborateurs." "Directement?" Confirmation du Président: "Oui. Qu'est-ce qu'on essaie de faire? De créer les conditions d'un dialogue entre la Chine et le dalaï-lama." Sur la cérémonie d'ouverture des JO, le Président joue la prudence, refusant de préciser si il y assistera ou non.
21h37. "Ce qui est arrivé à la Société Générale est proprement stupéfiant. Qu'un seul puisse faire ça... et qu'on n'en tire aucune conclusion..." PPDA: "Cela vous gêne que Daniel Bouton n'ait pas démissionné?" Sarkozy: "C'est pas lui. Mais quand on a des salaires de cette nature et qu'on fait des erreurs de cette nature, il faut en tirer les conclusions."
21h34. Sur les OGM, le Président ne veut pas mollir: "Je ne trahirai ni l'esprit, ni la lettre du Grenelle de l'environnement."
21h31. Cadrage sur les retraites: les 41 ans on y va. Puis affirmation: je suis là et je continue, je ne cède pas devant les revendication catégorielles. Il s'agit d'un principe d'intérêt général. Il se met en posture de dire cet intérêt général. Idem sur les OGM et sur le principe de précaution. "La sécurité sanitaire c'est la responsabilité d'un Chef de l'Etat." C'est un message symbolique. (Jean-Philippe Roy)
21h30. Yves Calvi le titille sur la laïcité et sa déclaration (au Vatican) sur l'instituteur qui ne sera jamais remplacé par le curé... Il répond:
"L'instituteur est là pour former le citoyen, enseigner des matières, le pasteur, le curé, le rabin, qui vous voulez, essaye de donner du sens à la vie."
Yves Calvi remarque: donc ceux qui ne fréquentent pas le pasteur, le curé, le rabin et Calvi ajoute "l'imam", n'accèdent pas à cet enseignement du sens de la vie... C'est leur choix, répond Sarkozy.
21h27. Sur l'Education nationale, Nicolas Sarkozy est inflexible. Trop de profs, trop d'options, trop d'"élèves fichus" à la sortie de l'école primaire. Bref, une politique qui coûte cher ("le premier budget de la Nation!") pour rien. "Je ne vais pas la continuer." Quant aux lycées qui manifestent, le Président a son idée très personnelle sur le sujet: "Quand on est jeune, on est forcément inquiet." On est loin des tilleuls verts sur la promenade.
21h25.Après avoir parlé des nombreuses oppositions syndicales actuelles, Nicolas Sarkoy conclut: "En France, il y a toujours quelqu'un qui n'est pas content." Une manière d'expliquer que les manifestants, lycéens notamment, pourront être nombreux, il appliquera tout de même les réformes qu'il entend mener.
21h23. Yves Calvi s'accroche à sa question. Pour la troisième fois, le journaliste demande: "Y aura-t-il des suppressions de postes à l'Education nationale d'ici 2009?" Le Président, qui a jusque-là esquivé la réponse, finit par lâcher: "On maintient les réformes qui permettront les réductions de postes."
21h19. Calvi: "Vous ne renoncerez pas à ces suppressions de postes, c'est ce que vous dites aux lycéens ce soir?" Sarkozy: "Je ne suis pas un idéologue. La Nation a fait un effort considérable pour l'Education nationale. C'est pas en mettant toujours plus de profs qu'on règlera les problèmes." Pujadas: "Les suppressions de postes prévues pour 2009 seront maintenues?" Sarkozy: "Ce ne sont pas des objectifs simplement comptables. Nous avons dans le primaire des enfants qui travaillent 26 heures par semaine, le plus élevé d'Europe. On va passer à 24 heures. Les plus faibles auront des petits cours de soutien. Autre exemple: y'a des tas d'options où personne ne va. Donc, nous allons faire le choix de la qualité, plus que la quantité."
21h18. Sur le droit de vote des étrangers, Nicolas Sarkozy dit qu'il y est "favorable", mais qu'il n'a "pas la majorité" pour faire passer un tel projet, faisant référence aux nombreux élus UMP qui y sont opposés. Il n'essaiera donc pas de faire appliquer cette idée qui date de l'époque où il était ministre de l'Intérieur. Il l'avait d'ailleurs retirée in extremis de son programme présidentiel, sachant qu'il n'arriverait pas à la faire passer.
