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28.03.2008
Soupçons de purge à la LCR après un licenciement
Les principes de l’économie de marché s’appliquent partout. Même au sein de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Pour justifier la décision de priver de son poste de permanent Christian Picquet, principal opposant à la ligne décidée lors du congrès de janvier, la formation d’Olivier Besancenot invoque le principe de la meilleure utilisation d’une ressource rare. En clair, «nous n’avons pas les moyens de payer un permanent qui n’assiste plus à aucune des réunions de la direction», argue Alain Krivine, selon qui «les adhérents qui paient des cotisations commençaient à protester contre cette situation».A entendre le porte-parole historique de la LCR, Christian Picquet, leader de la fraction minoritaire, aurait même pu être licencié pour faute grave. Encore un effort, camarade… pour coller au discours du patronat.
En fait, cette éviction obéit à des raisons purement politiques et publiquement revendiquées. Ce qui constituerait une première dans l’histoire de ce mouvement. Lors du congrès, Christian Picquet avait défendu la création d’un grand parti à gauche de la gauche, avec des courants issus du Parti communiste, des Verts, de Lutte ouvrière, et bien entendu de la LCR, pour construire une alternative au Parti socialiste. A l’inverse de la direction de la Ligue, qui prônait la naissance d’une nouvelle formation dont la LCR «et les gens qui veulent se représenter eux-mêmes», selon l’expression d’Olivier Besancenot, auraient constitué l’épine dorsale.
La direction de la LCR se défend d’avoir mené une purge. «Vous connaissez beaucoup de partis politiques qui offrent un poste de demi-permanent et une allocation de 1 000 euros pour financer un courant d’opposition au sein de leur propre parti», interroge l’un des dirigeants de la Ligue, avant de préciser : «Le courant de Christian Picquet disposera d’une tribune dans notre organe de presse, Rouge, et Christian reste membre du bureau politique.»
L’intéressé ne voit dans cette décision de le priver de son poste de permanent qu’un «licenciement politique, pour des raisons politiques». «C’est aussi l’une des conséquences de la personnalisation de la Ligue autour d’Olivier Besancenot», analyse un proche de Christian Picquet, ce qui a pour corollaire de réduire la parole dissidente. Mais ce n’est pas une épuration. «Les camarades qui avaient appelé à voter José Bové contre Olivier Besancenot à la présidentielle de 2007 appartiennent toujours à la direction nationale», se défend Alain Krivine.
Comme si, pour construire son nouveau parti, la Ligue éprouvait le besoin de se défaire de l’histoire de ces trente dernières années.
12:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : besancenot, lcr, extrême-gauche, picquet


Commentaires
Apparemment la LCR n'a que 4,5 permanents pour fonctionner. Les gens qu'ils payent sont là pour faire un boulot, défendre, développer et faire une foultitude de petites et grandes tâches .
Il est normal que quelqu'un n'accomplissant pas son boulot pour lesquels les militants payent soit sorti.
Que dirai-t-on d'un maire qui perdrait une élection et serait scandalisé de perdre sa place et son salaire ?
Car c'est apparemment ce que certains reprochent à la LCR. Il y a là comme un petit problème.
Ce petit parti réussit quand même à donner + de 20% de temps payé à un courant politique minoritaire qui en représente 14%, l'autorise à avoir tribune libre et permanente dans son unique journal,....
C'est + que de la proportionnelle , c'est pratiquement une faiblesse coupable.
Qui dit mieux ?
Qu'elle est la conception de la politique des uns et des autres ?
Ecrit par : copas | 30.03.2008
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