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23.03.2008

Culpabiliser les malades :

390885082.jpgLe déremboursement d'affections dans lesquelles le patient peut avoir une part de responsabilité est une idéologie qui circule actuellement en Europe.
L'Allemagne est allée le plus loin pour le moment (comme les jobs à 1 euro). Un article relayé sur rezo.net il y a quelques mois a présenté le cas d'une patiente contaminée par l'hépatite C dont la sécu a refusé la prise en charge du traitement. L'information serait venue à l'assurance maladie que la patiente avait eu un piercing... et pour l'assurance, celui-ci aurait été directement attribué à la contamination et menant à la décision de refuser la prise en charge. L'affaire fit grand bruit, et finallement l'assurance recula.

Ce cas de figure montre un principe qui consisterait a dérembourser si le patient a pris un risque. La question est: ou est la limite? Qui tranche? Surpoids, tabac, alcool sont dans le collimateur. On peut imaginer les fractures liés aux activités de loisirs, accidents dans laquelle la responsabilité est engagée, tentatives de suicides, sexualité etc...
Responsabilité mais d'un autre côté l'Etat, la société a encouragé à un moment donné, le tabac (l'ex seita fût même une ex administration rattachée aux douanes), la consommation...
La stratégie est de culpabiliser le patient.
Un article sur rue89 il y a quelques temps relayait une étude Hollandaise prouvant que les diabétiques ne coutaient pas plus cher sur le long terme car décédaient plus tôt... Cynique comme raisonnement. Certes, on essaye de nous faire rentrer dans le raisonnement qu'avec la mondialisation, nos "concurrents" Chinois n'ont pas d'assurance maladie, et les américains non plus (c'est même une des causes de faillites ou surendettement personnel-payer une opération comme tout acte médicaux très chers aux US)et comme la durée de vie augmente (à défaut de la qualité), "il faut" dérembourser et transférer l'assurance maladie au privé comme ailleurs. En poussant le raisonnement à l'absurde, l'euthanasie coutera toujours moins cher que le traitement... Assurément.
Dérembourser, privatiser, un bon business en perspective pour les assurances surtout et essentiellement ... qui se feront un plaisir de titriser les risques sur la santé des personnes et les vendre les marchés internationaux... comme les subprimes,vous savez, on développera des questionnaires médicaux, des tests adn, imposera des hygiènes de vie strictes, autant dire que la vie ne vaudra plus grand chose. On soignera certains, et "apaisera provisoirement" d'autres.

Par contre un développement de "médecine préventive" associé à une meilleure qualité de vie sociale et de travail...l'environnement, pourraient permettre de réduire la facture médicale de manière significative (cf Suède par ex)

Attention à la sympathique Roselyne Bachelot, sa franchise à soi-disant 4 euros par mois...mais en fait qui tombe souvent à 58 euros par mois à payer sur janvier/février justement avec toutes les charges les plus lourdes, ce qui n'est pas évident du tout pour les bas revenus. La formulation était une tromperie, il faudra s'en souvenir.

Attention à ce principe qui consiste à faire payer les petits et à surtout rien remettre en causes des structures et dysfonctionnements sociaux et des rapports sociaux (manque d'inspecteurs du travail, relations au travail, urbanisme, transports, pollution...)qui poussent les individus à "compenser".
C'est comme laisser faire ce casino financier et en dernier ressort solliciter le contribuable pour boucher le trou des banques...et après... on dérembourse vos soins. Vous laissez faire?

Quand à la prévention au travail, étant très allergique à des produits et pour avoir creusé le sujet, je suis atteré dans le secteur du batiment, d'ouvriers, peintres qui travaillent sans masques, sans protections et qui ne sont même pas informés des risques qu'ils prennent à manier des solvants toute la journée ou respirer des particules. Lorsqu'ils auront 50/60 ans, l'assurance maladie acceptera t-elle de reconnaitre les risques professionnels? Qu'est-ce que vous faites aujoud'hui?

Commentaire de Vol19 enseignant-chercheur en invalidité, Bretagne sous l'article de RUE89

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Pour préciser mon post de 22h51, voici des informations complémentaires sur ce qui s'est passé en Allemagne, article diffusé sur Rezo.net le 3.12.07 intitulé "de l'Etat social vers le système de contrôle-Allemagne" réalisé à partir du blog "les dessous de l'allemagne" et d'un article de "Die Zeit" du 4.10.2007 de Juli Zeh

-> Pire que de mémoire: "des médecins sont amenés à signaler des malades qui portent la responsabilité de leur maladie"...dans un projet defendu par la ministre de la santé Ulla Schmidt

http://allemagne-et-plus.a18t.net/?p=20

Derrière cette mesure, se cache l'idée que le corps devient une "chose"... Et traduit bien le philosophe Slavov Zizek, l'Etat qui limite les libertés dans le capitalisme actuel allant vers le contrôle.

La suite des commentaires est intéressante, elle démontre derrière cette volonté de "conformisation" de tous (rendre identique), mimétique (Girard), se dresse un mécanisme déjà connu dans les années trentes, normer, purifier, sur la base folle du modèle industriel qui a mené aux camps de la mort.

La grande question qui se pose à nous serait de savoir si cette "folie purificatoire comptable" cette fois, ne serait pas susceptible de nous mener comme l'évoque le post de "ppscoudy", mais aussi les discussion de l'article à des formes de suicides civiques mais intériorisé? qui nous renvoierait d'ailleurs à ce film japonais "la ballade de narayama" (1984)?

Enfin ne jamais oublier qu'à son arrivée au pouvoir en 1933, le régime Nazi eu comme projet d'euthanasier les enfants allemands diabétiques de (type 1) ceci avec la complicité de médecins! Puis au programme... les malades mentaux, tous faiblards et à charge de la société qui ont "pré-testé" les méthodes d'extermination.

Intéressant, tout de même, que celà nous revienne juste en ce moment... et sur les diabétiques... et sur le thème "de la libéralisation de l'euthanasie comme progrès?" Qu'est-ce qui est donc dans l'air du temps en ce moment dans l'espace communication publique? Ca ne sent pas que le caramel...

Avec les méthodes de communication, on a su faire intérioriser les méthodes de management, objectifs/évaluation, on peut très bien amener à en faire de même effectivement avec le "suicide civique" dans quelques dizaines d'années.

Rue 89, vous avez des thèmes à reprendre-là et à creuser....
la folie comptable, la folie sécuritaire, la folie normatrice, la folie purificatrice... ou ça peut se nicher alors que nous avons un précedent avec de plus en plus de points communs...? Et puis que fait-on avec le système de santé?

Vol19 

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