21h16. "Je ne suis pas un roi, moi. Il y a une loi!" Parlant des conditions de régularisation, Nicolas Sarkozy précise qu'"il faut parler français". Mais c'est en fait une condition pour obtenir la nationalité, pas pour que la situation d'un étranger puisse être régularisée. Il y a des lois, mais il ne faut les emmêler. A moins qu'il ne fasse exprès de confondre situation régulière d'un étranger et naturalisation française pour créer un climat de peur...
21h13. Citer Michel Rocard, c'est bien. Le citer sans le tronquer, c'est mieux: "La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part."
21h11. "Il y a 22% de chômeurs parmi les immigrés réguliers. Qu'on ne vienne pas me faire croire qu'on est obligé d'aller chercher un malheureux clandestin" pour travailler. "La régularisation globale, c'est la catastrophe" car "cela créée un appel d'air qui profite à qui, M. Calvi, aux trafiquants!" Calvi insiste: "Ils payent des impôts, ils se lèvent tôt pour aller travailler." Réponse de Sarkozy: "Brice Hortefeux va examiner les dossiers au cas par cas." Quant au sort des 800 sans papiers qui demandent une régularisation, il répond: "Je ne suis pas un roi, moi (...) il faut laisser les préfets voir point par point."
21h08. "Je ne peux pas faire tout, tout de suite." Si Nicolas Sarkozy comprend "l'impatience des Français", il demande du temps: il ne peut pas tout faire "en huit mois". Il répond ainsi à la déception croissante des Français illustrée par des études d'opinion toujours plus mauvaises, et conserve sa ligne de défense en demandant à ce que son bilan ne soit fait qu'à la fin du quinquennat.
21h07. Sur le couac Carte familles nombreuses de la SNCF, Nicolas Sarkozy assume: "On a commis une erreur et je la prends à mon compte." Erreur reconnue, erreur réparée. Au passage, le Président salue le "travail des cheminots" et le "bénéfice de 1 milliard d'euros, bravo!" Le message est limpide: c'est à l'Etat de financer la politique familiale du pays.
21h06. "Toutes ces réformes se tiennent, elles se complètent et ça forme un ensemble cohérent." Conclusion de la partie économique de l'entretien. Le président Sarkozy a voulu donner de ses réformes économiques une vision co-hé-ren-te. Comme si, en cette matière plus qu'ailleurs, la réalité était pour l'instant plus forte que les effets attendus des changements.
21h05. "Il y a 500000 offres d'emplois qui ne sont pas satisfaites aujourd'hui avec 1,9 million de chômeurs." Nicolas Sarkozy justifie le projet de sanction des chômeurs qui refusent deux offres d'emplois répondant à leurs aspirations salariales et à leur niveau de qualifications. Oui mais avec "70% du salaire" et "à moins d'une heure" du domicile, précise David Pujadas.
21h01. Hommage aux syndicats. Ça y est, l'affirmation d'une attention particulière au syndicats est faite. Puis la sanction pour le chômeur qui refuse un emploi est présentée comme la sanction d'une faute morale, c'est un processus de victimisation du chômeur qui refuse. Autrement dit, pour être un "bon citoyen" il faut être un travailleur.
La logique est même appliquée aux séniors: être à la retraite peut être une situation à observer, voir à juger du point de vue citoyen. (Jean-Philippe Roy)
20h58. Le RSA (Revenu de solidarité active), qui ne concerne aujourd'hui que 40 départements, "c'est une très bonne idée". Nicolas Sarkozy veut sa généralisation "rapide", il a, "avec François Fillon", fait "entrer Martin Hirsch au gouvernement" pour le faire. La généralisation, ce sera "pour l'année prochaine", mais: "Il y deux ou trois sujets qu'il faut que j'arbitre." "Le RSA se fera, il se fera en en maitrisant les coûts", martèle-t-il. Et de chiffrer la mesure: "On va tourner autour de un milliard, un milliard et demi." Martin Hirsch a dit, lui, avoir besoin de deux ou trois milliards d'euros, mettant sa démission dans la balance.
20h57. "Sur le paquet fiscal, d'ailleurs c'est un très mauvais nom, nous avons fait une erreur de communication totale." La communication ne s'est visiblement pas améliorée: Nicolas Sarkozy a du mal à expliquer en quoi sa première grande loi économique n'a pas favorisé les plus aisés. Par exemple, il ne "comprend pas" que l'on puisse critiquer les 3,5 milliards d'euros distribués aux héritiers (l'exonération touche les héritages jusqu'à 150000 euros, contre 50000 précédemment). Il peut pourtant sembler paradoxal de vouloir "réhabiliter la valeur travail" et de commencer par favoriser l'acquisition du capital par l'héritage...
20h53. Le Président "n'explique" plus, il "affirme". Nicolas Sarkozy assimile la résorption du chômage et l'augmentation du pouvoir d'achat. Stratégie intéressante, car il associe l'augmentation du pouvoir d'achat à celle de la masse des "travailleurs", c'est-à-dire la répartition du travail. On est proche d'un raisonnement de répartition du travail (type 35 heures) mais sans les garanties juridiques classiques du droit du travail. Il instrumentalise ensuite le RSA pour illustrer ce message. Il devient un cas typique du nouveau rapport au travail que propose Nicolas Sarkozy: il y a là un message lourd. (Jean-Phlippe Roy)
20h51. A travers toutes les annonces sur la participation, la négociation salariale, il introduit un "gros morceau" des politiques à venir: la réforme de la représentation syndicale. Puis premier gap de com', à propos de la justification du "paquet fiscal". L'altercation avec Véronique Auger oblige cette fois-ci Nicolas Sarkozy à "se justifier". La ligne de lisibilité de sa com' est brutalement coupée. (Jean-Philippe Roy)
20h50. Isolé face à trois inquisiteurs, Nicolas Sarkozy la joue: "C'est trop injuste": "Si le chômage augmente, c'est de ma faute! Si le chômage baisse, je n'y suis pour rien."
20h43. Petites notes d'ambiance: La salle des fêtes de l'Elysée a été aménagée avec une petite tribune où une quinzaine de personnes ont pris place. Qui sont-ils? Des salariés de l'Elysée. Et pourquoi les avoir mis là? Le service com' de l'Elysée nous répond: "Et pourquoi pas?" Au centre, une table en forme de diamant. Détail: Nicolas Sarkozy a pensé à rajeunir un peu son look en se laissant pousser les pattes (si, si, regardez bien, elles sont légèrement plus longues qu'avant).
20h41. Nicolas Sarkozy écarte le "président du pouvoir d'achat" pour le "président de la réhabilitation du travail". Ainsi, il substitue la cause et l'effet. Il euphémise l'échec patent sur la réalité vécue du pouvoir d'achat pour dire: en fait, la priorité sera la relation de travail, le reste viendra de surcroit. Là aussi, il y a un travail de recadrage du sens de la stratégie politique conduite. C'est la nouvelle ligne de lecture qu'il propose. Deuxième temps important: il renvoie la responsabilité de la hausse des prix sur le secteur économique. En terme clair, c'est parce que le marché et la concurrence ne marchent pas qu'on fait moins bien qu'en Allemagne et ailleurs en Europe. Prenant la défense du consommateur, il poursuit en fait la logique de libéralisation de la concurrence et induit en filigrane la "rupture" en fustigeant les "lois Raffarin et Galland", c'est-à-dire l'ordre ancien chiraquien de droite. (Jean-Philippe Roy)
20h39. "Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d'achat, c'est absurde", déclarait Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse du 8 janvier, effectuant un virage à 180 degrés avec sa posture de "président du pouvoir d'achat" de la campagne présidentielle. Aujourd'hui, retour aux promesses du candidat et recentrage du discours sur le pouvoir d'achat. Il a bien lu le sondage OpinionWay réalisé pour LCI et publié ce jeudi: 81% des sondés estiment que le Président devrait "traiter en priorité" la question du pouvoir d'achat lors de son intervention télévisée. Mais 35% des personnes interrogées disent qu'elles "n'attendent rien" et 24% ne se prononcent pas, soit près de 60% en tout.
20h36. Ce soir, c'est "Sarkozy expliqué aux Français". Le Président ponctue ses réponses de: "Je ne fuie aucune question", "Je vais m'expliquer."
20h35. Véronique Auger est la première des "novices" à interroger le chef de l'Etat. Pas facile de se retrouver face à Nicolas Sarkozy pour l'ancienne chef du service économie de France2. En 1994, comme le racontent nos amis de Bakchich, l'ancien ministre du Budget n'avait pas aimé un sujet de l'intéressée:
"Selon nos sources, un sujet sur la baisse des impôts qui aurait fortement déplu au ministre du Budget de l'époque, un certain Nicolas Sarkozy, au moment où il présentait le nouveau projet de loi de finances. Quelques coups de fil sarkoziens et une note balladurienne plus tard, la tête de Véronique Auger tombe."
Depuis, Véronique Auger travaille à France3.
20h33. Nicolas Sarkozy évoque le "quadruple choc" subi par l'économie française pendant la première année de son mandat: la crise des subprimes, la hausse des prix de l'énergie, la hausse de l'euro, la hausse des prix des autres matières premières. Il se félicite que la "France résiste plutôt mieux que les autres" et donne comme exemple le chômage, dont le taux est descendu à 7,5%. "Le chômage de longue durée a baissé de 21%, ça prouve qu'on peut y arriver", ajoute-t-il. Ce qu'il ne précise pas, c'est que la baisse du chômage, qui a commencé il y a plusieurs années, répond avant tout à une mécanique démographique, les babyboomers arrivant à l'âge de la retraite. Selon l'Insee, le taux de chômage devrait stagner cette année, alors qu'on s'attendait encore, il y a quelques mois, à la poursuite de sa baisse.
20h30. "Celui qui ne change alors qu'il est président de la République, c'est qu'il n'a pas compris le poids de la mission qui lui est confiée." Voilà une façon d'expliquer en une phrase tous les couacs gouvernementaux de ces dernières semaines, les revirements politiques nombreux.
20h28. Le registre choisi par Nicolas Sarkozy, dès le début, est: "J'explique" et non "J'informe." Tout le problème, maintenant, est de savoir s'il va continuer sur "J'explique ma politique" ou "JE m'explique". Puis très vite, on voit apparaître déjà le registre de la justification: "Tout ça, je m'y attendais" et "J'ai une part de responsabilité". Enfin, il cadre: on me jugera au bout du mandat. Il s'inscrit dans la durée: c'est la posture de présidentialisation de la com'. Je ne suis pas comme le gouvernement, au charbon dans l'instant, je gouverne dans la durée, ce qui nous donne la force de supporter les évènements imprévisibles (hausse du pétrole, etc). Deuxième registre de justification: l'agenda des réformes est maîtrisé, le message est donc: "Rassurez vous je gouverne!" (Jean-Philippe Roy)
20h26. "Ça fait un quart de siècle qu'on n'a pas vu un taux de chômage si bas." Sarkozy défend son bilan, oubliant l'augmentation des emplois précaires et les raisons démographiques qui expliquent en partie cette baisse.
20h25. Interrogé sur sa chute dans les sondages, Nicolas Sarkozy se pose en président responsable, à l'écoute: "Je savais que je ne passerai pas cinq ans à commenter des sondages excellents." Il répète son habituel discours: les réformes, nécessaires, font des mécontents mais "j'ai été élu pour ça".
20h20. Reprenant la critique de Ségolène Royal, David Pujadas questionne Nicolas Sarkozy sur le "choc de confiance qui ne s'est pas produit". Le Président répond qu'il s'y attendait parce que "le monde change". Pour arriver à ses fins, il propose de "compter sur ses propres forces" et de "mettre en oeuvre les changements que les autres n'ont pas fait", ce qui "bouscule les conservatismes".
22:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.04.2008
Nous vivons une époque formidable :
Les policiers gagnent des "miles" lors des expulsions

Les policiers qui escortent les clandestins expulsés par avion bénéficient de "miles" de fidélité de la part des compagnies aériennes. Libération.fr (avec AFP)
LIBERATION.FR : mercredi 23 avril 2008
Sur quelque 23.000 expulsions par an, toutes ne se font pas en avion, et seul un tiers de celles réalisées par voie aérienne nécessite une escorte, de un à trois policiers, a-t-on précisé de même source, contestant les calculs du Canard enchaîné.
"A raison de 23.000 éloignements en 2007, selon le ministère de l'Intérieur, et sachant qu'en moyenne trois policiers accompagnent celui qui va être expulsé, voilà de quoi se constituer assez vite un joli stock de voyages gratuits sur le dos des clandestins", affirme le journal, qui cite des agents d'escale d'Air France à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.
"Sans compter que de nombreux flics bénéficient, du coup, du statut "Gold", réservé aux hommes d'affaires qui voyagent régulièrement aux frais de leur entreprise", ajoute l'hebdomadaire.
Contactée par l'AFP, Air France, qui transporte l'immense majorité des immigrés expulsés par avion, s'est refusée à tout commentaire.
En juillet 2007, plusieurs syndicats d'Air France-KLM et le Réseau éducation sans frontières (RESF) avaient tenté en vain de convaincre direction et actionnaires de la compagnie de refuser "l'utilisation des avions du groupe" pour ces expulsions.
21:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : clandestins, policiers, miles, hortefeux, sarkozy
19.04.2008
Sauvons nos options Acte 3/3
18:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.04.2008
Le couac, première approche scientifique


C’est bien pratique, d’avoir découvert ce mot : couac. Il faut, pour une fois, remercier les médias de cette intuition majeure de la politologie contemporaine. Elle permet de ranger toute une série de phénomènes, peu explicables individuellement. Et cette catégorisation ouvre de vastes perspectives à la recherche fondamentale sur le phénomène, comme sur les grandes découvertes récentes de la recherche sur la matière (son quasi-homonyme le quark, par exemple).
Le couac peut se définir comme la composante élémentaire de la pratique politique française, en ce début du XXIe siècle. Première constatation, le couac surgit d’un chaos : absence de perspective, de conviction, de plan d’ensemble, de désir de pacte social. S’il suscite effroi, jubilation, tumulte, il semble décourager la pensée. Comme si sa matrice de chaos décourageait symétriquement toute pensée ordonnée. Le couac est une faille, une fissure. D’autant que le couac appelle le couac, rajoutant du tumulte au tumulte. Comme nombre de produits médiatiques (affaires de «voile à l’école», agressions par des pitbulls, incendies de voitures, banderoles de stades, congélation de bébés, etc.) le couac semble s’autogénérer. Au point que l’on peut évidemment s’interroger sur la responsabilité de l’observateur extérieur, dans le déclenchement du couac. Sans intervieweur pousse-au-couac, le couac existerait-il ?
Sur l’origine du couac, impossible pourtant de ne pas s’interroger sur le rôle d’un élément déclencheur nommé Sarkozy. Partout où se trouve du sarkozysme, s’observe du couac, et réciproquement. Pour autant, ne s’agit-il pas d’une coïncidence ? Peut-il exister du sarkozysme sans couacs ? Des couacs hors le sarkozysme ? Et s’il en est la source, en est-il la source volontaire, ou involontaire ? «Sarkozy tente de remettre de l’ordre» titrent par exemple les éditorialistes, qui semblent donc conclure implicitement à la non-responsabilité de Sarkozy lui-même dans le terreau sarkozyste du couac. Mais pas de conclusion hâtive, ni dans un sens ni dans l’autre. La science progresse pas à pas. C’est sa grandeur.
Admettons un instant l’hypothèse de travail d’une responsabilité personnelle du président Sarkozy dans la naissance du couac. Ce n’est qu’une hypothèse. Personne n’a réussi à localiser exactement la source de tous ces couacs sur la carte cérébrale de Nicolas Sarkozy. Il faut donc postuler que cette origine se trouverait dans un lieu d’extraterritorialité qui défie tous les cartographes. Il faut imaginer une Atlantide mentale, une autre dimension, isolée du monde extérieur par des protections inexpugnables. Une grotte à l’écart de la rumeur du monde. Un trou noir, pour en revenir aux mystères de la matière. Enthousiasmantes perspectives.
Le chercheur ne pouvant s’exclure de sa propre recherche, observons nous aussi, simple spectateur, en train d’observer un couac. Et commençons par admettre que nous en retirons du plaisir. Ce plaisir est d’abord un plaisir de la confirmation, le plaisir de l’enfant à qui l’on raconte sans cesse la même histoire, et qui guette l’arrivée du loup.
On regarde un ministre ouvrir la bouche, on sait que va en sortir un couac. Que Roselyne Bachelot s’installe au Grand Jury de RTL-LCI, que l’on contemple en direct (presque au ralenti) le journaliste Pierre-Luc Séguillon lui poser une fois, deux fois, la question de l’éventualité du déremboursement des lunettes par la Sécurité sociale, on entend l’interrogée répondre «la question est posée», et l’on sait que l’on est en plein futur couac. On regarde la ministre Morano s’installer sur le plateau de France 2 pour répondre à des questions sur la diminution des allocations familiales, on ferme les yeux, on écoute simplement cette musique aigrelette de petite fille prise les doigts dans le pot de confiture, et l’on sait que l’oratrice est en train de vivre son initiation au couac (ce qu’elle ne sait pas encore).
Ce plaisir est enfin un plaisir du mystère. Dans les premiers instants de la naissance du couac, la réaction est d’incrédulité. On se dit : ce n’est pas possible, ils ne vont pas s’en prendre à la carte familles nombreuses de la SNCF sans avoir prévenu les associations familiales (comme on se disait hier, ce n’est pas possible de lancer cette idée de parrainage d’un enfant victime de la Shoah sans avoir consulté Simone Veil, assise à côté de Sarkozy au dîner du CRIF, ce n’est pas possible de supprimer la pub à la télé sans avoir réfléchi à un financement de rechange, ce n’est pas possible de lancer le Grenelle de l’environnement sans avoir mesuré les risques d’opposition de sa propre majorité, etc.). Cet aveuglement défie l’entendement. Il fait partie de la mystérieuse beauté du couac.
Daniel Schneidermann
20:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : couac, sarkozy, morano, bachelot, gouvernement, ump
Égypte. 117 ONG dénoncent la répression visant les personnes affectées par le VIH. Les médecins impliqués sont montrés du doigt
9 avril 2008 Amnesty International
Londres/ New York/ Le Caire –
Dans une lettre adressée au ministère de la Santé et au Syndicat des médecins égyptiens à l’initiative d’Amnesty International et de Human Rights Watch, ces organisations ont déclaré que les médecins qui prennent part à l’interrogatoire de ces hommes incarcérés parce qu’ils sont soupçonnés d’être séropositifs au VIH bafouent les principes de déontologie médicale et que leur conduite constitue un abus de confiance dans le cadre d’une relation privilégiée.
« Les médecins doivent accorder la priorité aux patients et s’abstenir de participer à une chasse aux sorcières conditionnée par les préjugés, a déclaré Joe Amon, directeur du Programme VIH/Sida à Human Rights Watch. Aujourd’hui, plus de 100 groupes de défense des droits humains rappellent aux médecins égyptiens le serment qu’ils ont prêté de respecter la vie privée, l’autonomie et le consentement du patient. Il s’agit d’une des plus anciennes traditions de la responsabilité médicale, mais aussi d’une obligation au titre du droit international. »
Les organisations signataires de cette lettre se répartissent sur 41 pays, sur les six continents. Il s'agit d’organisations nationales et internationales qui travaillent dans le domaine de la santé et des droits humains, et défendent les droits des personnes vivant avec le VIH/sida. Voici la liste des pays représentés : Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Argentine, Australie, Belgique, Bélize, Brésil, Burundi, Cameroun, Canada, Colombie, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Espagne, États-Unis, France, Grenade, Guyana, Inde, Iran, Italie, Jamaïque, Kenya, Lettonie, Lituanie, Mexique, Maroc, Nigéria, Philippines, Portugal, Royaume-Uni, Russie, Slovaquie, Suisse, Thaïlande, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Turquie, Ukraine et Vénézuéla.
Depuis octobre 2007, la police du Caire a incarcéré 12 hommes dans le cadre d’une répression qui s’intensifie contre les personnes soupçonnées d’être séropositives au VIH. Ces arrestations ont débuté lorsqu’un homme, interpellé alors qu’il se querellait dans la rue, a déclaré aux policiers qu’il était séropositif. Les policiers l’ont arrêté, avec l’homme qui se trouvait avec lui. Ils les ont battus et soumis à des violences, puis ont appréhendé d’autres hommes dont les noms ou les coordonnées sont apparus lors des interrogatoires des deux premiers détenus.
Tous ont été inculpés de « pratique habituelle de la débauche », infraction qui désigne dans le droit égyptien les relations homosexuelles entre hommes consentants. L'Initiative égyptienne pour les droits de la personne, organisation installée au Caire, a trouvé dans le dossier de l’un ces hommes un document du ministère de la Santé et de la Population intitulé Questionnaire destiné aux patients infectés par le VIH/sida. Des questions appelant une réponse affirmative ou négative servaient semble-t-il aux médecins du ministère à interroger les hommes interpellés, afin de savoir s’ils avaient eu des relations sexuelles « avec une personne de l’autre sexe » ou « avec une personne du même sexe », « avec une personne » ou « avec plus d’une personne ». Le ministère public a présenté comme une preuve de leur culpabilité les réponses de ceux qui ont affirmé avoir eu des relations « avec une personne du même sexe ».
Par ailleurs, les médecins du ministère de la Santé ont soumis tous les détenus à un test obligatoire de dépistage du VIH sans leur consentement. Des médecins de l’autorité médicolégale ont soumis ces hommes à des examens anaux abusifs pratiqués sous la contrainte, dans le but de « prouver » qu'ils s'étaient livrés à des pratiques homosexuelles. Plusieurs de ces hommes ont rapporté à leurs avocats que des policiers et des gardiens les avaient battus lors de leur détention. Un procureur a informé l’un d’entre eux qu’il était séropositif au VIH en ces termes : « Les gens comme vous devraient être brûlés vifs. Vous ne méritez pas de vivre. »
Tous ceux dont la séropositivité a été révélée ont été enfermés dans des hôpitaux, enchaînés à leur lit pendant des mois. En raison du tollé provoqué au niveau national et international, le ministère de la Santé a finalement ordonné d’ôter leurs chaînes le 25 février.
« Il est inacceptable que des médecins réalisent des tests de dépistage du VIH sous la contrainte ou examinent des personnes pour " prouver " une infraction qui n’aurait jamais dû en être une, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. Les médecins qui se livrent à des atteintes aux droits humains ou permettent qu’elles aient lieu bafouent leurs responsabilités les plus élémentaires. »
Le 13 janvier 2008, un tribunal du Caire a déclaré quatre de ces hommes coupables de « pratique de la débauche » et les a condamnés à une peine d’un an d’emprisonnement. Le 2 février, ce jugement a été confirmé en appel. Le 4 mars 2008, au Caire, le ministère public a mis en accusation cinq autres hommes, inculpés de « pratique habituelle de la débauche », qui seront jugés le 9 avril. L’un d’entre eux est également accusé d’avoir favorisé la pratique de la débauche pour les autres. Les poursuites engagées contre trois autres hommes ont été abandonnées.
Avant d’émettre ce dernier acte d’accusation, le procureur principal a déclaré à un avocat de la défense que ces hommes ne devraient pas être autorisés à « circuler librement dans les rues », car ils représentent « un danger pour la santé publique » aux yeux du gouvernement.
En Égypte, les médecins prêtent un serment s’inspirant du Serment de Genève de l’Association médicale mondiale (AMM), qui dispose notamment : « Je considérerai la santé de mon patient comme mon premier souci » ; « Je n’utiliserai pas mes connaissances médicales pour enfreindre les droits de l'homme et les libertés civiques, même sous la menace ».
Le groupe de travail international sur la double loyauté, initiative internationale visant à examiner les principes de déontologie des médecins, a défini des lignes directrices selon lesquelles les professionnels de la santé ne doivent pas effectuer d’actes médicaux ni procéder à des interventions médicales pour des raisons de sécurité.
Dans leur lettre, les 117 organisations ont rappelé au ministère de la Santé que la pratique de tests de dépistage du VIH sans le consentement des intéressés, ainsi que les mesures de discrimination, d’arrestation arbitraire ou les mauvais traitements infligés à des personnes en raison de leur séropositivité au VIH, s'inscrivent en violation des garanties internationales relatives aux droits fondamentaux. En outre, la loi égyptienne au titre de laquelle des poursuites sont engagées pour relations sexuelles entre adultes consentants de même sexe bafoue les protections de la vie privée et les garanties contre toute discrimination inscrites dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).
Pour lire cette lettre adressée par 117 organisations de santé et de défense des droits humains au ministère égyptien de la Santé et au Syndicat des médecins égyptiens, veuillez cliquer sur http://hrw.org/english/docs/2008/04/07/egypt18439.htm.
Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec les personnes suivantes :
– à Londres, pour Amnesty International, Nicole Choueiry (arabe, anglais, français) : +44 78 31 16 40 170 (portable) ;
– à Londres, pour Human Rights Watch, Scott Long (anglais) : +1 646 641 5655 (portable) ;
– à New York, pour Human Rights Watch, Joe Amon (anglais) : +1 212 216 1286 ou +1 609 475 2365 (portable) ;
– au Caire, pour Human Rights Watch, Gasser Abdel-Razek (arabe, anglais) : +20 10 502 9999 (portable).
18:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : égypte, séropositifs, répression

